CECI EST UNE PAGE "UNE AFFAIRE DIDIER DAENINCKX" DANS LE DOSSIER "CAMPAGNE DE HAINE" DU SITE

"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 10 07 01

Serge Quadruppani a écrit :
(<serge.quadruppani@free.fr>)


A propos d'un malfaisant délirant



A la suite d'une demande d'éclaircissements d'un abonné d'infozone (que je salue amicalement au passage), je lui ai envoyé ce qui suit. Comme il me dit que cela pourrait intéresser d'autres personnes, je l'envois sur la liste, dans une version passablement augmentée.
Je tiens à dire que je suis conscient du caractère dérisoire de ces polémiques, à l'heure où l'Algérie est au bord de la guerre civile, où les populations palestiniennes subissent le talon de fer du colonialisme, où se prépare une confrontation à Gênes qui pourrait prendre des proportions inédites.

Beaucoup d'encre a déjà coulé, bien des livres ont été publiés sur ce que tu appelles un "différend" et que nous appelons une campagne de calomnies tous azimuts. Daeninckx tient absolument à "démontrer" que je suis négationniste malgré dix écrits qui montrent exactement le contraire (voir notamment ma contribution dans "libertaires et ultra-gauche contre le négationnisme", Ed. Réflex), il tient à "prouver" que Perrault, fondateur de Ras l'Front, ennemi historique de la DST (voir "Un homme à part", son livre sur Curiel) est un négationniste secret manipulé par la DST, il répand des infamies sur Jonquet, auteur des "Orpailleurs", il suggère que Hervé Delouche, militant de Réflex et journaliste d'extrême-gauche connu de cent personnes a trempé dans l'assassinat de Dulcie September (et il faut voir avec quels délirants arguments!), il a obtenu que quelqu'un d'aussi insoupçonnable que Guy Dardel, président de Fréquences Paris Plurielles soit étiqueté par certains comme "négationniste", il tient à salir des gens comme nous dont la pratique a toujours été à ciel ouvert et à l'exact opposé de ce qu'il raconte, il tient à raconter tant d'énormes calembraines que la seule question réelle qui se pose est: comment des gens sensés peuvent-ils encore accorder du crédit à cet inquisiteur paranoïaque?
Son succès reposerait-il sur une tendance lourde en milieu militant, ce que j'appelle le complotisme et l'"esprit du soupçon"? Je te joins un texte là-dessus, que j'ai publié dans No Pasaran, la revue nazie bien connue. (attention, là, c'est du deuxième degré, si tu étais Daeninckx, tu dirais que j'avoue que No Pasaran est nazi)
Heureux es-tu d'ignorer l'existence de ce clapotis fangeux qui emputantit l'atmosphère en milieu polar et à l'extrême-gauche depuis plusieurs années. On prépare un dossier noir de la calomnie dont la parution sera signalé en temps utile.
Quand il écrivait "Meurtre pour mémoire", Daeninckx faisait oeuvre utile. Aujourd'hui, utilisant son aura d'auteur de gauche, il ne fait plus que semer la confusion dans les milieux militants et leur faire perdre beaucoup trop de temps avec ses conneries. Comme je ne suis pas complotiste, je ne pose pas la question: "pour qui roule-t-il?", il est trop évident que mille boutiques l'utilisent tour à tour pour règler leurs querelles de boutiques:
Daeninckx a sa propre logique, qui sert toutes les logiques destructrices des luttes et des combats authentiques.

