En décembre 1997, B. Wittman avait introduit une requête en justice contre Didier Daeninckx qui s'en était pris, entre autres et en termes diffamatoires, aux autonomistes de Rot un Wiss et de l'UPA. Daeninckx: un "flic stalinien" pour Marianne, (1) un spécialiste de "l'amalgame aberrant" pour Gilles Perrault. Plusieurs journaux dont Libé, (2) Marianne et Le Canard Enchaîné (3) ont évoqué sa prose incendiaire qui fut unanimement condamnée par la grande presse de gauche comme de droiteà l'exception notable des Dernières Nouvelles d'Alsace, autonomistophobie oblige.
Suite à une succession d'errements du premier juge, le jugement en première instance avait été défavorable à B. Wittman. Les Dernières Nouvelles d'Alsace, avec ce jugement, pensaient tenir là l'occasion rêvée pour se farcir un autonomiste. Marie-Thérèse Fuchs rédigea un commentaire assassin bourré d'erreurs. (Dernières Nouvelles d'Alsace, 18.10.98) pour tailler à B. Wittman un méchant profil de pangermaniste-casque-à-pointe sans même vérifier l'exactitude des faits énoncés. Les Dernières Nouvelles d'Alsace mettront ensuite neuf mois pour publier un droit de réponse "allégé"). Il ne restait plus qu'à aller en appel.
Le 15.2.2001 la Cour d'appel a "gommé" le jugement de première instance:
L'arrêt de la Cour d'appel de Papeete, a été prononcé le 15.2.2001. Le jugement de première instance s'y trouve annulé dans toutes ses dispositions (Daeninckx ne pourra donc désormais plus se prévaloir d'une condamnation de B. Wittmann).
B. Wittman est certes débouté de sa plainte mais... pour vice de forme: "le rejet des prétentions de M. Wittmann résulte d'une erreur de procédure" précise la Cour qui a estimé que la citation rédigée par l'avocat de B. Wittman n'était pas conforme à l'article 53 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881. Mais, fait exceptionnel en la matière et d'importance capitale, dans son arrêt, la Cour d'appel a expressément invoqué "l'équité" pour motiver sa décision de débouter D. Daeninckx de ses demandes, ce qui revient implicitement à blanchir B. Wittman des accusations que Daeninckx a portées contre lui;
Dans cette logique, le juge d'appel n'a
donc donné droit à aucunes des nombreuses requêtes
de Daeninckx (publication de l'arrêt dans 3 journaux,
2 x 50.000FF réclamés au titre des dommages et intérêts
pour procédure abusive, 20.000FF réclamés
en vertu de l'article 700 du nouveau code de procédure
civil, etc.) De plus, M. Daeninckx devra payer ses deux avocats
de sa poche.
Une "sortie soft" de la justice française :
La Cour d'appel semble avoir trouvé cette sortie soft pour mettre un terme à son embarras. En effet, il lui aurait été tout de même difficile, voire impossible, de prononcer un arrêt qui aurait été défavorable à B. Wittman sur le fond. Pourquoi? Simplement parce que Daeninckx, en 3 ans de procédure, n'a pas été en mesure de citer la moindre ligne, la moindre déclaration dont B. Wittman aurait été l'auteur. Cette découverte fort opportune d'un vice de forme évitait à la Cour de donner formellement raison sur le fond à B. Wittman et de condamner son adversaire, ce que, en bonne justice, elle aurait été contrainte de faire. De même, le juge d'appel échappait ainsi à la pénible démarche, dans le microcosme judiciaire tahitien, de dédire trop ostensiblement son collègue d'instance.
Le juge de première instance a fondé son jugement sur un article (interview) inexistant dans Rot un Wiss, s'est prononcé sur des choses non demandées, ne s'est, par contre, pas prononcé sur un des chefs de la demande, s'est trompé sur la validité de la citation. A la diffamation de l'adversaire il ajouta un jugement diffamatoire. Plainte a été déposée devant le tribunal administratif.
6.3.2001
(1) In Marianne n·140 du 27.12 au 2.1.2000
(2) Luc Le Vaillant in Libération 14.3.1997
(3) Le Canard Enchaîné 31.12.1997.
Vers le mois de mars 2001 Daeninckx s'est trouvé obligé, après mise en demeure et signification par huissier, de retirer de son journal <amnistia.net> les pages qu'il avait consacrées au jugement de première instance . Malgré quelques tentatives de procrastination aux éditions Verdier, qui semblent héberger ces choses, toutes les pages litigieuses ont disparues du net.
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Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
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