BUREAU NATIONAL DU SNTRS-CGT
LE BUREAU NATIONAL DU SNTRS-CGT S'EST REUNI LE 10 JUILLET 2000.
Etaient présents (10) : Nadine ELIE-N'DIAYE, Sophie TOUSSAINT-LEROY, Annick KIEFFER, Philippe BOUYRIES, Michel COUSY, Michel PIERRE, Jean-Michel BIQUART, Olivier PASCAULT, Jean KISTER, Jean OMNES. Les autres membres (5) étaient dans l'impossibilité de venir (vaccances ou contraintes professionnelle).
Après lecture d'un texte d'introduction de Jean KISTER et Jean OMNES, dont vous trouverez l'essentiel ci-dessous, un long débat a eu lieu au cours duquel chacun a pu s'exprimer. Tous ont dit leur volonté de combattre résolument le négationnisme. Cependant des divergences sont apparues quand [sic] à la conduite à tenir concernant le traitement du cas THION par le CNRS. Deux camarades (M. PIERRE et J.M. BIQUART) continuent de penser que cela ne relève pas de la CAP car les faits reprochés à THION ne seraient pas, selon eux, de caractère professionnel. Ils pensent que ce problème est à traiter devant la justice et non devant la CAP. Tous les autres camarades disent au contraire que cela relevait bien de la faute professionnelle et donc de la CAP, sans attendre que la justice, elle aussi, tranche.
Dans le débat ont été rappelées nos décisions de congrès: "Combattre le racisme et la xénophobie et faire appliquer les lois contre le racisme" et les statuts du syndicat" Avec toute la CGT, le SNTRS agit contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions" (Art. 3).
La méthode utilisée dans cette affaire par l'un des Secrétaires Généraux Adjoints (M. PIERRE) a été condamnée par les membres du B.N. Le Bureau National a rappelé le rôle d'un dirigeant du syndicat : tout dirigeant a pour rôle de mettre en pratique les décisions de congrès, il n'est pas là pour mettre en oeuvre ses positions personnelles mais au contraire il doit tenir compte de l'opinion du syndicat exprimée dans les textes du Congrès. D'autre part, sachant que les élus avaient émis une opinion contraire à la sienne, M. PIERRE aurait dû renoncer à diffuser un tract les mettant en difficulté.
Dans le débat a été abordé la question d'une éventuelle sanction à l'encontre de M. PIERRE (suspension de son mandat de Secrétaire Général Adjoint).
Le Bureau National s'est exprimé dans un communiqué ci-joint et, considérant qu'il s'agit de débats essentiels à la bonne marche du syndicat, porte l'ensemble du dossier à la connaissance des adhérents, les appelle à en débattre et à préparer les décisions nécessaires qui sont du ressort de la Commission Exécutive du SNTRS à sa prochaine réunion, le Jeudi 14 septembre 2000.
VOUS TROUVEREZ CI-DESSOUS
Le communiqué du Bureau National en date du 10 Juillet
2000,
La position des deux membres du BN qui n'ont pas voté le
texte du communiqué,
La déclaration liminaire de J. KISTER et J. OMNES,
Le tract incriminé (pour archives, A NE PAS DIFFUSER!).
COMMUNIQUE DU BUREAU NATIONAL DU SNTRS-CGT
Ce texte a été voté par 8 membres du BN sur
les 10 présents.
A l'occasion de la tenue de la Commission Admistrative Paritaire (CAP) des Chargés de Recherche le 4 juillet 2000, un tract du SNTRS a été diffusé au siège du CNRS. Ce tract ne représente pas, sur le cas de M. THION, la position du SNTRS-CGT.
En tant que syndicalistes CGT et travailleurs scientifiques, nous combattons le racisme et le négationnisme avec la plus grande fermeté, ce combat a commencé bien avant que la loi elle-même ne les condamne. M. THION a fait usage de son titre de chercheur du CNRS et des moyens du service public pour apporter une contribution active au négationnisme (négation du génocide nazi au cours de la Seconde Guerre Mondiale). A nos yeux cela justifie sa révocation. La négation de l'holocauste ne rentre pas dans le cadre du débat scientifique, ce n'est pas une opinion, c'est un délit.