L'esprit du soupçon


Péché mignon des politicards groupusculaires passionnés par leurs affrontements de tendance et des antinazis de salon qui luttent farouchement d'écrans de télés en pétitions, l'esprit du soupçon n'était déjà que trop répandu sous nos latitudes. On sait qu'avec un certain romancier policier, chef de la bande des nainckx de jardin de l'antifascisme, cet esprit a été porté à des sommets de paranaoïa inégalés. Cet antifascisme-là a pris la figure de ce qu'il prétend combattre. Sans se laisser obnubiler par l'odieux pittoresque d'un cinglé et des petits arrivistes qui le poussent, il faut voir en eux le symptôme d'une tendance beaucoup trop répandue, y compris dans des courants étrangers à la tradition stalinienne. Elle repose pourtant sur des procédés d'une étonnante grossièreté. On exhume du passé d'auteurs ou de militants des écrits ou des pratiques sans prendre la peine de les resituer ni dans le contexte de l'époque, ni dans la continuité d'une évolution autocritique. On les choisit uniquement en fonction de l'effet de scandale que ces mots ou ces actes peuvent provoquer aujourd'hui. Sans tenir compte de ce que font ou disent aujourd'hui ces personnes, on les stigmatise, on cherche à les marquer à vie, et on tente de les empêcher de paraître, d'écrire ou de militer. L'anachronisme sert la plus basse chasse aux sorcières, les règlements de compte personnels, la concurrence littéraire et universitaire sauvage. Une conception virale du fascisme et une vision policière de l'histoire servent des stratégies personnelles en même temps qu'une instrumentalisation politicienne de la lutte antifasciste et antinégationniste. Des gens qui ont pour principale compétence leur capacité à mobiliser des médias font comme s'ils étaient les premiers à découvrir tout à coup des histoires militantes ou des écrits déjà connus, analysés et critiqués par des auteurs qui ont pris la peine de comprendre l'histoire des courants mis en cause. Chez les nouveaux inquisiteurs débusqueurs de fascistes secrets, la faiblesse du savoir s'allie au simplisme du raisonnement : il suffit d'avoir approché tel ou tel, catalogué d'" extrême-droite " pour qu'on soit aussitôt réputé contaminé, et à jamais. Car c'est la particularité de cette conception que de postuler une sorte d'essence éternelle de l'extrême-droite. Quand bien même un individu aurait été sur des positions d'extrême-droite un jour, le droit de changer devrait lui être reconnu, comme il l'est aujourd'hui si largement accordé aux anciens staliniens et maoïstes qui ont eux, soutenu des assassins et des tortionnaires en activité. A plus forte raison est-il intolérable qu'on se livre à des contorsions pour bricoler des apparences d'accointances passées entre les négationnistes et des gens qui, à l'ultra-gauche, quelles qu'aient été les faiblesses de leur critique, furent les premiers à déclarer publiquement Faurisson "indéfendable" et son argumentation antisémite. De même est-il effarant qu'aient pu trouver un écho les attaques daeninxienne contre Gilles Perrault, dont l'engagement antifasciste et antiraciste, depuis tant d'années, n'est pas discutable. Quant aux hyrperadicaux qui croient malin de renvoyer Daeninckx et Perrault dos à dos, sous prétexte qu'ils appartiendraient à la même famille politique, en refusant ainsi de distinguer dans cette affaire entre le menteur et celui qui dit la vérité, en refusant de dénoncer un procès réellement stalinien sous prétexte qu'une de ses victimes le serait fantasmatiquement, en soutenant de leur neutralité les micro-Béria du polar, ils ne voient pas qu'ils laissent prospérer aujourd'hui des procédés dont ils pourront être victimes demain. De telles entreprises ne peuvent reposer que sur une conception policière de l'histoire, qui voit des complots partout et postule que l'on puisse poursuivre de ténébreux projets à l'opposé d'engagements parfaitement clairs et durables. Le caractère paranoïaque de cette vision ne devrait échapper à personne : il parvient toutefois à séduire des esprits affamés d'explications simples et sensationnelles. Ainsi assiste-t-on à l'extension immodérée et sans rigueur de l'étiquette " révisionniste " ou " négationniste ", utilisée pour disqualifier des adversaires politiques, sur le modèle des staliniens des années 50 qui distribuaient le qualificatif " fasciste " sur leur droite comme sur leur gauche. Ce qui ne peut qu'entraver la lutte contre le négationnisme réel, visage moderne de l'antisémitisme. L'esprit du soupçon sert d'ersatz aussi bien à l'analyse réelle qu'à la lutte de terrain, l'une et l'autre longues, difficiles et peu spectaculaires. Faute de faire reculer réellement le racisme, le national-populisme, la folie sécuritaire, on traquera le fantasme du fascisme. Faute de comprendre la barbarie d'aujourd'hui, on évoquera sur le seul mode incantatoire le fantôme des barbaries passées. En méconnaissant totalement les conditions sociales réelles de l'éclosion et de l'essor du fascisme, l'esprit du soupçon ne rend pas seulement impuissant face à la barbarie : il trahit des similitudes troublantes avec les idéologies totalitaires. Il ne peut qu'en faciliter l'essor.

I N F O Z O N E

s a m i z d a t . n e t
administration : bureaucratie@samizdat.net
message sur la liste : infozone_l@samizdat.net
(envois de messages restreints aux seuls abonnes)
http://listes.samizdat.net/wws/info/infozone_l

DISCLAIMER: Ce texte m'est est parvenu le 28 juin 2001. Je le suppose écrit par Quadruppani, qui en est donc en principe le responsable. Je le donne ici à titre purement informatif.


Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

http://www.stvscnrs.greatnow.com

http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad

http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou

et celui qui a survécu aux bourrasques:

http://abbc.com/totus/cnrs/index.html

A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

[ Retour à l'accueil ] [ Retour à la page "dossier CNRS" ] [Campagne de haine]

[ Cabales ] [ Qui est Serge Thion? ] [Une affaire Didier Daeninckx]