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Il ne sera pas répondu point par point à ce tissu
de bêtises et de mensonges. S.T.
Le
négationniste habite au CNRS
Serge Thion, la taupe antisémite
par Didier Daeninckx
Paris, jeudi 13 avril 2000
Le 17 juin 1999, le syndicat Force Ouvrière des chercheurs du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) demande aux électeurs de ne pas voter pour la liste qu'il présente à la commission paritaire! On vient de s'apercevoir qu'un des candidats, Serge Thion, est un des plus actifs militants négationnistes français. Si la démarche du syndicat est louable, on peut s'étonner du retard mis à prendre conscience de l'activité principale de Serge Thion depuis vingt ans et cela au coeur même de la recherche: la propagande négationniste, la réhabilitation de l'antisémitisme.
Né en 1942, Serge Thion est d'abord connu pour ses travaux de sociologie et d'analyse politique sur l'Afrique (Le pouvoir pâle ou le racisme sud-africain, Le Seuil 1969) le sud-est asiatique (Des courtisans aux partisans, Gallimard 1971).
Dès qu'éclate l'affaire Faurisson, avec la parution d'un article dans Le Monde en décembre 1979, il fait partie de cette frange de l'ultra-gauche déjantée qui, autour de La Vieille Taupe, décide de soutenir le professeur de littérature lyonnais. Dans les mois qui suivent, il publie un livre "Vérité historique, vérité politique" et se porte en justice aux côtés de Faurisson en mettant en avant sa qualité de chercheur au CNRS. Dans la foulée, les éditions Edern Hallier lui offrent une tribune, "Khmers Rouges", un ouvrage dans lequel il nie, au temps présent cette fois, le génocide commis par les troupes de Pol Pot. Ergotant sur les chiffres, malmenant la démographie, il conclut concernant le génocide:
"Le mythe est lancé, rien sans doute ne l'arrêtera. on en connaît d'autres exemples qui ont aussi la vie dure. Si les mots ont un sens, il n'y a certainement pas eu de génocide au Cambodge".
En 1980, il parvient à faire passer un article dans Les Temps Modernes (n°404), s'attirant cette pique de Jean-Paul Sartre:
"Nous avons appris que Thion défendait les thèses du sinistre Faurisson qui nie, on le sait, la réalité de l'extermination et l'existence des chambres à gaz. Ceci nous amène évidemment à demander à nos lecteurs d'accueillir avec réserves les informations communiquées par Thion sur l'Indochine".
C'est Serge Thion qui négocie avec Noam Chomsky, autre négateur du génocide khmer rouge, une préface du linguiste américain au "Mémoire en défense contre ceux qui m'accusent de falsifier l'histoire" de Robert Faurisson publié par la Vieille Taupe. Il se déplace aux États-Unis pour interwiever Chomsky, en compagnie de Pierre Guillaume. Le voyage à Boston, en juin 1981, de ceux qui se présentent encore comme d'intransigeants révolutionnaires sera financé par le patron du Figaro-Magazine, Louis Pauwels, qui accueille à cette époque tous les seconds couteaux de la Nouvelle Droite dans les colonnes de son hebdomadaire.
En 1985, Serge Thion, de retour d'un autre voyage, en Éthiopie, travaille avec le néo-nazi pédophile Michel Caignet (voir l'enquête "Négation des camps et promotion de la pédophilie") à la mise au point de la traduction d'un classique du négationnisme, "Le Mythe d'Auschwitz" de Wilhelm Stäglich pour le compte de la Vieille Taupe. Il ne se passe plus un an sans que Thion ne relance les thèses des négateurs. Articles dans "Les Annales d'histoire révisionniste", création d'une revue, "Maintenant le communisme" où Serge Thion figure en compagnie d'un militant bordelais d'extrême-droite, Jean-Christophe Alexandridis, responsable d'une revue néo-nazie Le Tonnerre et de Perspectives euro-arabes qui soutient Saddam Hussein. Serge Thion publie ensuite la "Gazette du Golfe et des banlieues" au moment du conflit avec l'Irak. La guerre contre Saddam Hussein le verra créer un comité de soutien à un vieil ami de Normandie, Gilles Perrault, qui vient d'appeler les soldats français à la "désertion" et "au sabotage de la machine de guerre".
Dès les débuts d'Internet, Serge Thion utilise le réseau mondial pour diffuser la propagande négationniste. Tout d'abord à l'aide d'un bulletin photocopié "Global Patelin", rédigé en piochant dans les sites américains. Cette lettre est directement liée au CNRS puisque l'adresse pour la correspondance est celle attribuée à Serge Thion: "thion@msh-paris.fr" (voir aussi l'article "L'internationale négationniste sur le Net").
Aucune réaction de l'institution, alors qu'on ne compte déjà plus, à ce moment, le nombre de salariés sanctionnés par leur employeur pour avoir utilisé le matériel informatique de l'entreprise à des fins privées. En 1996, probablement encouragé par cette impunité, le chercheur passe à une phase supérieure: la fourniture de nombreux textes au site Aaargh, un cri de bande dessinée dont les initiales, là, signifient "Association des anciens amateurs de récits de guerre et d'holocauste". Le site est hébergé par le fondamentaliste marocain Ahmed Rami, de Radio Islam, et pour tenter d'échapper aux lois françaises, ils émettent depuis un serveur américain d'Atlanta (Georgie). Cette base de données véritablement nazie propose pêle-mêle "Les Protocoles des Sages de Sion", les archives Thion, celles de Faurisson, de Pierre Guillaume, de Roger Garaudy, les textes interdits de Céline, ainsi que de véritables appels au meurtre comme celui qui visait le secrétaire national du Mrap, Mouloud Aounit, traité de "marionnette juive" à laquelle on promettait le sort des moutons, à l'Aïd!
Le 17 septembre 1998, les membres de la commission des droits de l'Homme et Questions Éthiques du laboratoire de Physique se réunissaient pour protester contre la diffusion, à l'adresse personnelle de 39 chercheurs de l'Académie des Sciences, de tracts figurant par la suite sur le site Aaargh de Serge Thion. Ils attiraient l'attention du Comité d'Éthique du Cnrs sur l'activisme négationniste de ce chercheur en sociologie et soulignaient l'utilisation des moyens de l'institution pour diffuser ses thèses.
Dix-huit mois plus tard, le 27 février 2000, Serge Thion se félicitait en ces termes de voir le premier ministre, Lionel Jospin, agressé par des jets de pierres lors de son voyage au Moyen-Orient:
"L'irrépressible besoin des socialistes de se mettre à plat ventre devant tout ce qui pourrait avoir l'air juif..." et parlait ainsi du premier ministre israélien Ehud Barak: "Il (Jospin) s'enflamme pour de si parfaites répliques de l'élite nazie".
Cela fait donc vingt longues années que ceux qui ont en charge la recherche française tolèrent l'expression du racisme le plus violent, la publicité insistante des assassins de la mémoire, qu'ils acceptent, par leur silence, que les moyens mis à disposition par la République soient détournés de leur usage, que les titres de "chercheur au Cnrs" servent à impressionner les juges lors des procès, les lecteurs qui font confiance à ce sigle quand ils le voient au bas d'un article, d'une pétition.
Les protections dont bénéficie Serge Thion n'ont que trop duré!
L'assassin de la mémoire
doit quitter le Cnrs.
Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
http://www.stvscnrs.greatnow.com
http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad
http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou
et celui qui a survécu aux bourrasques:
http://abbc.com/totus/cnrs/index.html
A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.
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