Le négationnisme va à l'encontre de la démocratie. Et sans démocratie il n'y a pas de syndicat indépendant, ni de possibilité de défendre les revendications des travailleurs.
Nos élus à la CAP ont voté, sans restriction, la révocation de M. THION. Ils l'ont fait après avoir pris connaissance de l'ensemble du dossier et, notamment, du rapport fait à la CAP par la commission présidée par M. BEDARIDA. Le vote de la CAP a d'ailleurs été clair: unanimité de ses membres pour la révocation.
ILS ONT EU RAISON !
Villejuif le 10 juillet 2000
LA POSITION DES DEUX MEMBRES DU BN QUI N'ONT PAS VOTE LE TEXTE
DU COMMUNIQUÉ:
Le désaccord entre nous (M. Pierre
et J.M. Biquard) et les autres participants au BN du 10 Juillet
porte sur la méthode pour traiter le cas du chercheur négationiste
[sic. Plus loin, nous corrigeons cette faute fréquente.],
S. Thion. Nous considérons après plusieurs discussions,
incluant celle du BN, que ce cas relève de la Justice puisqu'il
apparaît nettement qu'il enfreint les lois contre le racisme
et l'antisémitisme. Ce n'est pas à la CAP des Chargés
de Recherches de dire le droit en la matière mais aux tribunaux.
Après un jugement la CAP pourrait alors en tirer les conséquences
pour un fonctionnaire du CNRS. Le principe selon lequel c'est
en premier lieu à la justice d'établir le délit
doit être respecté. Sinon, la porte est ouverte pour
que la direction, le gouvernement, voire d'autres forces organisées
tentent d'utiliser la procédure pour réduire la
liberté d'investigation de chercheurs sur des aspects politiquement
sensibles ou pour sanctionner des activités politiques
qui ne sont pas aussi clairement condamnables que celles de Thion.
Pour nous la CAP doit limiter son intervention au champ de l'activité
professionnelle: insuffisance ou faute professionnelle pour les
chercheurs. A notre connaissance, les éléments concernant
l'activité du chercheur concerné (publications,
abus de l'e-mail) ne justifient pas une révocation. Par
exemple, la Commission 36 dont il relève n'a pas émis
d'avis négatif sur son activité. Pour justifier
la révocation, il faut admettre que son activité
politique négationniste (qui nous semble clairement établie)
est une faute professionnelle. Pour nous, comme nous l'avons déjà
indiqué plus haut, cette activité relève
d'abord des tribunaux.
Au BN du 3 juillet (6 participants), que M. Pierre présidait,
il a été estimé que dans ces conditions le
vote d'une révocation par la CAP pourrait être cassé
par le tribunal administratif et ferait passer ce négationniste
pour une victime. (Notre élue titulaire à la CAP
ne partageait pas notre analyse). Il y avait aussi à la
CAP du lendemain une menace de licenciement pour un refus de titularisation.
Sur la proposition de M. Pierre, il a été décidé
de faire un tract (qu'il a rédigé) exprimant le
point de vue du BN sur les deux cas de chercheurs examinés.
Il apparaît a posteriori que ce tract ne correspond
pas à la position majoritaire de la direction du Syndicat
en ce qui concerne le négationniste (voir Communiqué
du BN du 10 Juillet). M. Pierre en prend acte et respectera cette
position bien qu'il ne soit pas personnellement d'accord.
Par ailleurs, s'il parait normal qu'il existe des débats
contradictoires dans le Syndicat sur tel ou tel point, il est
choquant qu'un désaccord qui devrait justement faire l'objet
d'un débat soit transformé en "procès"
avec acte d'accusation diffusé massivement et proposition
de sanction lors du BN du 10 juillet. Le côté exessif
[sic] de cette démarche nous amène à
nous demander quels sont les vrais motifs de ce "procès":
la méthode pour combattre les négationnistes? Une
prise de décision qui a posteriori ne correspond pas à
la position de la direction du syndicat? La volonté d'éliminer
un camarade qui gêne? (qui? et pourquoi?).
Michel PIERRE et Jean-Michel
BIQUARD
DÉCLARATION LIMINAIRE DE J. KISTER ET J. OMNES
DEVANT LE BN DU 10 JUILLET:
LE RAPPEL DES FAITS :
Ce BN revêt une importance capitale pour que nous puissions,
tous ensemble, continuer le mandat que nous a confié le
23ème Congrès du SNTRS CGT.
