Reçu le 13 MARS 1998
23 GI 16 MARS 1998
Gérard PANCZER
Laboratoire de Physico-Chimie des Matériaux Luminescents
UMR 5620 CNRS
Université Lyon 1
69622 Villeurbanne cedex
tel: 04 72 43 16 06
panczer@pcml.univ- lyon1.fr
A l'attention de M. Bruno
PEQUIGNOT
Chargé de Mission Sciences Humaines et Sociales
CNRS
3, rue Michel Ange 75016 PARIS Cedex
Lyon, le 12 mars 1998
Cher Monsieur,
A la demande de M. Olivier Kourchid, membre de la section 40 du Comité national, je me permets de vous faire parvenir un dossier comportant de nombreux documents concernant l'implication de membres du CNRS dans l'activisme négationniste de 1980 à aujourd'hui, et par la même de la notoriété du CNRS. [SIC] Ce dossier est également en la possession de M. Edouard Brézin, président du Conseil d'administration du CNRS et membre du comité ad hoc chargé de statuer sur ce problème. Une version antérieure a été remise à sa demande à M. Durand, président de la section 36 « sociologie » en mars 1997.
Commentaire: on voit que Panczer est parfaitement au courant
des rouages internes du CNRS (auquel il n'appartient pas) qui
sont impliqués dans les enquêtes contre moi. Son
travail est donc déjà "orienté"
vers ce que certains appellent de leur voeux, dans le secret des
couloirs, à savoir mon expulsion.
Je suis membre élu du Comité national, section 19 « Elaboration, caractérisation et modélisation du solide » et c'est en tant qu'enseigniant-chercheur motivé par les travaux du COMETS, Comité d'Ethique pour les Sciences du CNRS que j'ai réuni ces documents.
Commentaire
: le "motivé par les travaux du COMETS," est
un mensonge à l'état pur, destiné à
donner l'illusion de la distance et de l'honnêteté,
alors qu'en rélité il ne fait que recycler des dossiers
de nature quasi policière, accumulé par lui, bien
avant la naissance du COMETS, pour des raisons politiques qui
tiennent sans aucun doute à la défense d'Israël,
pays dont Panczer a la nationalité.
Je suis à votre disposition pour tout complément d'information et vous prie d'agréer, Monsieur, mes bien respectueuses salutations.
[signé] Gérard PANCZER
DOCUMENTS ANNEXÉS À LA LETTRE
1
Quelques commentaires de Serge THION sur des collègues
du CNRS
(AAARGH, 1998)
COMMENTAIRE:
Les textes ci-dessous ne sont pas signés. Ils ne sont pas
de moi.
«François Bédarida, historien français exterminationniste, ancien directeur de l'Institut d'histoire du temps présent du CNRS (président René Rémond). A l'origine, spécialiste des Etats-Unis. Il est en quelque sorte le porte-parole des exterminationnistes quand ils doivent céder du terrain: ainsi dans une brochure distribuée gratuitement à tous les professeurs d'histoire de lycée en 1989, il présente comme licite l'opposition entre une école intentionnaliste (regroupant les historiens qui affirment qu'il y a eu une intention nazie d'exterminer les juifs) et une école fonctionnaliste (regroupant ceux qui pensent qu'il n'y a pas eu d'intention, mais que la fonction, à savoir les conditions d'urgence nées de la guerre a créé la chose). En 1990, dans "Le Crime et l'Histoire", Le Monde, 22 juillet 1990, p. 7), il écrivait: "... un million de morts à Auschwitz [de mai 1940 à janvier 1945]. Un total corroboré par l'ensemble des spécialistes [entendez les exterminationnistes], puisque aujourd'hui ceux-ci s'accordent sur un nombre de victimes oscillant entre 950 000 au minimum et 1,2 million au maximum. Il a aussi publié le livre de Pressac, Les crématoires d'Auschwitz, en 1993. Désormais à la retraite. L'AAARGH vous propose un article qu'il a publié dans le dossier consacré par L'Histoire, en juin 1992, à ce livre de J.C.Pressac, à paraître alors, qui, non content de ne pas dire un mot des chambres â gaz, fixe à la baisse le nombre des "morts d'Auschwitz (autrefois, on s'en souvient quatre millions). »
Déclaration des trente-quatre historiens:
« 1. Première étape: la 21 février
1979, le journal Le Monde publia une "déclaration
d'historiens sur la politique hitlérienne d'extermination".
