Totus
| Accueil Totus |

Notes du texte La question agraire indochinoise

par S.Thion

 

1 Mao Tsé-Toung in Edgar Snow, The Other Side of the River, Londres, 1970, p.70.


2 Vu Cân, Les luttes populaires contre le régime U.S.-Diem de 1954 à 1960, Etudes viêtnamiennes, Hanoi, n·18-19, 1968, p.83.


3 Nous n'évoquerons, pour avoir pris contact avec elles sur le terrain, que les données viêtnamiennes et cambodgiennes. Une analyse complète de la question dans son cadre indochinois devrait inclure le Laos et la Thailande, avec leurs systèmes économiques et sociaux très différents. Il faudrait aussi y inclure la Birmanie.


4 Pierre Gourou, La Terre et l'homme en Extrême-Orient, Paris, 1972, 2e éd., p.24.


5 Nguyên Thanh-Nha, Tableau économique du Viêtnam aux dix-septième et dix-huitième siècles, Paris, 1970, p.58.


6 Nguyên Thanh-Nha; op. cit., p.60.


7 Terme employé dans une "Instruction" de 1719 à la Cour des censeurs. Cité par Nguyên Thanh-Nha, op. cit., p.67.


8 R. Bienvenue, Régime de la propriété foncière en Annam (thèse de droit), Rennes, 1911, p.29.


9 Antoine Baffeloeuf, Les Impôts en Annam, thèse de droit, Paris, 1910, p.44.


10 Nguyên Thanh-Nha, op. cit., p.70-1.


11 Souvent des Cham ou des montagnards non-viêtnamiens.


12 Les revenus de ces provinces leur étaient octroyés. Ces apanages furent supprimés en 1905. Sur l'esclavage au Cambodge, voir J. Moura, Le Royaume du Cambodge, Paris, 1883, t.1, p.329-33.


13 Alors que, dès le début du xviiie siècle, le principe de la priorité des dépenses (et donc de l'adaptation des recettes) prévaut dans le budget de l'Etat viêtnamien, l'Etat cambodgien reste soumis à des variations qui limitent sa possibilité de modernisation.


14 Jean Imbert, Histoire des institutions khmères, Phnom Penh, 1961, p.71.


15 Cf. Jean Imbert, op. cit., p.84. Cf. également Etienne Aymonnier, Le Cambodge, I: Le Royaume actuel, Paris, 1900.


16 La question est d'importance pour la puissance colonisatrice, soucieuse de se constituer un domaine d'Etat. La plupart des auteurs insistent sur le fait que le souverain est propriétaire du sol. Ceci semble assez vrai du Cambodge, et même est clairement attesté à l'époque médiévale. (Cf. George Coedès, Inscriptions du Cambodge, II, p.107.) La question mériterait néanmoins une étude complète. Pour le Viêt-Nam, il est évident que les premiers auteurs coloniaux appliquaient leurs notions de droit romain à une situation où elles n'avaient pas cours. La même erreur ayant été souvent commise à propos de la Chine, on pourrait reprendre l'excellente réfutation qu'en propose Henri Maspero (Les termes désignant la propriété foncière en Chine), il montre que cette notion de propriété n'a jamais eu de statut juridique. Il s'agit plutôt d'une conception philosophique dans laquelle la terre appartient "à tout le monde": "Quand l'intérêt de "tout le monde" est en jeu, l'empereur est là pour exprimer l'intérêt général, et il l'exprime non par une action juridique, mais par des ordres; et il parle non en propriétaire, qu'il n'est pas, mais en souverain, édictant pour chaque rang de la hiérarchie l'étendue du droit d'appropriation de la terre qui est à tous." (in Etudes historiques, Paris, 1950, p.206). Marx, à propos de la propriété féodale, rappelle ce dicton français: "Nulle terre sans maître" où, dit-il, "s'exprime la confusion de la souveraineté et de la propriété foncière" (in "Ebauche d'une critique de l'économie politique", 1844, Oeuvres, Ed. de la Pléiade, II, p.51).


17 K. A. Wittfogel, Das erwachende China, Vienne, 1926, p. 161. Cf. Max Weber, Konfuzianismus und Taoismus, dans le tome I de Gesammelte Aufsätze zur Religionssoziologie, Tübingen, 1920. Cinquante ans après, ce texte n'est toujours pas publié en français. Il l'est en anglais depuis peu (The Religion of China New York, 1968). Le texte de Wittfogel, ainsi que son important Wirtschaft und Gesellschaft Chinas, Leipzig, 1931, XXIV-769p., ne sont ni réédités ni traduits en raison de l'opposition de leur auteur.


