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"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 11 07 01



INQUISITION

par Serge Thion

Rappelons quelques faits. Je m'appelle Serge Thion et je suis chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) depuis 1971. Comme beaucoup de mes collègues, il m'arrive d'intervenir dans la vie publique de notre pays par des livres, des articles, des interventions dans l'audiovisuel pour défendre, à titre personnel, telle ou telle position ou proposition.

Il est arrivé qu'elles ne plaisent pas à tout le monde. Il y a eu des attaques dans la presse ou dans des livres. La presse ne respectant pas la loi qui la régit, il a été souvent impossible de répondre. Il y a eu aussi des campagnes sournoises contre moi, des rumeurs, des essais de pétition, des calomnies, des "enquêtes" menées diligemment par de charmants et charmantes collègues pour essayer de me faire perdre mon travail. Les bonnes vieilles méthodes staliniennes n'étaient pas si loin qu'elles n'aient pu fournir de modèle à ces campagnes qui se parèrent de nom de vigilance. Dans mon milieu professionnel, celui des chercheurs en sciences humaines, il s'est toujours trouvé assez de gens qui estiment avoir besoin de la liberté intellectuelle pour faire pièce à ces tentatives d'épuration. Des personnes qui ne se souciaient certainement pas de défendre mes idées ont néanmoins pris la parole pour que l'on respecte mon droit de les avoir, et accessoirement le droit pour eux d'avoir les leurs propres. Au cours de ces 16 années, j'étais tenu au courant de toutes ces petites man_uvres de couloir qui ont abouti effectivement à bloquer ma "carrière" souci que, par bonheur, je n'entretiens pas , à tarir peu à peu les invitations à participer à des colloques ce qui, après tout, avait aussi un côté très positif et, plus sérieux, à organiser le boycott de la publication. Je ne peux plus être publié, comme je l'étais, dans la grande presse ou chez les grands éditeurs. Restent évidemment les petits bulletins et les petits éditeurs. Pour m'adapter à cette situation, je suis passé à l'anglais. Une bonne partie de mes publications professionnelles sont maintenant rédigées directement en anglais, et elles connaissent de ce fait, il faut bien le reconnaître, un public beaucoup plus large. Je n'aurais pas abandonné le français si ces obscures cabales ne m'y avaient forcé. Mais on voit que je ne me plains pas. Avoir des ennemis est une chose qui se mérite.

C'est dans ce contexte qu'est apparu, sur la scène française, un phénomène bouleversant beaucoup de situations établies, Internet. Créé aux États-Unis à la fin des années soixante, Internet s'est d'abord développé dans le monde scientifique. En France, des physiciens, des mathématiciens l'utilisent depuis longtemps. Au CNRS, on ne pipait pas mot. La révolution informatique était d'ailleurs survenue sans que l'institution ne fasse quoi que ce soit pour aider à l'équipement et à la conversion des chercheurs à ces instruments de travail nouveaux. Quelques stages élémentaires étaient surtout destinés aux administratifs. Le matériel, il a fallu se l'acheter. On ne s'étonne pas de voir que dans les pays industriels, la France est à peu près la lanterne rouge dans le domaine de l'extension des moyens informatiques. Chercher à trouver la connexion avec Internet relevait, il y a seulement deux ou trois ans, du parcours du combattant. Il fallait dénicher, au sous-sol de la MSH, la Maison des Sciences de l'Homme, un service dit d'informatique pour les sciences humaines, le LISH. Ce n'était que l'entrée du labyrinthe. Après un parcours administratif complexe, on apportait son ordinateur dans lequel on vous chargeait des logiciels de communication déjà largement dépassés, qu'il fallait ensuite apprendre à utiliser tout seul. A vous la jungle! Pas d'aide, pas de boussole. Je crois que le nombre de chercheurs qui ont effectivement accédé au Réseau de cette façon est faible. Le contraste avec l'étranger, surtout avec les États-Unis, est très frappant.

Pour quelle raison? Il y en a sans doute plusieurs. Mais la principale est apparu nettement dès qu'Internet a commencé à se répandre et à déborder le petit milieu universitaire: le besoin du contrôle. Toute la presse s'est agitée devant cette monstruosité: un système de libre échange des textes et des idées. Tout ce que notre beau pays compte d'intellectuels responsables et patentés est alors monté au créneau pour dire haut et fort qu'une telle liberté équivalait à de la licence et qu'il fallait réglementer. Le mot était lâché. En France, on veut toujours réglementer, voire légiférer, et on veut que ce soit l'État qui le fasse. Les intellectuels sont à la fois ceux qui définissent les objets dangereux qu'il faut enserrer dans un règlement, ceux qui édictent ces règlements et ceux qui ensuite veillent à les faire appliquer par la police, les juges et les bourreaux. Rien n'est plus jouissif pour un intellectuel que de disposer ainsi d'un pouvoir temporel par le recours aux règlements.