La rédaction de ce texte est due à Léon Poliakov
et Pierre Vidal-Naquet qui obtinrent la signature de trente-deux
"historiens parmi lesquels des universitaires tels que Philippe
Ariès, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Chaunu, J.-P. Vernant,
Jacques Le Goff, François Furet, Fernand Braudel...
Le texte s'achève par l'inoubliable morceau :"Il ne
faut pas se demander comment techniquement un tel meurtre de masse
a été possible. Il a été possible
techniquement puisqu'il a eu lieu.[...] Il n'y a pas, il ne peut
pas y avoir de débat sur l'existence des chambres à
gaz". Cette affirmation, dont on se demande bien pourquoi
elle n'est pas devenu le bréviaire de toutes les brigades
criminelles du monde, en même temps que celui des historiens,
s'appuyait surtout sur les élucubrations de Gerstein, qui
assure "sous serment" qu'il y avait déjà
plus de dix millions de mort" en août 1942 et qu'il
a vu de ses yeux huit cents personnes entassées dans une
chambre à gaz de vingt-cinq mètres carrés.
Certains lecteurs s'étant émus de l'invraisemblance
du propos, Poliakov et son compère Vidal-Naquet furent
obligés de reconnaître, le 8 mars 1979, qu'ils tiennent
le texte pour "indiscutable sur l'essentiel" donc discutable
pour tout le reste (le départ n'est pas fait entre "l'essentiel
et le reste"). Hilberg a par la suite reconnu que Gerstein
n'était pas une source fiable. Voir les précisions
dans la thèse de Roques sur Gerstein.
2. Deuxième étape: dix ans plus tard, Vidal-Naquet désavoue la déclaration: "Nous avions assurément tort, au moins dans la forme, même si le fond de notre interrogation était juste" (L'histoire, juin 1992). On aimerait savoir quelle était cette "interrogation" dont "le fond était juste". On ne lit ici qu'une affirmation: "[le meurtre de masse] a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu." On imagine fort bien un système où l'individu Vidal-Naquet, qui a mené la campagne qui a amené à l'ostracisme complet du Pr Faurisson, sans
2
parler de ses innombrables condamnations et de la ruine à
laquelle l'ont acculé les organisations juives, serait
tout simplement mis au pilori. Cela s'appellerait la responsabilité.
»
« Toujours du Chevalier de la Légion d'Honneur
Vidal-Naquet, Qui sont les assassins de la mémoire?
C'est une conférence cent fois recyclée depuis 1990.
Où l'on apprend que Vidal-Naquet s'est fait une
expérience, bien tardive, des camps en lisant des romans
de gare, connus depuis longtemps comme des tissus d'invention.
Atterrarit. »
« Dans le domaine de l'ironie mondaine appliquée au révisionnisme, on n'a pas fait mieux que Nadine Fresco en 1980. C'est pourquoi il eût été dommage de priver les amateurs d'exotisme des capricantes réflexions d'une femme qui a beaucoup vécu, en particulier le tournage de Shoah, et que seule sa muflerie a empêché Lanzmann de remercier. Elle se livre à une savante parodie de pilpoul, bukovinien qui, pour n'être pas entièrement volontaire, n'en est pas moins d'un comique irrésistible. Mais il faut convenir que c'est un plaisir réservé aux amateurs éclairés. Voir "Les Redresseurs de morts", paru dans Les Temps Modernes. »
La Vieille taupe, Bulletin n* 4, décembre 1996-janvier
1997:
"[...] Même André Kaspi qui lors d'une
grand-messe similaire, à Bruxelles, il y a quelques années
déjà avait osé déclaré que
l'histoire de la déportation était « complètement
connue de façon satisfaisante par les historiens et qu'il
n'y avait plus rien à y changer », semblait ne pas
entendre. (Et ce Kaspi est prof d'histoire... !!! à
la Sorbonne... !!! et nous annonce une nouvelle génération
d'historiens, dont le travail rigoureux et novateur va permettre
de découvrir enfin ce que tout le monde sait déjà...)