En effet, le dernier BN du 3 Juillet 2000 et sa prise de position
sur le cas THION soumis à la CAP N*2, la diffusion d'un
tract signé "SNTRS" à l'entrée
de la CAP au siège du CNRS à Auteuil le matin du
4 juillet, décidé en BN et distribué par
3 membres du BN, sont des faits d'une extrème gravité
qui sont de nature à faire éclater le syndicat et
constitue [sic] une remise en cause importante de nos orientations
et de celles de la CGT. Ces actes sont de nature à mettre
le SNTRS au ban de la CGT! Nous ne cherchons pas à dramatiser
mais il faut mesurer la portée de nos décisions!
Pour ce faire, un rapide résumé des faits s'impose,
de même que quelques précisions sur la nature du
négationnisme.
Cela fait plus de 18 ans que THION, sociologue, chercheur au CNRS,
a été démasqué comme activiste négationniste
notoire, depuis la publication de son livre "Vérité
historique ou vérité politique" en 1980,
qui est un plaidoyer pour les thèses de R. FAURISSON sur
"l'inexistence des chambres à gaz" dans les camps
de concentration nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Récemment, de nombreuses associations ont mené campagne
pour que la Direction du CNRS prenne des mesures vis à
vis de THION, lequel utilise largement son titre de "Chercheur
au CNRS" les moyens de son laboratoire et utilise les moyens
de son laboratoire (adresse mail, site internet) pour diffuser
sa propagande négationniste.
Après des années de non-réponse et d'immobilisme,
la Directrice Générale du CNRS a enfin accepté
d'engager une procédure disciplinaire en vue de sa révocation
du CNRS: une commission d'enquête a été mise
sur place sous la responsabilité de M. BEDARIDA et la CAP
n*2 a été saisie en conseil de discipline le mardi
4 Juillet 2000.
Le 23 Juin 2000, les élus SNTRS (F.OLLIVIER et L.CARON)
et SNCS ont écrit au DG du CNRS pour lui signaler que le
rapport de cette commission d'enquête n'était toujours
pas transmis aux élus à la CAP. Ce fut chose faite
par la suite et avant la tenue de la CAP. Cettre lettre a amené
un débat au BN du SNTRS du Lundi 26 Juin où la crainte
d'un dossier "vide" a pris le pas sur le fond de la
question. Ce débat difficile a pu brouiller les choses
lors du BN suivant du 3 Juillet 2000: M. PIERRE, qui présidait
ce BN en tant que Secrétaire Général Adjoint,
a pu convaincre les présents que le dossier de THION "était
très léger" ou pour le moins que les faits
reprochés étaient insuffisants pour voter sa révocation,
laquelle serait un "dévoiement du statut des chercheurs".
La thèse selon laquelle ce n'était pas à
la CAP de jouer ce rôle mais à la justice a été
avancée par lui. Tout cela est reproduit dans le texte
du tract distribué le 4 Juillet à l'entrée
de la CAP.
Le fait même de distribuer un tract du BN à l'entrée
d'une CAP, qui plus est disciplinaire, alors que le syndicat a
des élus, est déjà en soit [sic] très
contestable, mais le fait qu'il les mette en difficulté
l'est encore plus. On peut comprendre que nos élus se considèrent
remis en cause dans leur fonction.
Mais le plus grave est bien le fond de ce tract sur le cas THION:
l'activité négationniste de THION serait du seul
registre "privé" et son appartenance au CNRS
ne pouvait donc être mise en cause! C'est nier qu'en fait
pour THION, sa fonction de "chercheur CNRS" était
un alibi scientifique qu'il utilisait pour diffuser ses idées
racistes et négationnistes. C'est nier le fait que le règlement
du CNRS dit clairement que toute activité négationniste
est interdite aux personnels du CNRS sous peine de révocation
(donc la CAP était bien compétente, ce qui n'exclut
nullement d'éventuelles poursuites judiciaires en application
de la Loi Gayssot). En effet, faut-il le rappeler, nier l'existence
des chambres à gaz nazies, l'extermination massive des
juifs, ce ne sont pas des opinions, encore moins des "arguments
dans un débat scientifique" mais bien un délit!