J'ai un dossier assez fourni déjà d'appels à la censure, au contrôle, glapis de toutes parts, au motif que le Réseau permettrait de faire circuler des éléments de pédophilie et de révisionnisme. On ne sait pas d'ailleurs, à les lire, quel est le danger le plus menaçant pour l'ordre public. Par exemple, Le Monde du 26-27 mai titre, p.28, "Internet, qui doit censurer quoi?" On a même vu une officine étudiante, spécialisée depuis longtemps dans le marketing politique, attaquer à l'aveuglette devant les tribunaux des fournisseurs commerciaux d'accès à Internet afin de créer un censorat cybernautique. Les fournisseurs ne veulent pas s'en charger et prédisent que, si cela se faisait, ce serait la fin d'Internet, au moins en ce qui concerne la France. Or le gouvernement veut, il l'a dit, que tous les Français soient branchés dans un délai assez court. On nage dans la confusion. L'État semble trembler sur ses bases. Comment la France, avec ses petits moyens, pourrait-elle établir un système de censure sur un réseau mondial ?

C'est dans ce contexte que j'ai découvert, entièrement par hasard, que le CNRS avait lui aussi édicté des règlements concernant le Réseau. Ces règlements n'ont d'ailleurs pas été communiqués aux utilisateurs. Ils ne sont pas non plus secrets. Ils sont accessibles si on les cherche, mais on n'a jamais indiqué aux utilisateurs qu'ils existaient et qu'on pouvait se les procurer. Voici un exemple, dans lequel je souligne quelques aspects particulièrement prudhommesques:

Premières recommandations à l'usage des responsables d'unités du CNRS pour

Une version abrégée de ce document a été publiée dans Le Journal du CNRS, en avril 1996, p. 28  il a fallu dix mois pour publier ce texte qu'on croirait écrit pour Guignol. Pour qui a fréquenté quelque peu le Réseau, il est frappant de voir à quel point des décisions de ce genre, prises en petit comité par des bureaucrates frileux, sont éloignées des réalités. En France, il ne viendrait à personne l'idée de consulter ceux qui se servent d'Internet. La démocratie, c'est bon comme thème de discours mais, concrètement, les gens qui ont le pouvoir trouvent qu'il se conserve mieux au frais, en petit comité.

IMPUTATION

C'est dans ce contexte que j'ai enfin obtenu une adresse électronique (<thion@msh-paris. fr >) et une connexion Internet. Pour cela, j'ai dû apporter mon ordinateur, un objet personnel, qui ne doit pas un centime au CNRS, que j'ai payé en prélevant sur le pain de mes enfants et un personnel diligent mais débordé a procédé à l'installation des logiciels nécessaires, une première fois, puis une deuxième fois après des changements au LISH, en juillet 95, à savoir Netscape pour "naviguer" sur le réseau et Eudora pour la messagerie électronique. Ceci doit être consigné dans les archives du LISH.

Ensuite, comme il n'y a pas de formation, il faut apprendre par soi-même. Il faut essayer de saisir les règles techniques, les règles d'usage dans les différents secteurs du Réseau, variables d'un secteur à l'autre, les règles de politesse anglo-saxonnes (dites Netiquette), etc. Comme toujours, ces règles sont en partie explicites, et il peut exister des lieux où on les consulte, et en partie implicites, situées au c_ur de la culture commune des interlocuteurs. Mais cette communauté de culture entre les 30 millions de connectés à travers le monde est loin d'être évidente.

C'est pourquoi le néophyte, et je ne prétends pas être en dehors de cette norme, peut être amené à faire des erreurs ou à commettre des fautes contre cet ensemble de règles de toutes natures, qui lui sont, au moins au début, en bonne part encore inconnues. Comme pour conduire ou monter à cheval, on apprend aussi en faisant des erreurs et en les corrigeant. Donc, je ne dis pas que je n'ai jamais commis d'erreur dans mon usage d'Internet. Et je serais curieux de rencontrer ceux qui n'en auraient jamais fait.

J'ai été convoqué, grâce à un message téléphonique, par le Directeur du département des Sciences de l'Homme et de la Société du CNRS, M. André Kaspi, le vendredi 31 mai 1996. C'est la première fois en 25 ans que je suis convoqué par un si considérable personnage.

M. Kaspi est un historien renommé, "membre" nous dit sa biographie publiée dans un numéro spécial de la Lettre du département des Sciences de l'Homme et de la Société, "de nombreuses instances et sociétés savantes", président de "la Commission française des archives juives" et auteur de nombreux ouvrages, dont l'un fut "couronné par l'Académie française". A moi, chétif, il allait immédiatement me mettre sous le nez un document. "Avez-vous écrit cela?" me demanda-t-il. J'ai pu, d'un simple coup d'oeil, m'assurer d'avoir à lui dire non. Le texte est en italien. Comme tout Français qui a fait du latin, je suppose, je comprends plus ou moins un texte courant en italien, mais j'éprouve les plus grandes difficultés à lire Dante ou Giordano Bruno. Pour autant, je n'écris pas et ne pourrais pas écrire l'italien.

Voici ce document, récupéré sur Internet par un instrument de recherche appelé Deja News:

Deja News Retrieved Document

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Article 2 of 4

Subject: Revisionismo di sinistra?