Inutile de préciser que le nom de Jen-Claude Pressac
ne fut pas prononcé, et que le livre Les crématoires
d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse. Publié
aux éditions du CNRS, sous la responsabilité d'un
comité scientifique ad hoc présidé par François
Bédarida, directeur de recherche aux CNRS., secrétaire
générale du Comité international des sciences
historiques (sic, sic et resic !) ne fut
pas évoqué. »
« On en a un exemple ici avec une certaine Valérie Igounet. Dans le cadre de ses études qui sentent le sciencepo à plein nez, voici quelqu'un qui va "faire de l'histoire", c'est- à-dire sagement empiler des citations, soigneusement coupées de leur contexte pour reconstruire une sorte d'image de la nécessité qui aurait amené certains acteurs de la vie publique à tenir tel ou tel propos. Cette reconstruction est délirante parce qu'elle n'a pas de rapport visible avec la vie réelle, celle des temps et des luttes dans lesquels sont pris les personnages de l'histoire. Igounet est un monstre froid qui épluche et catalogue des écrits en ignorant manifestement ce qu'il y a derrière de vie, de mort, de sang, de fièvre et de courses éperdues. Elle s'en fout, elle construit son laïus de façon régulière, sous une forme qui ressemble à l'histoire mais ne serait que l'histoire des idées. Elle fait semblant d'être objective en étant froide mais elle travaille avec des gens de la mouvance du Chevalier Blanc de la Légion d'Honneur.
Ceux qui se servent de tout ça pour construire des petites carrières universitaires pépères nous dégoûtent un peu. Mais c'est probablement inévitable. Garçons, méfiez-vous des Igounet. Voyez "Révisionnisme" et négationnisme au sein de l'extrême droit française. »
3
« Germaine Tillion, déportée professionnelle, (chargée de recherche au CNRS, section déportation"), excitée qui accrédite les thèses exterminationnistes sans jamais avoir le moins du monde contribué à leur défense objective, après avoir dénoncé une bonne partie des témoignages sur les chambres à gaz comme fallacieux, elle en a défendu d'autres sans aucun fondement; elle s'est elle-même rendue coupable, avec A.Postel-Vinay et MJ.
Chombart de Lauwe, d'un faux témoignage réitéré sur la "chambre à gaz" de Ravensbrück qui, comme Broszat a fini par l'admettre - n'avait jamais eu un commencement d'existence.
Elle s'est violemment opposée à O.Wormser-Migot qui la traite d'"hallucinée". Voir l'analyse que lui consacre le Pr Faurisson dans Mémoire en défense. Elle eut en outre, l'audace de présider de l'ASSAG, qui n'a jamais, et pour cause, trouvé le moindre commencement de preuve de la matérialité de "gazages homicides". Jouit, en raison de toutes ces qualités intellectuelles, d'un grand prestige dans la presse française. »
Pierre-André Taguieff, Politologue au CNRS, socialiste,
qui a adopté vers 1990 une attitude très critique
envers l'idéologie antiraciste et antirévisionniste,
ce qui lui a valu bien des ennuis avec son milieu d'origine Il
a publié, outre un ouvrage sur l'antiracisme, une étude
portant sur l'extrême droite française (1995). En
mai 1997, il a été inscrit sur une liste d'une quinzaine
d'auteurs (Fumaroli, Decaux, Chalandon, etc.) mis à l'index
par la documentaliste d'un collège de banlieue pour cause
de déviation de pensée par rapport à la vérité
révélée de l'antiracisme, le recours intenté
par ces auteurs a donné lieu à un jugement surprenant:
une telle liste est parfaitement légale et ne constitue
pas un préjudice pour ceux qui y figurent. Le Temps irréparable
a rendu compte de l'affaire. »
COMMENTAIRE: Les
textes ci-dessous ne sont pas signés. Ils ne sont pas de
moi.
AAARGiH
Pierre Vidal-Naquet est un minable. Dans un pays où
le recrutement des universitaires se fait uniquement par cooptation,
on ne s'étonnera pas, à ce titre, de le trouver
"directeur d'étude" dans une institution ad hoc.
