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"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 20 10 03


Introduction : J'ai écrit le texte qu'on trouvera ici en annexe et qui me vaut aujourd'hui ma révocation, par le fait du prince. Je n'accepte pas le fait du prince. On jugera, et on aura raison, que mon texte est EXCESSIF, EXTRÉMISTE, etc. J'en conviendrai facilement. C'était fait exprès. Si M. Jospin avait un peu de dignité, il pouvait me convoquer, non pas sur le pré, cela ne se fait plus guère, mais devant le tribunal. Je l'ai outragé et il aurait facilement gagné. Il a préféré répondre à mon coup haut par un coup bas.

A--t-on le droit dans ce pays d'écrire des textes excessifs? Doit-on, en l'absence de jugement par les tribunaux, perdre son emploi pour cela? Ces questions se posent à tout le monde, et d'abord aux chercheurs qui sont amenés à EXPOSER leurs idées, aux deux sens du terme.

Pour le reste, je ne demande à personne de soutenir mes idées. elles se soutiennent très bien toutes seules.

LA REVANCHE DE JOSPIN

par Serge Thion

 

Je crois assez connu le fait que je me suis rangé depuis longtemps parmi les défenseurs les plus radicaux de la cause palestinienne. Déjà fortement engagé dans les combats anti-colonialistes, je me suis trouvé en juin 1961 confronté au problème palestinien, sur place, à Gaza, dans les camps, alors sous sujétion égyptienne.

Depuis 40 ans, je suis donc intervenu dans les contextes les plus divers pour que l'on reconnaisse le tort absolu fait aux Palestiniens et la nécessité tout aussi absolue de démanteler le pseudo-Etat israélien.

C'est clair, net et je puis argumenter chaque mot avec tout ce que l'on voudra de références historiques, politiques, juridiques, anthropologiques, etc.

Quand donc le premier ministre français se permet de dénoncer les Palestiniens et de serrer dans ses bras Ehoud Barak, il encourt normalement la colère des jeunes Palestiniens qui le caillassent lors de son passage à Bir Zeit. Je comprends cette colère et j'approuve bruyamment. Je fais un texte le 27 février, un texte court mais très sévère. Il s'appelle "Des caillasses pour sa gueule". Je le reproduis en annexe: il a circulé sur Internet.

Ce qui étonne le plus les commentateurs de presse, c'est que je traite Barak de meurtrier et de SS. Pourtant, sa participation aux opérations d'assassinat nocturne, à Beyrouth, de chefs palestiniens surpris chez eux dans leur sommeil est un titre de gloire en Israël: Barak est le soldat le plus décoré, en particulier pour ses meurtres. Lisez la presse israélienne!

Jospin a eu l'une des peurs de sa vie. Il a été touché par des cailloux. On a vu ses lèvres s'agiter: "Maman bobo". En outre, son entourage lui a seriné qu'il avait fait une belle bourde doublée d'une belle imprudence. Et Chirac qui lui téléphone comme à un domestique.

Et puis, comme on lit beaucoup ce qui se publie sur le Net dans certains milieux, on lui montre mon petit article. Je suppose qu'il a blémi. Le caillou que je lançai avait donc, comme ceux de mes frères palestiniens, atteint son but.

D'après Daeninckx, qui est tuyauté dans ces milieux-là, Jospin a transmis le "dossier", c'est-à-dire mon article caillasseur, à celui qu'il venait de nommer Ministre de la Recherche, Roger-Gérard Schwarzenberg, huile d'un fantomatique Parti radical de gôche, casé là en prévision des élections à venir.

Ce Roger-Gérard apprend qu'il existe une sorte de procédure secrète contre moi qui est instrumentée au CNRS. L'enquête a été confiée à un historien bidonneur nommé Bédarida que j'ai déjà traîné dans la boue pour ses contorsions ridicules. Le résultat n'est pas brillant mais la pression monte. Roger-Gérard veut bien assumer la vengeance de son chef, celui qui vient de lui refiler un petit maroquin, Jospin, que fait toujours cuire le souvenir des caillasses.

Il transmet la pression qu'il reçoit à la directrice du CNRS, priée d'activer les feux. Ce qu'elle fait à son corps défendant. La pauvre malheureuse convoque un ahuri du journal Libération (2 juin 2000) et vide son sac d'un seul coup: elle nous révèle tout à trac qu'il existe une enquête secrète, dont elle attend le rapport définitif, qu'elle a ouvert une procédure disciplinaire et qu'elle saisit le procureur des "activités" suspectes de Serge Thion. Elle avoue:

"-- Avez-vous des consignes ministérielles?

"Je n'ai pas de consigne particulière du ministère. Serge Thion a 58 ans, il est donc proche de la retraite et j'aurais pu décider de laisser le temps faire son oeuvre, j'ai décidé d'agir pour des raisons d'éthique, une éthique indispensable à l'activité de recherche scientifique."

L'éthique qui se déclenche avec 20 ans de retard, qui va y croire? Elle aurait évidement préféré de pas se salir les mains dans une opération merdique, mais elle ne pouvait pas oublier non plus que son mandat venait à renouvellement à la mi-juillet. Elle a choisi de plaire au ministre. Et lorsqu'est arrivée la réunion de la commision de discipline, le 4 juillet, et que j'ai demandé, avec mon avocat, un report parce que nous n'avions pas eu le temps de prendre connaissance du dossier, Mme Bréchignac a refusé. Elle voulait une décision expéditive, avant la date de son renouvellement.