From: Geco <thion@msh-paris. fr >

Date: 1996/02/09

Message-Id: <4ffgte$blj@accursio. comune. bologna. it >

Content-Type: text/plain  charset =us-Ascii

Organization: Progetto Iperbole - Comune di Bologna - Italy

X-Url: news: it. notizie

Mime-Version: 1.0

Newsgroups: it. notizie

X-Mailer: Mozilla 1.1N (Macintosh  I  68K)

I miti fondatori della politica israeliana

Il nome di Roger Garaudy non necessita di particolare presentazione per l'intellettuale che oggi sia sulla quarantina od oltre  per i piu'giovani ci limiteremo a ricordare che, particolarmente negli anni Sessanta e Settanta, da lui vennero, ottenendo udienza internazionale, alcuni tra i piu'stimolanti contributi allo sviluppo di una riflessione critica informata alla riproposizione della teoria marxiana assunta come chiave di lettura della realta'sociale moderna e come tramite di un rinnovato interesse per i grandi temi filosofici. Quanto sopra puo'essere tranquillamente riconosciuto senza con cio'rilasciare al filosofo francese una particolare patente di ortodossia marxista, concetto, del resto, fattosi problematico. E, per comprensibile ragione di chiarezza sara'opportuno far presente che nell'ultimo quindicennio ai suoi grandi interessi intellettuali Garaudy ha affiancato, con vera e propria partecipazione esistenziale un profondo interesse per la cultura islamica, della quale e'considerato uno tra i migliori conoscitori in Europa occidentale.
Garaudy rompe oggi il silenzio che lo ha accompagnato nella fase piu'
recente del suo itinerario intellettuale con un libro cosi'"sconveniente", cosi'"eretico" che fin dal momento della sua apparizione i media grandi e piccoli e l'intero Olimpo intellettuale si sono stretti - probabilmente senza nessuna previa intesa, bensi', e questo e'molto significativo per uno spontaneo riflesso di opportunita'- in una salda congiura del silenzio. In effetti, Garaudy disattende convenzioni che, per essere spesso tacite, non per questo sono meno ferree, quando, dopo due anni trascorsi in un esemplare impegno di informazione e preparazione, fa pubblico atto di adesione al r e v i s i o n i s m o, vale a dire alla tendenza critica che, nonostante le persecuzioni giudiziarie alle quali e'fatta segno, nonostante i molteplici tentativi illegali ed extralegali diretti a reprimerla e nonostante il compiacente silenzio in cui l'intellettualita'che si pretende piu'qualificata assiste a queste illiberali e liberticide pratiche censorie e riminalizzanti, ha posto lo studio del preteso sterminio degli ebrei ad opera del nazismo sul terreno della ricerca storica applicando allo ricostruzione dei fatti che vanno sotto il nome del cosiddetto Olocausto quei criteri la cui osservanza e' considerata strettamente necessaria all'esame di qualunque altro fenomeno storico.
Questa tendenza critica (lo ricordiamo brevemente ad uso di chi non fosse
correttamente informato e di chi fosse rimasto vittima del perfido travisamento attraverso il quale si vuole accreditare una calunniosa identificazione del revisionismo all'antisemitismo) ha ormai assunto, a livello di ricerca, estensione mondiale e il fatto che di essa o non si parli per nulla o si parli soltanto in termini di deprecazione non toglie che i suoi risultati conoscitivi suscitino le reazioni piu'allarmate da parte dei beneficiari della leggenda olocaustica: il sionismo e lo Stato d'Israele d'altro canto, a molti osservatori non e'sfuggito che sono sempre piu' numerosi, tra gli storici che ufficialmente fanno atto formale di adesione alle tesi correnti, coloro i quali, resisi conto della portata e della solidita'sul piano storico delle acquisizioni dovute agli studi revisionistici, non perdono occasione per versare - ma, beninteso, senza dichiararlo - molta acqua nel loro vino sterminazionista.
Da un Garaudy era impossibile aspettarsi un atteggiamento il cui gesuitismo
sconfina nella vilta', e che, nondimeno, e'l'atteggiamento della totalita' degli intellettuali autoproclamati. Resosi ben conto della solidita'di quelle acquisizioni, gli e'venuto spontaneo domandarsi come e perche'una leggenda olocaustica abbia potuto instaurarsi cosi'totalitariamente da conseguire la forza di una persuasione popolare. Egli risponde nel quadro di una analisi generale intesa allo svelamento dei miti fondatori della politica israeliana. Questa analisi muove da una preoccupazione che e' confortante trovare in un filosofo aperto come lo e'Garaudy alla suggestione emanante dal fenomeno religioso, e specificamente dalle forme piu'elevate di esso, le forme che si sono cristallizzate nelle tre grandi religioni abramiche. E'divenuta nozione corrente quella di un Islam polarizzato nella sua espressione fondamentalistica. La tentazione fondamentalistica non e'assente in seno alle confessioni cristiane, anche se oggi e'lungi dall'avervi un ruolo di rilievo. Garaudy mette in luce come, nel giudaismo, la tentazione fondamentalistica abbia preso piede investendo anche i settori sedicentemente laici e liberali dell'ebraismo: fenomeno tanto piu'comprensibile quando si abbia presente che nell'ebraismo (come, del resto, nell'Islam) non esiste una vera e propria linea di separazione tra cultura sacra e cultura profana.
Su queste premesse, quelli che Garaudy chiama «miti del ventesimo
secolo» occupano nella sua analisi un posto non solo formalmente centrale.