Nous rappelons que la CGT s'est battue depuis longtemps contre
ces idées et a revendiqué, avec d'autres, cette
loi!
M. PIERRE a omis de rapporter les propos des élus, avant
le BN, bien qu'il ait eu une longue discussion avec l'un d'entre
eux, dans laquelle l'élu précisait que l'activité
négationniste de THION était parfaitement démontrée
par les rapports de l'enquête et que les conditions de convocation
de la CAP étaient conformes aux modalités réglementaires.
Les élus CGT affichaient dès lors leur l'intention
[sic], sans hésitation, de voter la révocation
de THION. Cela, M. PIERRE ne l'a pas dit au BN du 3 juillet 2000,
mais il a seulement exposé sa propre interprétation
selon laquelle les faits reprochés étaient insuffisants.
M. PIERRE a outrepassé son mandat (non communication d'informations,
et même désinformation). De plus, par cette initiative,
notre syndicat a pu apparaître en complète opposition
avec les principes clairs de toute la CGT de refus du négationnisme
et du combat nécessaire contre celui-ci! Notre syndicat
s'exprime clairement sur cette question: il appelle à combattre
le racisme et la xénophobie et à faire appliquer
les lois contre le racisme.
Les réactions à la diffusion de ce tract ne se sont
pas faites attendre: désapprobation de nos élus
avec l'annonce de la démission de F. OLLIVIER de toutes
activités au SNTRS, appel de la FERC sur demande de la
Confédération pour des "explications",
messages de camarades du syndicat...
Il fallait une réaction rapide et claire sinon le SNTRS
aurait pu se trouver dans une situation très difficile,
sans parler des effets désastreux d'articles de presse
qui n'auraient certainement pas manqué, fustigeant notre
syndicat. A juste raison, de nombreux adhérents nous auraient
interpellés très vivement.
C'est pourquoi, dès que nous avons été alertés,
nous avons pris nos responsabilités en tant que Secrétaire
Général et Secrétaire Général
Adjoint pour diffuser aux adhérents, aux structures de
la CGT, à la Direction du CNRS, aux autres syndicats et
à la presse un communiqué (le 6 Juillet 2000).
RAPPELS SUR LE NEGATIONNISME ET SUR L'ACTIVITE DE THION
Les éléments suivants sont tirés de plusieurs
textes d'historiens ayant travaillés [sic] sur ce
thème.
Tout d'abord, il est peut-être utile de rappeler la définition
du négationnisme: "il consiste dans la négation
pure et simple du génocide nazi au cours de la Seconde
Guerre Mondiale en particulier en focalisant sur l'inexistence
des chambres à gaz à la fois comme instrument et
comme symbole de la politique d'extermination nazie. La "méthode",
si l'on peut dire, des négationnistes, est perverse: elle
associe l'hypercritique à l'affabulation, l'ergotage sur
les détails et sur les mots à l'ignorance massive
du contexte et cherche à faire apparaître comme conclusion
d'une démonstration ce qui est un postulat affirmé
au départ. C'est une anti-histoire.
Le discours négationniste consiste en l'affirmation de
quelques postulats précis:
1) il n'y a pas eu de génocide et l'instrument qui le symbolise,
les chambres à gaz, n'a jamais existé,
2) la "solution finale" n'a jamais été
que l'expulsion des Juifs en direction de l'Est européen,
le "refoulement",
3)le chiffre des victimes juives du nazisme est beaucoup plus
faible qu'on ne l'a dit, si faible qu'il devient "clair"
qu'aucun génocide ni aucune tentative de génocide
n'ont eu lieu, que jamais l'Allemagne nazie n'a entrepris un tel
génocide,
4)l'Allemagne hitlérienne ne porte pas la responsabilité
majeure de la Seconde Guerre Mondiale. Elle partage cette responsabilité,
par exemple, avec les Juifs, ou même n'a pas de responsabilité
du tout,
5)l'ennemi majeur du genre humain pendant les années trente
et quarante n'est pas l'Allemagne nazie, mais l'URSS de Staline
et le bolchevisme. Il y a d'ailleurs une quasi identité
entre bolchevisme et judaïsme.