Jamais il ne travaille dans son domaine, la Grèce ancienne.
Jamais il ne collabore à la recherche historique, sa discipline
nominale. Il est trop occupé à étouffer l'histoire
pour soigner la "mémoire", c'est-à-dire
le rançonnement de tout ce qui bouge par ses compères
des associations. Jamais, en vingt ans de "lutte"
contre le révisionnisme, il n'a produit une ligne de travail
historique. Jamais qui que ce soit n'a pu exiger de lui qu'il
fournisse un commencement de preuve de la moindre de ses affirmations.
Qu'on en juge:
En 1982, quand les tribunaux commencèrent à saluer
le travail du Pr Faurisson, il fonda l'ASSAG, une association
qui devait fournir des "éléments de preuve"
de l'existence des chambres à gaz. Puis, en 1990, quand
il fut clair que l'ASSAG, en huit ans d'existence, n'avait pas
trouvé le moindre commencement de début de preuve,
il assista, impavide, au vote d'une loi d'exception interdisant
la recherche historique (loi Fabius-Gayssot du 13 juillet
1990) dans les domaines qui lui déplaisent.
Qu'il suffise de dire qu'il a fait signer par trente-quatre historiens
une "déclaration" qui se terminait par la phrase
"Il ne faut pas se demander comment, techniquement,
un tel meurtre de masse a été possible. Il a été
possible techniquement puisqu'il a eu lieu. [...] Il n'y a pas,
il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des chambres
à gaz". (Le Monde, 21 février
1979). Cette déclaration a marqué le lancement d'une
campagne inouïe de persécution systématique
des historiens révisionnistes. Elle a amené des
poursuites judiciaires, puis le vote de la loi d'exception Fabius-Gayssot.
Pour finir, citons simplement la phrase par laquelle Vidal-Naquef
désavoue sans vergogne sa déclaration de 1979: "'Nous
avions assurément tort, au moins dans la forme, même
si le fond de notre interrogation était juste" (L'histoire,
juin 1992)
(l'AAARGH vous propose le texte de L'Histoire et les commentaires
du Pr Faurisson sur cette reculade). On peut se demander, à
juste titre, comment une affirmation ("il ne peut pas y avoir
de débat") se
transforme en "interrogation juste". Si vous vous le
demandez, vous tombez sûrement sous le coup de la loi Fabius-Gayssot.
Vous, pas Vidal-Naquet.
On trouvera, dans ce tiroir, des réfutations de celui à
qui sa lutte contre le révisionnisme a valu une inespérée
Légion d'honneur. Il se prend, comme tout l'establishment
exterminationniste, pour le maître de vérité
ultime et expose candidement l'inexistence de l'équipe
comme école historique dans un entretien accordé
à Zéro, en 1981, et que le Pr Faurisson,
rapporte, rapproche d'autres entretiens avec d'autres exterminationnistes
et commente.
10/03/98 14
[Date présumée du tirage de ce document à
partir d'Internet]
COMMENTAIRE:
le texte ci-dessous est signé de moi. Il est probablement
de moi, mais je n'ai pas vérifié si cette version
correspond à ce qui a été publié sur
papier en 1993. Il n'est pas inutile de rappeler que les délits
de presse se prescrivent par trois mois. M. Panczer arrive
donc avec cinq ans de retard.
AAARGH
[Nous ne reproduisons pas ici ce fragment de chapitre qui est
un long échange de correspondances entre Pierre Vidal-Naquet
et Serge Thion en 1979-80.]
Le document se termine par
L'adresse électronique de ce document est:
http://www.abbc.com/aaargh/fran/histo/STasb3.1.html.html
[Imprimé le 10/03/98]
COMMENTAIRE: Les
textes ci-dessous ne sont pas signés. Ils ne sont pas de
moi.
[Ensuite copie sur quatre page d'un fichier intitulé "Opinion
de Vidal-Naquet sur Thion et réciproque, apparemment daté
de novembre 1997 et imprimé le 10 mars 1998 par Panczer.]
===================
AAARGH
Le Monde, 4 mai 1996
(Commentaires majuscules de Clisthère l'Athénien.)