Egli parte dai «teologici»:

1. Il mito della "promessa": terra promessa o terra conquistata?

2. Il mito del "popolo eletto".

3. Il mito di Giosue: la purificazione etnica.

E giunge all'analisi dell'«politica del mito»:

1. La lobby israelo-sionista negli USA.

2. La lobby israelo-sionista in Francia.

3. Il mito del miracolo israeliano: il finanziamento estero.

Ma, appunto, a quest'ultima analisi perviene non senza aver fatto i conti con quei "miti del XX secolo" cui si accennava sopra. Quali sono? Garaudy risponde che sono quattro  e quelli che individua sono di tal natura che, una volta che li si sia ricondotti alla loro sostanza profana, ne risulta sconvolta la visione usualmente accettata della storia mondiale nel Novecento. Eccoli, questi miti:

1. Il mito dell'antifascismo sionista.

2. Il mito della giustizia di Norimberga.

3. Il mito dell'Olocausto.

4. Il mito de "la terra senza popolo per un popolo senza terra".

Si comprendera'facilmente come il netto rifiuto delle idee ricevute al quale Garaudy ha consacrato questo libro risulti tanto piu'degno di considerazione in quanto proveniente non solo da un intellettuale della sua statura, ma altresi'da un militante politico il quale nulla ritiene di dover rivedere del suo passato di oppositore al fascismo e al nazismo.
Questo stimolte libro - *Les mythes fondateurs de la politique israelienne* -
non e'reperibile in alcuna libreria. Esso occupa per intero il n. 2 della rivista LA VIEILLE TAUPE, la quale, per sottrarsi ai sistematici sequestri da cui in Francia e'colpita la stampa revisionista, viene diffusa solo per abbonamento. Diamo qui di seguito le coordinate per chi volesse abbonarvisi (250 Franchi francesi per 4 numeri della rivista):

LA VIEILLE TAUPE
BP 98 75224 PARIS CEDEX 05 FRANCIA

L'editore della rivista si propone di ripubblicare il libro in normale edizione commerciale di qui a qualche mese. Ci sia consentito spezzare una lancia a favore dell'abbonamento: per chi e'interessato alla tematica revisionistica la conoscenza diretta della rivista (del gia'pubblicato e dei prossimi fascicoli) e'di rigore. Ci viene anche comunicato che del libro di Garaudy e'in corso la traduzione italiana, la quale vedra'la luce ad opera di una casa editrice di sinistra non convenzionale.
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A première vue, il s'agit donc d'une sorte de fiche de presse annonçant au public italien la sortie d'un livre en France, celui de Roger Garaudy, qui a soulevé la tempête que l'on sait.

Ma réponse à M. Kaspi a été et est très simple: non, je n'ai pas écrit et je n'ai pas transmis ce texte. Lorsque j'écris des textes, je les signe. Ils sont dans le domaine public et chacun peut les voir. En outre, malgré les multiples dons que la nature m'a accordés, je n'écris pas l'italien. Les très rares textes de moi qui existent dans cette langue ont été traduits.

M. Kaspi, en réalité ne s'intéressait qu'à la deuxième ligne du document, qui se lit ainsi:

From: Geco <thion@msh-paris. fr >

Il y voyait la preuve que j'étais à l'origine du texte. M. Kaspi allait me faire une petite leçon sur le mot "from". Je lui fis observer alors que le "from" indiquait une origine qui commençait par "Geco", que j'ignorais tout à fait ce qu'était ce "Geco" et pourquoi il faisait suivre ce nom de mon adresse électronique, qu'il y avait plusieurs hypothèses possibles et que la présence de ce "Geco" excluait que j'aie pu être le transmetteur direct du document. M. Kaspi, surpris, se saisit alors de son téléphone, essayant de joindre divers correspondants, probablement les heureux inventeurs du documents, qui auraient pu lui expliquer ce qu'était ce malencontreux "Geco", mais en vain. Ou ils n'étaient pas là, ou ils ne savaient pas. Et moi non plus. Je fis ensuite remarquer à M. Kaspi que l'auteur du message en revanche était identifié. Il s'agit, sous la rubrique "Message-Id" de

<4ffgte$blj@accursio.comune.bologna.it>.

Il faudrait donc identifier le personnage qui possède cette adresse, manifestement, un indigène de Bologne. Mais cette observation dépassait déjà l'entendement. M. Kaspi semblait déçu. Il avait eu la certitude, en me convoquant, de me confondre en démontrant que j'utilisais les biens de l'État (la connexion Internet fournie par un laboratoire du CNRS) à des fins qu'il jugeait non seulement déplacées mais quasiment criminelles, puisque, dit-il, certains textes sont interdits par la loi. J'ai fait observer que l'ouvrage de Garaudy, en février, date de ce document, n'était pas poursuivi et que parler de ce livre n'était pas, en Italie, passible de poursuite. Je n'insistai pas sur le fait que la totalité de la presse a fini par parler de ce livre sans être l'objet de poursuites. Je n'ai pas non plus voulu peiner M. Kaspi, un historien renommé, en lui faisant remarquer que le privilège d'interpréter et de faire appliquer la loi relève d'une autre catégorie de fonctionnaires, appelés magistrats. Il semblait d'ailleurs faire peu de cas de la corporation à laquelle il appartient, celle des historiens, qui semble presque unanime à réclamer, dans les journaux, par la voix de plusieurs éminents spécialistes, l'abandon ou l'abrogation de la loi Gayssot aux vertus de laquelle M. Kaspi semblait ici faire allusion.