18 La naissance du capitalisme en Chine (1960), in La Bureaucratie céleste, Paris, 1968, p.290-312.


19 Camille Lejeune, Régime de la propriété foncière en pays annamite (thèse de droit), Paris, 1904, p.89.


20 Ibid., p.61. C'est une loi de l'économie classique: "Il est à remarquer que le prix ordinaire de la terre dépend partout du taux ordinaire de l'intérêt sur le marché. Si la rente foncière tombait très au-dessous de l'intérêt que rapporte l'argent, personne n'achèterait de terre, ce qui réduirait bientôt son prix ordinaire." (Adam Smith, The Wealth of Nations, éd. Penguin, p.458).


21 Pierre Gourou, op. cit., p.64 et 66.


22 Camille Lejeune, op. cit., p.122.


23 Ibid, p.111. Cf. l'étude détaillée de cette question dans Milton E. Osborne, The French Presence in Cochinchina and Cambodia, 1895-1905, Ithaca, 1969.


24 Ordonnance du 11 juillet 1897.


25 Circulaire de la Résidence supérieure, du 29 décembre 1897.


26 Cité par André Roux, "L'acquisition de la propriété par la possession en droit foncier cambodgien", Annales de la Faculté de Droit de Phnom Penh, vol. IV, 1962, p.191-2.


27 A. Boudillon, Le régime de la propriété foncière en Indochine (rapport au ministre des Colonies), Paris, 1915.


28 En décembre 1898. plusieurs centaines de paysans s'ameutèrent et vinrent à Hanoi secrètement, persuadés qu'à leur appel les génies allaient chasser les Français. Prévenue, l'armée leur tendit une facile embuscade. Interrogeant le premier président honoraire de la cour d'appel de Hanoi, un colon lui demanda s'il fallait considérer les assaillants comme des "pirates, révoltés politiques ou vulgaires malandrins? Ce sont des imposés, répondit-il en souriant". (Joleaud-Duval, La Colonisation française en Annam et au Tonkin, Paris, 1899, p88).


29 Paul Collard, Cambodge et Cambodgiens, métamorphose du royaume khmer par une méthode française de protectorat, Paris, 1925. p.152--3.


30 Le livre foncier, recommandé par M. Boudillon, ne fut institué en Cochinchine qu'en 1929. En 1939. "on avait établi 77793 titres fonciers. Il en restait 340320 à établir" (Pierre NAVILLE, La Guerre du Vietnam, Paris, 1949. p.63).


31 Charles Robequain, L'Evolution économique de l'Indochine française Paris, 1939, p.211. Cf. aussi Camille Lejeune, op. cit, p.137.


32 Yves Henri, Economie agricole de l'Indochine, Hanoi, 1932, p.224.


33 Charles Robequain, op. cit, p.243.


34 Ibid., p.205.


35 Sur la formation de cette nouvelle classe dans l'Ouest cochinchinois, voir Pierre Brocheux, "Les grands diên chu de la Cochinchine occidentale pendant la période coloniale", in Tradition et révolution au Vietnam, Paris, 1971, éd. par J. Chesneaux, G. Boudarel et D. Hémery.


36 J. BOURGOIN, "Données et perspectives indochinoises", Revue de la Défense nationale, novembre 1946, cité par Pierre Naville, op. cit., p.72-3.


37 "Lutter pour l'abolition des vestiges du féodalisme et pour la liquidation des formes d'exploitation précapitalistes afin de réaliser la réforme agraire radicaIe." (Nous soulignons.) Curieux principe qui revient à liquider le capital au moment où il commence, dans les campagnes, à jouer son rôle de développement des forces productives. Cité par Lê Châu, La révolution paysanne du Sud Vietnam, Paris, 1966, p.53.


38 Hô Chi-Minh, Ecrits, Hanoi, 1971, p.108.


39 "Un siècle de luttes nationales (1847-1945)", Etudes vietnamiennes, n.24, Hanoi, 1970, p.120.

40 Hô Chi-Minh, op. cit., p.108.


41 Paul Mus et John McAlister, Les Viêtnamiens et leur révolution, Paris. 1972, p.35. Il conviendrait de mentionne, ne serait-ce que pour mémoire, l'existence de mouvements particuliers au travers desquels certaines régions rurales ont manifesté leurs réactions propres. Il s'agit de mouvements prophétiques et syncrétistes, comme le caodaïsme, fondé en 1926, ou la secte hoa-hao, dont les débuts datent de 1939. Probablement en réaction à la colonisation, la Cochinchine avait vu proliférer, dès le début du xxe siècle, des sectes bouddhistes, des groupes spirites et des sociétés secrètes. Le caodaïsme, issu du milieu des petits fonctionnaires, se répandit rapidement dans les campagnes. De 500000 membres en 1930, il est passé à un million et demi de fidèles en 1967, malgré le fractionnement de son église (Cf. Nguyên Tran Huan, "Histoire d'une secte religieuse au Viêt-Nam: le caodaïsme", in Tradition et révolution au Vietnam, op. cit., p 189-214) et, avec la prolongation de la guerre, il continue à se propager aussi bien à la campagne que dans les faubourgs de Saigon. Le mouvement hoa-hao, lui, est complètement rural et domine entièrement une province de l'ouest du delta, Long Xuyên (aujourd'hui nommée An Giang), qui forme un véritable isolat politico-religieux. Il resterait à comparer ce phénomène à d'autres formes de messianisme (Congo, Afrique du Sud, Mélanésie, etc.) et à comprendre la relation qu'il implique entre les structures agraires locales et les idéologies qu'elles suscitent.