6)le génocide est une invention de la propagande alliée,
principalement juive et tout particulièrement sioniste,
que l'on explique par une propension des Juifs à donner
des chiffres imaginaires, mais aussi par leur volonté d'en
tirer un profit financier.
Les négationnistes prétendent donc "rétablir
la vérité", "dégonfler le mythe"
face à une histoire "officielle". En provoquant
des polémiques dans les médias, ils cherchent à
accréditer l'idée qu'il y a deux écoles historiques
sur ce sujet, la leur ("révisionnistes") et celle
de leurs adversaires ("exterminationnistes") qui se
prêtent à la falsification: en fait, ils veulent
même faire croire qu'ils sont les seuls à faire de
l'histoire critique! D'où l'importance pour eux du moindre
titre universitaire, de la moindre reconnaissance des institutions
comme le CNRS. Le scandale causé par la publication de
leurs thèses, les procès, les condamnations donnent
prétexte aux négationnistes pour se poser en victimes
de la répression et de la censure. Ils mettent les "autres"
au défi de répondre par des documents et des arguments
afin d'accréditer l'idée d'un débat scientifique
entre deux écoles historiques. On ne peut mener en effet
un débat scientifique avec celui qui nie qu'il fait jour
en plein midi! Pour nombre d'historiens reconnus, le débat
est clos sur les faits de la Shoah, seul demeure le débat
sur les interprétations. Toute la volonté de biaiser
l'Histoire de la Shoah, de la mettre en doute au nom d'une méthode
hypercritique, de la relativiser en la noyant au milieu de la
masse des horreurs dont toute l'histoire de l'humanité
est remplie, est le produit d'une manipulation d'ordre idéologique.
Il faut en être conscient!
En tant que syndicalistes CGT et scientifiques, les adhérents
du SNTRS ont une double responsabilité: combattre les idées
racistes et négationnismes [sic], refuser la caution
"scientifique" des négationnistes, refuser que
le CNRS soit à un titre ou un autre "utilisé"
comme "référence" pour la propagation
de ces thèses.
La position de toute la CGT est que la négation de l'holocauste
ne rentre pas dans le cadre du débat scientifique, que
ce n'est pas une opinion, mais un délit, comme nous l'avons
rappelé dans le communiqué du 6 Juillet 2000.
Le cas de Serge THION est connu depuis 18 ans au CNRS après
la publication de son livre cité plus haut en 1980, à
la suite de celui de FAURISSON [note 1: Le Comité National
(section 36) a alerté la direction du CNRS à l'automne
1998 sur l'activité de Thion.]. Venant d'une frange
de l'ultra-gauche anticolonialiste, regroupée autour de
la revue "La Vieille Taupe", THION et cette revue décident
de soutenir les thèses révisionnistes de FAURISSON.
THION va même se porter témoin de FAURISSON en qualité
de "chercheur au CNRS" à son procès en
avril 1983. Depuis THION n'a pas cessé de publier des textes
négationnistes ou de traduire ceux de négationnistes
étrangers. Avec Internet, THION diffuse sa propagande négationniste
en créant plusieurs "bulletins" sur le WEB: "Global
Patelin", "Aaargh" (Association des anciens amateurs
de récits de guerre et d'holocauste, paravent pour cacher
un site dans lequel on retrouve les écrits de nombreux
négationnistes notoires: Pierre GUILLAUME, Roger GARAUDY,
FAURISSON). Ces sites sont gérés de son lieu de
"travail" au CNRS. Le 17 septembre 1998, les membres
de la commission des droits de l'homme et questions éthiques
du Laboratoire de Physique ont protesté contre la diffusion
à leurs adresses personnelles de tracts négationnistes
figurant sur le site Aaargh de THION. Plus récemment, lors
des élections aux CAP du CNRS, FO s'est aperçu qu'il
s'était fait manipuler par THION dont il était un
de leurs candidats: FO a réagi en demandant de "ne
pas voter pour leur liste au collège chercheurs car THION
est un négationniste notoire"!
Vous pourrez trouver d'autres faits très documentés
sur le site amnistia.net et sur d'autres sites militants
contre le racisme et le négationnisme.
REVENONS AU TEXTE DU TRACT:
Le dossier de THION n'est donc pas "très léger".