M. Kaspi ou quelqu'un d'autre avait soigneusement organisé ce rendez-vous puisque le texte était accompagné d'une traduction en français. On voyait mieux ainsi que ce texte est écrit dans un jargon qui n'est pas le mien et qui est typiquement italien. Pour moi, l'auteur ne peut être qu'italien. Assez curieusement, le document qui nous a été montré, ainsi que la traduction, proviennent du LISH, le laboratoire qui gère précisément les connexions Internet de tous les chercheurs CNRS en sciences sociales de la région parisienne. Il est donc intéressant de savoir qu'on trouve là, à la source, si je puis dire, une sorte de cellule policière qui cherche des renseignements sur ce que font les chercheurs. J'ai dit à M. Kaspi que je m'étonnais, à mon tour, que l'argent de l'État soit gaspillé dans des activités d'espionnage. M. le Directeur a lors déclaré que le mot avait certainement dépassé ma pensée.

Le document fourni par M. Kaspi occupe les pages 4 et 5 d'une transmission par fax en provenance du LISH, datée du 29 mai à 11 h. 46.  La traduction suit aux pages 6 à 8. J'aimerais consulter les pages 1 à 3 de cette transmission, avant de retirer le mot d'espionnage. Car enfin, il faut bien que quelqu'un appartenant au LISH ou à un autre labo du même ordre ait reçu un ordre lui demandant d'explorer Internet à la recherche de documents liés à certains mots, comme ici on a cherché le mot "revisionismo", seule façon d'accéder à ce document qui a été affiché dans un newsgroup italien, intitulé <it. notizie>, c'est-à-dire, d'après son titre, un groupe de discussion centré autour des nouvelles de presse (notizie) en Italie. On ne tombe pas sur ces choses-là par hasard. On ne cherche pas "revisionismo" sans avoir d'abord cherché d'autres termes, dans des langues, disons, plus courantes. C'est même la particularité d'Internet et qui le rend si différent de la presse: on n'y trouve que ce qu'on y cherche.

Or il se fait que je ne participe à aucun "newsgroup". Cette formule ne m'intéresse pas et si j'ai visité quelques uns de ces groupes, c'était simplement pour voir en quoi ils consistaient. Rappelons qu'autour d'un thème donné au départ, des gens affichent des textes qui sont archivés et consultables pendant un certain temps. Je me suis en revanche intéressé à certaines "listes". Une "liste" est un groupe de gens qui veulent échanger des informations ou des avis sur un sujet donné, ces messages étant transmis, soit par un modérateur de liste, soit automatiquement, aux membres de cette liste par courrier électronique. J'ai ainsi participé à des discussions portant sur l'Asie du Sud-Est, domaine de ma spécialisation professionnelle.

Et lorsque j'ai voulu, à mon tour, explorer cette affaire, j'ai demandé à Deja News les renseignements qu'il avait sur l'auteur ( dans la rubrique "Author Profile").

Author Profile: Geco <thion@msh-paris. fr >

* 68 articles posted between 1995/07/22 and 1996/05/23.

* 44% followups.

* Number of articles posted to individual newsgroups (slightly skewed by

cross-postings):

o 65 bit. listserv. seasia-l

o 2 it. notizie

o 1 it. cultura

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J'apprends donc à cette occasion que j'ai envoyé, sur dix mois, 65 messages à des listes sur l'Asie du Sud-Est, rassemblées sous le nom de la principale, SEASIA. Je signale aux candidats inquisiteurs, qui sont peut-être en stage de formation au LISH, que tous ces messages sont archivés par Deja News et donc consultables. Et il en reste trois, italiens, que je n'ai jamais envoyés moi-même. Ce sont précisément ceux qui m'incriminent aux yeux de la nouvelle inquisition. Voyons-les de plus près.

J'ai procédé selon la même démarche que l'espion du LISH. J'ai demandé à Deja News de chercher les termes de "revisionismo" et de "sinistra", liés, en précisant "old" pour la recherche dans le temps. Alors que la recherche du LISH donnait le 29 mai 4 documents (celui qui est reproduit plus haut est le n· 2 sur 4.), la mienne a donné dix références, (le 1er juin 1996) que voici:

[Image]

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[Deja News Results of Query:] revisionismo sinistra

10 Hits:1. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/1

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. notizie

Author: Geco <thion@msh-paris. fr >

2. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/3

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. notizie

Author: Geco <thion@msh-paris. fr >

3. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/3

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. cultura

Author: Geco <geco@vol. it >

4. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/3

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. politica

Author: Geco <geco@vol. it >

5. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/3

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. cultura

Author: Geco <geco@vol. it >

6. Subject: Revisionismo di sinistra? #1/3

Score:

Date: 1996/02/09

Newsgroup: it. cultura

Author: Geco <thion@msh-paris. fr >

7. Subject: STORIA E STORIOGRAFIA ***Era: Re: proposta[..] su Mussolini e il Fascismo #1/2

Score:

Date: 1996/03/01

Newsgroup: soc. culture. italian

Author: rm3@ukc. ac. uk (Robertino)

8. Subject: Re: I fascisti (was: La Lega non) #1/1

Score:

Date: 1996/02/12

Newsgroup: it. politica

Author: Luca Pinotti <luca. pinotti@galactica. it >

9. Subject: STORIA E STORIOGRAFIA ***Era: Re: proposta[..] su Mussolini e il Fascismo #2/2

Score:

Date: 1996/03/01

Newsgroup: soc. culture. italian

Author: rm3@ukc. ac. uk (Robertino)

10. Subject: Re: "La Lega non e'razzista Sono razzisti gli altri partiti" #2/2

Score:

Date: 1996/02/19

Newsgroup: soc. culture. italian

Author: lusiani@afsmail. cern. ch (Alberto LUSIANI)

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Individual word hit counts

* revisionismo: 58

* sinistra: 1922

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On voit immédiatement que les références 7 à 10 ne nous concernent pas ici. Le Lish avait 4 références. Deux jours après, j'ai ces quatre là, sur 6 en tout qui concernent, on le verra le même texte. Cette différence est curieuse.

Quoi qu'il en soit, la première référence, une fois appelée, donne ceci:

[Previous][Next][Hitlist][Get Thread][Author Profile][Post]

[Reply]

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Article 1 of 10

Subject: Revisionismo di sinistra?

From: Geco <thion@msh-paris. fr >

Date: 1996/02/09

Message-Id: <4ffgr7$blj@accursio. comune. bologna. it >

Content-Type: text/plain  charset =us-Ascii

Organization: Progetto Iperbole - Comune di Bologna - Italy

X-Url: news: it. notizie

Mime-Version: 1.0

Newsgroups: it. notizie

X-Mailer: Mozilla 1.1N (Macintosh  I  68K)

thion@msh-paris. fr

[Previous][Next][Hitlist][Get Thread][Author Profile][Post]

[Reply]

--------------------------------------------------------

[ Home] -][Search] -][Contacts] -][Help]

---------------------------------------------------------

Autrement dit, le texte affiché sur le newsgroup ce 9 février 1996 se résume à mon adresse électronique. Quelqu'un a donc envoyé un message qui se retrouve affiché ainsi, avec cette adresse comme seul contenu. Ceci démontre qu'à tout le moins, mon adresse électronique a fait l'objet d'une transaction entre Italiens. Je ne puis expliquer pourquoi mais le fait est patent. Je m'étonne que the Spy of the LISH n'ait pas produit ce document.

Le deuxième item est celui qui a été présenté plus haut. Quand on l'ouvre il se présente sous la forme de la section 1 d'un document en trois parties. On peut l'obtenir en entier en cliquant mais il garde son numéro d'ordre dans la liste. Le troisième item est le suivant:

[Previous][Next][Hitlist][Get Thread][Author Profile][Post]

[Reply]

-----------------------------------------------------------

Article 3 of 10

Subject: Revisionismo di sinistra?

From: Geco <geco@vol. it >

Date: 1996/02/09

Message-Id: <4ffghc$blj@accursio.comune.bologna.it>

Content-Type: text/plain; charset=us-Ascii

Organization: Progetto Iperbole - Comune di Bologna - Italy

X-Url: news:it.cultura

Mime-Version: 1.0

Newsgroups: it.cultura

X-Mailer: Mozilla 1.1N (Macintosh; I; 68K)

I miti fondatori della politica israeliana

Il nome di Roger Garaudy non necessita di particolare presentazione per l'intellettuale che oggi sia sulla quarantina od oltre; per i piu' giovani ci limiteremo a ricordare che, particolarmente negli anni Sessanta e Settanta, da lui vennero, ottenendo udienza internazionale, alcuni tra i piu' stimolanti contributi allo sviluppo di una riflessione critica informata alla riproposizione della teoria marxiana assunta come chiave di lettura della realta' sociale moderna e come tramite di un rinnovato interesse per i grandi temi filosofici. Quanto sopra puo' essere tranquillamente riconosciuto senza con cio' rilasciare al filosofo francese una particolare patente di ortodossia marxista, concetto, del resto, fattosi problematico. [...]

Je coupe ce document car on aura compris que c'est exactement le même que le précédent, à une ligne près. Et c'est justement la ligne qui nous intéresse. Ici l'origine qui est donnée est :

From: Geco <geco@vol.it>

Nous avons donc deux documents absolument identiques, qui devraient avoir la même origine et qui ne l'ont pas.

Je ferai observer que si l'on trouve logique d'attribuer l'adresse <thion@msh-paris> à un certain M. Thion, on devrait assez normalement attribuer l'adresse <geco@vol.it> à un M. Geco, qui apparaît comme l'origine du texte dans l'affichage qui s'est fait sur le newsgroup <it.cultura>.

La suite se répète. L'item 4 est le même texte, signé <geco@vol.it> posté sur <it.politica>. L'item 5 est le même sur <it.cultura>. Le sixième document donne ceci:

[Previous] [Next] [Hitlist] [Get Thread] [Author Profile] [Post]

[Reply]

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Article 6 of 10

Subject: Revisionismo di sinistra?