42 "On voit [en Chine] que tout dépend de la définition légale de ce que sont les propriétaires fonciers, les paysans riches, les paysans moyens, les paysans pauvres expressions dans lesquelles on reconnaît facilement la transcription des mots russes koulak, bedniak, etc." (Etienne Balázs, op. cit., p.163).


43 Mentionnée par Nhu Phong, "Intellectuals, Writers and Artists", The China Quarterly, n·9, janvier-mars 1962, p.54.


44 Lê Châu, op. cit., p. 58.


45 In Hoc Tap, (Etudes), janvier 1960, cité par Nguyên Khac Viên, Expériences vietnamiennes, Paris, 1970, p.82-3.


46 Pour la description d'un village et du fonctionnement de ses structures, voir la monographie, devenue classique, de Gerald C. Hickey, Village in Vietnam, New Haven, 1964. (Avant-propos de Paul Mus.)


47 Au Japon, en Corée, à Formose, la limite était de 3 à 5 ha.


48 Land Reform in Vietnam, Summary Volume, Stanford Research Institute, p.13. Le même rapport indique, pour 1967 aussi, le chiffre de 60% (tableau, p.43). La moitié des propriétaires se partage 10% des terres. Il convient néanmoins de rappeler que ces chiffres sont théoriques. Beaucoup de grandes propriétés sont, en fait, entre les mains des fermiers dans les régions contrôlées par le F.N.L.


49 Les transferts de terres dus à l'ordonnance 57 devinrent d'ailleurs, dès 1962, à peu près négligeables.


50 Particulièrement intéressante à étudier serait la politique de regroupement des villageois dans les "hameaux stratégiques", "agrovilles", "hameaux de la nouvelle vie", etc. Cf. Milton E. Osborne, Strategic Hamlets in South Vietnam, A Survey and a Comparison, Ithaca, Cornell University, 1965.


51 Land Reform in Vietnam, Working Papers III: The Viet Cong, Stanford Research Institute, Menlo Park, 1968, p.53.


52 Ibid., p. 59.


53 Land for South Viet Nam's peasants, Time, 11-7-1969.


54 Il conviendrait d'inclure, dans ce recensement des aspects de la question agraire indochinoise, une étude de la réforme agraire réalisée au Viêt-Nam du Nord à partir de 1954. Les fortes pressions de la nouvelle administration pour faire entrer les paysans dans les coopératives amenèrent une révolte paysanne dans le Nghê An en 1956 et une crise sérieuse du régime. Diverses mesures ont ensuite assoupli une politique agraire qui est restée prudemment au seuil de la collectivisation. On trouvera un bon exposé du point de vue nord-viêtnamien dans Nguyên Khac Viên, La réforme agraire (1960), in op. cit., p. 73-97.


55 Annuaire statistique de l'ONU, 1966.


56 Yves Henri, op. cit., p.211.


57 Jean Delvert, Le Paysan cambodgien, Paris-La Haye, 1961, p.495.


58 Hu Nim (aujourd'hui ministre de l'information dans les maquis), Les Services publics économiques au Cambodge (thèse de droit), Phnom Penh, 1965, p.86.


59 Rémy Prud'homme, L'Economie du Cambodge, Paris, 1969, p.72. Voir sa discussion des chiffres cités ici, p.71-73.


60 Khieu Samphân, L'Economie du Cambodge et ses problèmes d'industrialisation (thèse de droit), Paris, 1959, p.48.


61 Cf. Mau Say, "Les institutions cambodgiennes de crédit", Annales de la Faculté de Droit de Phnom Penh, IV, 1962, p.219-51.


62 Pour une description de celle-ci, voir Wilfred Burchett, La Seconde résistance, Paris, 1966.


63 Programme du F.U.N.K., Nouvelles du Cambodge, Paris, n. 3, 11-5-1970.


64 Paul Mus, Viêt-Nam: Sociologie d'une guerre, Paris, Le Seuil, 1952, p.14.


| Accueil Totus |

totus@abbc.com

L'adresse électronique de ce document est:

http://www.abbc.com/totus/105quagrIndo.html