Le dire est une véritable provocation! D'autant plus que
nos élus à la CAP, ayant eu les rapports d'enquête,
affirment que le dossier est très bien documenté
et qu'il n'y a aucun doute quant à l'activité négationniste
de THION et à l'utilisation très large de sa fonction
de "Chercheur au CNRS" ainsi que des moyens de diffusions
électroniques du CNRS pour sa propagande négationniste!
Quel est le "statut des chercheurs" si la dénonciation
et la révocation d'un négationniste notoire utilisant
le CNRS comme caution en constituent un "dévoiement"?
Est-ce que cela veut dire que le statut de chercheur au CNRS "protège"
tout le monde, même ceux qui se rendent coupables d'activité
négationniste au nom d'on ne sait quelle "liberté
de la recherche"? N'y a-t-il donc aucune limite à
cette liberté, pas même le respect de la personne
humaine que niait le génocide nazi? Dire que "les
reproches d'ordre professionnel sont faibles et pourraient donner
lieu à de dangereux précédents pour la défense
des chercheurs" est-ce dire qu'il faut considérer
comme "publications" les articles de THION dans "la
Vielle [sic] Taupe", "Global Patelin", "les
Temps Irréparables "
, autant de revues négationnistes?
Ces quelques phrases du tract, écrites après le
BN du 3 juillet 2000 par M. PIERRE, signé "SNTRS"
et diffusé à l'entrée de la CAP, montrent
à quel point, si le syndicat ne réagissait pas à
de tels écrits, nous étions alors sur le terrain
même des négationnistes, justifiant ainsi leur statut
de "victime" avançant même l'idée
qu'ils ne peuvent être mis en cause par les CAP au CNRS
car couverts par le "statut des chercheurs"!
Comme l'écrit un de nos élus à la CAP, la
liberté d'expression et la liberté de critique n'ont
jamais permis les manquements à l'éthique professionnelle
notamment en diffamant l'organisme auquel nous appartenons ou
en outrageant ses collègues. THION a bien des comptes à
rendre devant le CNRS de son activité négationniste
puisqu'il a fait référence au CNRS dans le cadre
de cette activité.
LES MESURES A PRENDRE
Le syndicat doit prendre les décisions qui peuvent permettre
une poursuite de notre mandat dans de bonnes conditions:
1) Une expression de chaque membre du BN sur le communiqué
du 6 Juillet 2000 de J. OMNES et J. KISTER: en effet, il est impératif
que vous donniez un avis sur notre initiative. Nous ajoutons que
dans un tel débat, on ne peut en rester à une position
d'abstention. A ce jour, les membres suivants du BN ayant fait
connaître leur opinion et approuvant ce communiqué
sont: A. KIEFFER, N. ELIE-N'IAYE, S. TOUSSAINT-LEROY, J.P. BAZIN,
, M. COUSY, A. LABORIE, O.PASCAULT, O. PASCAULT, P. BOUYRIES.
L. TASSANT-GOT nous a transmis son point de vue sans évoquer
le communiqué. D. CLAISSE et J. LEGER n'ont pu être
contactés car étant en vaccances à l'étranger.
2) Les adhérents doivent recevoir après ce BN un
"rappel des faits" complet: en effet, ils n'ont eu que
le communiqué du 6 juillet 2000, cela peut-être le
texte de cette déclaration.
3) Dans ce rappel des faits, il est fait mention de la faute grave
de M. PIERRE, à savoir: non transmission de l'avis complet
des élus et désinformation, il semble donc nécessaire
qu'une sanction soit prise: nous proposons que M. PIERRE soit
suspendu de sa fonction de Secrétaire Général
Adjoint du SNTRS jusqu'à la convocation du CSN seul habilité
à prendre cette décision. En effet, quelle crédibilité
aurions-nous si, après de tels faits, aucune décision
n'était prise concernant le principal responsable?
4) La question d'une convocation rapide d'un CSN exceptionnel
(à la rentrée en remplacement d'une CE) a été
avancée par plusieurs adhérents: il faut que ce
BN en discute et se prononce (nous rappelons que le prochain CSN
est prévu pour le premier trimestre 2001).