From: Geco <thion@msh-paris.fr>

Date: 1996/02/09

Message-Id: <4ffh59$c35@accursio.comune.bologna.it>

Content-Type: text/plain; charset=us-Ascii

Organization: Progetto Iperbole - Comune di Bologna - Italy

X-Url: news:it.cultura

Mime-Version: 1.0

Newsgroups: it.cultura

X-Mailer: Mozilla 1.1N (Macintosh; I; 68K)

I miti fondatori della politica israeliana

Il nome di Roger Garaudy non necessita di particolare presentazione per l'intellettuale che oggi sia sulla quarantina od oltre; per i piu' giovani ci [...]

 

On trouve donc le même texte dans ces deux newsgroups, en deux versions identiques sauf, justement cette deuxième ligne.

Y a-t-il eu manipulation ? M. Kaspi semblait ignorer qu'il est parfaitement possible de faire circuler des messages sur le Net avec des adresses fausses. Or j'ai entendu parler d'escroqueries de ce genre. Il est arrivé, m'a-t-on dit, que de faux messages soient ainsi expédiés, pourvus de l'adresse d'une personne réelle, pour tenter de la discréditer. Il me semble que n'importe qui, pourvu de quelques connaissances informatiques, pourrait réaliser un faux de ce genre.

Je pourrais par exemple fabriquer le texte suivant:

Subject: Revisionismo di sinistra?
From: Geco <kaspi@msh-paris.fr>
Date: 1996/06/02

et aller le placer sur <it.notizie>. Ce ne doit pas être sorcier à faire.

Est-ce le cas ici ? Est-ce qu'un faussaire, qui pourrait, pourquoi pas, être en cheville avec l'espion du LISH, aurait recopié un message émanant de "Geco" et l'aurait trafiqué en y incluant mon adresse? Je n'en sais rien et je préfère échapper à la paranoïa en pensant que c'est improbable. Mais il a pu y avoir maladresse, manipulation incompétente, dont la trace serait alors l'item n·1, qui donne comme seul texte mon adresse électronique. De plus savants que moi résoudront cette minuscule énigme. Je ne compterai pas sur M. Kaspi qui s'est senti obligé, en fin de séance, de dire qu'il ne savait pas utiliser Internet et qu'il ne fait de son ordinateur qu'une "usage minimal".

Car il y a plus. M. Kaspi a dit, avec une courtoisie étudiée, qu'il était en poste depuis l'automne 1994, que jusqu'ici il n'était pas intervenu à mon sujet et que la seule chose qui l'intéressait était les preuves. Les preuves de quoi? Le complément d'objet était sous-entendu: les preuves de ma turpitude, celles qui allaient permettre de prendre des sanctions, d'instituer un conseil de discipline, les preuves qu'il n'avait pas trouvées, et ce n'était apparemment pas faute de les avoir cherchées, depuis la fin 1994.

Et bien, j'ai, moi, la preuve que M. Kaspi s'est totalement fourvoyé et que son espion du LISH n'a aucun sens de l'observation.

Tous les documents ramenés sur ce sujet par Deja News, indiquent, à la dernière ligne de l'en-tête, le même "X-mailer". Le X-mailer, c'est le logiciel de messagerie dans lequel le message a été écrit. Dans tous les messages "Geco", il s'agit d'un logiciel appelé Mozilla. Et moi, je n'ai jamais eu Mozilla. Dans un premier temps, avant l'été 95, le LISH m'avait donné UCOMX.400, version 1.35, mais le serveur du LISH marchait très mal, ils ont changé de matériel, et ils nous ont donné Eudora. Si l'on se reporte aux messages que j'ai expédiés, et qui sont tous répertoriés par Deja News (voir plus haut), on vérifiera facilement qu'ils sont tous créés dans Eudora, à toutes les dates qui s'échelonnent entre juillet 95 et mai 96.

Ce détail de nature probatoire n'aurait pas dû échapper à un professionnel. L'espion du LISH aurait-il mis délibérément son supérieur hiérarchique dans une situation embarrassante?

Je résume. Ce texte a un auteur, identifié comme <4ffgte$blj>, un Italien qui a échangé avec un autre, nommé <Geco>, à propos de mon adresse (qui a pu circuler en Italie sous forme de message privé adressé à quelqu'un qui a pu le communiquer à d'autres interlocuteurs, ce que chacun fait chaque jour sur le Réseau.) Ce texte a été rédigé dans une langue que je n'écris pas avec un logiciel que je n'ai jamais eu. Allora basta.

Voilà. C'est dommage pour M. Kaspi. Il était tellement sûr de son coup qu'il avait fait supprimer mon adresse électronique la veille. Je ne m'en étais pas rendu compte car j'avais ce jour-là négligé d'interroger Doudou, le serveur de la MSH. M. Kaspi n'était pas en mesure de justifier une telle décision. Elle est surtout gênante pour les correspondants et les listes de discussion que je n'ai pas pu prévenir. Un minimum de courtoisie vis-à-vis, non pas de moi, mais des autres utilisateurs du Réseau, aurait demandé 24 heures de préavis.

Dans l'impossibilité de me confondre, M. Kaspi a dit qu'une enquête allait avoir lieu (que n'a-t-elle eu lieu plus tôt!) et que, s'il était prouvé que je n'étais pas l'auteur du message incriminé, ma liaison Internet serait rétablie. Quant aux dommages éventuels, il n'en était pas question. Quelqu'un qui n'utilise pas le Réseau ne peut d'ailleurs pas les imaginer. Mais un chose est sûre: en supprimant mon accès au réseau, on croyait me retirer presque tout moyen de défense. Innocent ou coupable, la sanction tombait avant l'interrogatoire. Ce procédé est inhabituel.