Mal lui en a pris. Elle n'a pas été renouvelée mais elle a été remplacée, six semaines plus tard, par une créature provenant directement des services de Roger-Gérard. Il a eu tout loisir de trouver quelqu'un à sa main pour opérer la petite vengeance du Jospinet, malade de la pierre.

Madame Geneviève Berger a donc signé le 4 octobre une décision de révoquer Serge Thion au 1er novembre 2000 "considérant que M. Serge Thion a manqué à l'obligation de réserve par la remise en cause de l'existence des crimes commis contre l'humanité". Cette formulation est bouffonne et ne repose sur aucun fait vérifiable. Si j'avais violé la loi Gayssot, que ce considérant évoque de manière fautive, j'aurais été au moins poursuivi de ce chef, ce qui n'est jamais arrivé jusqu'à aujourd'hui.

Cette revanche du caillassé n'aura pris que 8 mois. Un record. Sans précédent. On n'a jamais révoqué un chercheur dans des conditions aussi outrageusement arbitraires. Nous savons que nous vivons dans une république monarchique, mais l'usage de la lettre de cachet semblait tombé en désuétude. On voit bien que les leçons de cynisme prodiguées par le "socialiste" François Mitterrand ont porté: vous pouvez faire du pouvoir ce que vous voulez, à condition de toujours bien cacher la main. Nous n'oublions pas que Jospin a été homme à tout faire de Mitterrand, qu'il a supprimé sans justification la chaire du professeur Faurisson et qu'il ne s'enrichit pas. Il y a du Savonarole dans ces parpaillots.

J'ai frappé Jospin et Jospin m'a frappé. Match nul. Pour l'instant. On verra la suite.

16 octobre 2000

[Serge Thion est, depuis 30 ans et pour encore quelques jours, "chercheur au CNRS". Le 1er novembre, il sera: "ancien chercheur au CNRS, révoqué par l'arbitraire du gouvernement."]

Octobre 2003: On a vu la suite. Jospin culbuté, recraché par le peuple comme un noyau de pêche. La gueule que faisait ce triste sire le soir des élections, le 21 avril 2002, nous a repayé de bien des moments difficiles. Pouvions-nous lui souhaiter pire ?


ANNEXE

Des caillasses pour sa gueule

Serge Thion

On sait que nous sommes gouvernés par des imbéciles. On les choisit pour. On sait que les socialistes en général et les socialistes français ont la vieille habitude de dominer et de massacrer les peuples de l'Orient et de l'Afrique: la guerre d'Algérie, l'expédition de Suez, la fourniture gratuite de la bombe nucléaire et des avions Mirage à Israël, les bombardements au Liban, les interventions au Tchad, au Congo, l'intervention aérienne en Irak contre l'Iran, la guerre et les bombardements sur l'Irak... Lorsqu'on parle de "position équilibrée", "d'intérêts de la France au Moyen-Orient", on entend le maintien d'une position de force, économique sinon militaire, qui est l"héritage des positions coloniales françaises au Proche-Orient, depuis François Ier et Bonaparte. Cette politique impériale, puis impérialiste, a toujours été une catastrophe pour les peuples de la région. La rivalité des impérialismes a mis la région en coupe réglée, sous la garde de régimes totalement pourris.

L'irrépressible besoin des socialistes de se mettre à plat ventre devant tout ce qui pourrait avoir l'air juif est également bien connu et très documenté. Jospin en était à son sixième voyage en Israël, le premier en tant que premier ministre. Il était accueilli par un "travailliste", Barak, un ancien membre des unités d'assassinat infiltrées à Beyrouth dans les années 70. Ces gens-là se déguisaient pour assassiner les chefs palestiniens la nuit, dans leur lit. Jospin mouille quand il serre sur son coeur ce genre de meurtrier. Il est saisi d'enthousiasme. Il s'enflamme pour de si parfaites répliques de l'élite nazie. Il est prêt à tout pour aider ses amis, qui massacrent et torturent tous les jours du Palestinien et du Libanais au Liban. Ces gens-là ont le tort d'être occupés: ils méritent donc les bombes de Barak et les crachats de Jospantin.

Alors ils lui ont caillassé la gueule à Bir Zeit, le puits de l'olivier, le 26 février 2000. Et ce crétin liberticide de Gayssot en a pris plein la gueule aussi. Ils ont bien fait. Merci à nos camarades palestiniens.


La nazisme a duré 12 ans. Le sionisme dure depuis 100 ans. La terreur israélienne dure depuis 52 ans.

Toutes les entreprises totalitaires finissent mal. Les Israéliens doivent évacuer la Palestine et retourner d'où ils viennent. Ceux qui se disent juifs devraient les y aider.

27 février 2000.

[CE TEXTE A ÉTÉ DIFFUSÉ SUR INTERNET EN FÉVRIER 2000]


Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

http://www.stvscnrs.greatnow.com

http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad

http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou

et celui qui a survécu aux bourrasques:

http://abbc.com/totus/cnrs/index.html

A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.

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