Maintenant, c'est à chacun de donner son opinion, mais
nous vous invitons à bien mesurer que si le pire a peut-être
pu être évité, il reste malgré tout
comme un goût très amer après la diffusion
de ce tract "scandaleux". Nous appelons encore une fois
tous les membres du BN à se ressaisir et à renforcer
notre collectif de travail afin de le rendre plus efficace tout
en permettant à chacun de s'exprimer le plus librement,
dans le respect des règles de vie de la CGT.
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LE TRACT DISTRIBUE LE 4 JUILLET 2000:
(Pour archives, A NE PAS DIFFUSER)
SNRTS-CGT SNTRS-CGT SNTRS-CGT SNTRS-CGT SNTRS-CGT SNTRS-CGT
Commission Administrative Paritaire des chargés de Recherches
NON AU DEVOIEMENT DU STATUT DES CHERCHEURS Le 4 juillet 2000 deux dossiers très différents sont examinés par la Commission Admistrative Paritaire (CAP) des Chargés de Recherches du CNRS: un refus de titularisation et l'activité d'un chercheur connu comme négationniste. La direction du CNRS projette de licencier les deux chercheurs. Dans les deux cas, qui n'ont aucun rapport, la direction du CNRS bafoue ou dévoie le statut des Chercheurs.
D'abord, le SNTRS-CGT dénonce le refus de la direction du CNRS de titulariser la chargée de Recherches de 2ème classe concernée, malgré l'avis positif de la CAP en 1999. La Commission Scientifique de la section 23 avait reconnu positivement l'activité scientifique du chercheur. La Commission Scientifique avait refusé la titularisation sur la base d'un avis de son encadrement avec lequel elle était entrée en conflit. Les notables du milieu n'avaient sans doute pas apprécié qu'un jeune chercheur montre une indépendance intellectuelle qui le conduit à remettre en cause des projets importants. Contester la non pathogénicité pour les mammifères d'une bactérie qu'on veut utiliser dans la lutte contre les insectes bouscule sans doute beaucoup d'intérêts scientifiques, voire économiques. Un stagiaire dont l'activité professionelle est reconnue doit être titularisé. Il pourra ensuite intégrer une autre équipe. Dans le cas présent, la titularisation a été différée en attendant que le chercheur trouve un nouveau labo. C'est un [sic] démarche plutôt hypocrite puisque, dans le contexte actuel, la plupart des "patrons" de labos ne voudront pas prendre le risque d'accueillir un stagiaire "à problèmes" qui peut être licencié à court terme. En 2000, la Commission 23 a refusé une nouvelle fois la titularisation et la CAP est à nouveau convoquée. Ce stagiaire doit être titularisé.
En ce qui concerne le cas du chercheur connu comme négationniste, nous pensons que la direction du CNRS n'a pas une attitude "saine" à l'égard de la CAP. En premier lieu, le SNTRS-CGT considère que le négationisme doit être combattu activement mais clairement. Il n'est donc pas admissible que deux semaines avant la tenue de la CAP aucun élément incriminant l'activité de ce chercheur ne figurait dans son dossier. Aujourd'hui, il y a bien un rapport mais les reproches d'ordre professionel [sic] sont faibles et pourrait [sic] donner lieu à de dangereux précédents pour la défense des chercheurs: nombre de publications 1999-2000, utilisation de son adresse e-mail professionelle [sic] pour d'autres activités, faire figurer sa qualité de chercheur CNRS dans les listes de participants à des réunions négationnistes. En fait, il nous semble que c'est un piège pour les syndicats qui ont des représentants à la CAP. Sur ces bases, un vote de révocation par la CAP risque d'être annulée par le Tribunal Administratif et permettrait de faire passer ce négationniste pour un martyr. La direction du CNRS veut faire jouer à la CAP un rôle qui n'est pas le sien. L'activité extraprofessionelle [sic] négationniste de ce chercheur relève de la Justice. Si la direction du CNRS est vraiment décidée à lutter contre le négationisme, c'est sur le terrain judiciaire qu'elle doit intervenir.
Villejuif le 3 juillet 2000
Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
http://www.stvscnrs.greatnow.com
http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad
http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou
et celui qui a survécu aux bourrasques:
http://abbc.com/totus/cnrs/index.html
A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.
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