COMMENTAIRE:
Les textes ci-dessous ne sont pas signés. Ils ne sont pas
de moi. Panczer rajoute à la main: "THION", ce
qui est un procédé enfantin.
L'historien Pierre Vidal-Naquet a été
l'un des premiers à considérer que, face aux
thèses des négationnistes, exposées à
la fin des années 70, il convenait, sans débattre
avec eux, d'allumer des contre~feux. Tel est l'objectif assigné
aux Assassins de la mémoire (éditions La Découverte,
1987), recueil d'articles sur la question de la négation
de la Shoah. Né en 1930, Pierre Vidal-Naquet est, depuis
1969, directeur d'études à l'École des hautes
études en sciences sociales et dirige le laboratoire Centre
Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés
anciennes. Ce spécialiste de la Grèce ancienne a
été très engagé dans la lutte contre
la torture à l'époque de la guerre d'Algérie.
Il a publié l'année dernière, en co - édition
au Seuil et à La Découverte, le tome 1 de ses Mémoires
(La Brisure et l'Attente). Son dernier livre s'appelle
Réflexions sur le génocide, publiée
à La Découverte en 1995.
Comment analysez-vous la situation du négationnisme
aujourd'hui, après les déclarations de l'Abbé
Pierre soutenant Roger Garaudy ?
Un mot d'abord, sur Roger Garaudy. Voilà un homme, agrégé
de philosophie, qui s'est converti de facon multiple, d'abord
au protestantisme, puis au communisme puis au catholicisme, puis
à l'islam. Ce n'est donc pas exactement un exemple de stabilité
intellectuelle. Deuxièmement, il a toujours travaillé
d'une façon extraordinairement légère. Pour
oser soutenir une thèse sur "La liberté à
l'université de Moscou, sous Staline", faut quand
même avoir une sacrée dose ! En fait, Roger Garaudy
ne travaille pas, n'a jamais travaillé. Son livre Les Sources
francaises du socialisme scientifique est un pillage d'autres
travaux. Il a toujours été ce qu'on appellera en
termes modérés un emprunteur de textes.
Dans cet ouvrage négationniste, on lit des choses incroyables. Il confond, par exemple, Roosevelt et Eisenhower. Il cite les Diaries de Herzl et, dans la même page, le Tagebuch, c'est-à-dire le même livre, mais une édition anglaise dans un cas, une édition allemande dans l'autre!
Il confond le procès Eichmann, en 1961, et le procès
Kastner, qui date de 1953... Il confond le nombre de morts d'Auschwitz
et le nombre de morts de la Shoah.
C'est un livre accablant, fait de contresens historiques effrayants.
Pas un mot dans le livre sur ce fait capital : la sélection
des déportés sur la rampe d'Auschwitz.
Malgré tout, voyez-vous une cohérence dans son
itinéraire intellectuel ?
Une cohérence dans l'incohérence, oui. Il a
toujours été un spécialiste du n'importe
quoi!
Au-delà du livre de M. Garaudy, que pensez-vous de cette
nouvelle éruption de négationnisme qui, après
Robert Faurisson à la fin des années 70, continue
malgré tout?
C'est le problème de la secte, que Weber opposait avec
raison à l'Eglise. Nous avons là une secte pratiquement
religieuse.
Et, justement Roger Garaudy est un esprit religieux. Cest sa seule
constante: il est profondément religieux dans son adhésion
au marxisme comme à l'islam. Les sectes religieuses ne
disparaissent pas comme ca. Les révisionnistes et négationnistes
francais existent depuis les années 50. Ils ont une spécificité,
qui les distingue des Italiens ou des Américains : leur
filiation n'est pas d'extrême droite. Leur public, ceux
qui les entendent et les suivent est celui de Le Pen, pour appeler
les choses par leur nom. Mais les intellectuels qui fournissent
à ce public des denrées viennent en fait de l'ultra-gauche.
Rassinier, cet ancien député socialiste devenu père
du révisonnisme, a fait, dans les années 50, le
pont entre l'extrême droite et l'ultra-gauche.
L'écho que donne l'abbé Pierre à ces thèses
n'en fait-il pas autre chose qu'un phénomène
de secte ?