Ai-je commis des erreurs, des fautes, des crimes en utilisant Internet, cadeau à moi donné par la toute-puissance tutélaire des instances de la Recherche? C'est bien possible. Maladresse, inadvertance, ignorance, et même ruse peuvent être supposées. Il suffit de chercher. Mais ce que M. Kaspi a trouvé ne remplit pas l'office qu'il en attendait: des preuves. N'y a-t-il pas là une tentative d'abus de pouvoir ? Est-il bon pour la recherche et les chercheurs qu'un Directeur se laisse guider par des passions personnelles? Le CNRS doit-il ressembler à OK Corral? Selon le rapport que l'on entretient avec la vérité et sa difficile quête, on s'amusera de la mesquinerie des procédés ou on se désolera d'un échec dans l'application des normes du "politiquement correct" à la française. Quant à moi, je continuerai de faire ce que je fais depuis trente-cinq ans.

Serge Thion

2 juin 1996

IN FINE

LA SOLUTION TRANSALPINE

Comme tout individu civilisé, j'ai divers corespondants dans le vaste monde et il s'en trouve un, justement, à Bologne. Samedi 1er juin, je lui ai donc demandé, en français, d'expliquer le mystère, si cela paraissait possible.

Dimanche soir 2 juin, je reçois la réponse suivante:

Mime-Version: 1.0

Date: Sun, 2 Jun 1996 18:11:00 +0300

From: nav0243@comune.bologna.it (Luther Blissett)

Subject: Re:

Caro Serge,

innanzitutto il testo e' di Cesare Saletta per la presentazione del libro di Garaudy. Cesare mi ha dato una copia del testo che io ho fatto girare tra alcuni amici di Bologna. Uno di loro ha battuto nelle newsgroup questo testo e poiche' avevamo il programma di posta elettronica Eudora "corrupted" mi chiese quale indirizzo mettere per le eventuali risposte. Io, sbagliando, e con troppa leggerezza, gli dissi di mettere il tuo. Se vuoi puoi dare questo messaggio al direttore di scienze umane del CNRS, a cui vorrei porgere le mie scuse per la sciocchezza con cui abbiamo gestito la cosa. In ogni caso puoi fargli presente che la colpa e' solo ed esclusivamente nostra e che se vuole delle spiegazioni piu' dettagliate gliele potremo fornire noi stessi. Per cui lo stesso <<usage personnel (et politiquement incorrect)>> ricade esclusivamente su di noi e la scorrettezza l'abbiamo fatta esclusivamente noi qui a Bologna. Puoi anche fargli presente che tu eri completamente all'oscuro della vicenda. La riprova di questo fatto e' che il messaggio e' partito dal server IPERBOLE di Bologna. Scusa per l'incidente

Alberto

***********************************************

*MicrosMegma*, disvela l'IPOcalisse

Emergence della Wo/Men Gemeinwesen

Http://www.dsnet.it/q

Je ne voudrais pas retirer le pain de la bouche des traducteurs, sans doute assermentés, de M. Kaspi qui fourniront sans aucun doute une traduction complète et correcte du texte ci-dessus, dont je crois saisir à peu près le sens. Il appert donc que l'auteur du texte s'appelle Cesare Saletta, de Bologne. Je le connais de nom et puis trouver son adresse si M. Kaspi me la demande expressément. Je crois d'ailleurs savoir que Saletta a traduit le livre de Garaudy en italien et que cette traduction est sous presse.

Ce texte a été mis en circulation auprès de plusieurs personnes par l'auteur de la lettre ci-dessus, qui écrit dans la presse situationnisto-bordiguiste anarcho-locale (par exemple MicrosMegma) sous les noms d'Alberto Lofoco, Luther Blissett et sans doute quelques autres. Son adresse électronique est: <nav0243@comune.bologna.it>. Son adresse postale est: Via Lorenzo Ghiberti, 8 à Bologne. On peut lui téléphoner au 39/51 530041 et lui faxer au 39/ 51 266320. C'est lui qui a autorisé ou même suggéré à celui qui allait mettre ce texte dans des newsgroups (sans doute le nommé "Geco") de mettre mon adresse car ils avaient des difficultés avec leur logiciel de messagerie. Ils pensaient apparemment que si leur message provoquait des réponses à moi envoyées, je les répercuterais sur Bologne. Mais je n'ai pas été prévenu, et je n'ai d'ailleurs jamais reçu de telles réponses. Il voit qu'il a agi avec légèreté et présente ses excuses.

Pour ma part, je les accepte de grand coeur. Il n'y a pas, dans cette histoire, de quoi fouetter le chat le plus rachitique. Les Bolognais ne pouvaient pas imaginer la profondeur de la décadence de l'esprit public en France. Néanmoins, nous aurons appris quelque chose:

LES CHERCHEURS SONT SOUS HAUTE SURVEILLANCE.

ON NOUS ESPIONNE SUR INTERNET.



Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

http://www.stvscnrs.greatnow.com

http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad

http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou

et celui qui a survécu aux bourrasques:

http://abbc.com/totus/cnrs/index.html

A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.

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