Bien sûr, l'effet de masse est certain. Mais cela est vrai
depuis le "détail" de Le Pen. Dans la mesure
où un parti comme le Front national réunit 15 %
des électeurs et reprend sotto voce ces thèses,
il est évident que ce n'est plus de l'ordre de la secte.
Le groupe des révisionnistes proprement dit reste exactement
le même. Mais l'écho est différent. Que l'abbé
Pierre s'acoquine avec ces gens-là est absolument lamentable.
Certains ont vu dans cette prise de position la résurgence
d'un vieux fond antijuif de la culture catholique.
Il faut distinguer les choses. Que l'Eglise soit contre le judaisme
religieux, c'est tout à fait normal. Ce qui grave dans
le texte de l'abbé Pierre, c'est quand il parle de la Shoah
de Josué. C'est abominable. Bien entendu, les textes sur
Josué sont effrayants, mais ce sont des textes qui sont
absolument courants dans la littérature de l'époque.
Si vous prenez inversement la stèle de Mesha, roi de Moab,
qui est au Louvre, vous avez les mêmes appels à l'extermination
du voisin... On est dans cet univers là. Alors parler de
Shoah à ce sujet est extrêmement grave.
Cette faiblesse atelle laissé le champ libre aux négationnistes
?
Sans le moindre doute. Encore qu'en Allemagne ou aux États-unis,
où il n'y a pas cette faiblesse de l'historiographie, le
négationnisme a prospéré. Mais en France,
il a pu plus aisément se développer.
A - t - il une plus grande audience aujourd'hui ?
Intellectuellement non, c'est mort. Mais, politiquement et
socialement, grâce au relais que donnent à ce genre
de théories aussi bien Le Pen que l'abbé Pierre,
c'est effectivement en poussée. Cela traduit peut-être
une sorte d'inconscient de la société francaise.
N'y a-t-il pas dans notre société une vieille tradition
qui empêche de mesurer la profondeur de cette histoire ?
Je crains que la prise de position de l'abbé Pierre ouvre
les vannes d'une poussée antisémite.
La demande de l'abbé Pierre d'un colloque d'historiens
ne risque-t-elle pas d'introduire le négationnisme dans
le débat public ?
Bien sûr, et cela, je le refuse de la façon la
plus absolue. Le jour où l'on accepte un de ces messieurs
dans un débat public à la télévision
ou dans un colloque d'historiens, ils ont gagné la partie,
ils sont considérés comme une école. Il faut
le leur refuser impitoyablement.
(DANS LA SERIE, DES AVEUX, VOICI LE PLUS BEAU ET LE PLUS GROS:
"LE JOUR OU L'ON ACCEPTE UN DE CES MESSIEURS DANS UN DEBAT
PUBLIC A LA TELEVISION OU DANS UN COLLOQUE D'HISTORIENS, ILS ONT
GAGNE LA PARTIE."
Etes - vous favorable à la loi Gayssot, qui permet de
condamner des personnes pour " négation de crimes
contre l'humanité"?
J'ai toujours été absolument contre cette loi,
avec d'ailleurs la grande majorité des historiens. Elle
risque de nous ramener aux vérités d'État
et de transformer des zéros intellectuels en martyrs.
L'expérience soviétique a montré où
menaient les vérités d'État. La loi de 1972
contre le racisme suffit amplement.
Propos recueillis par Francois Bonnet et Nicolas Weill
COMMENTAIRE FINAL: Les textes ci-dessus ne sont pas signés,
sauf un. Ils ne sont pas de moi, sauf un. Celui qui semble être
de ma plume a été publié dans un livre, en
1993, consultable à la Bibliothèque nationale. Il
s'agit, fort banalement, d'un échange de lettres entre
Pierre Vidal-Naquet, qui n'est pas membre du CNRS, et moi-même.
CONCLUSION: le "dossier" de Panczer est vide.
Et quand il n'est pas vide, il enfonce des portes ouvertes. Mais
il faut le voir comme une pièce dans un ensemble.
Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
http://www.stvscnrs.greatnow.com
http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad
http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou
et celui qui a survécu aux bourrasques:
http://abbc.com/totus/cnrs/index.html
A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.
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