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"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 02 11 00


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Il ne sera pas répondu point par point à ce tissu de bêtises et de mensonges. S.T.

La direction du CNRS était au courant depuis 18 ans de la présence de chercheurs négationnistes

 

Par Enrico Porsia

Paris, mardi 6 juin 2000

 

"Je ne me suis jamais présenté comme un fils de la Shoah mais cette histoire a réactivé tout le passé". Sami Dassa, sociologue, chercheur au CNRS, a les larmes aux yeux quand il raconte. "En 1982 j'ai appris que Gabor Rittersporn, un attaché de recherche au CNRS à la section d'histoire qui s'était porté en justice, au même moment, aux côtés du négationniste Robert Faurisson, avait demandé d'intégrer notre section de sociologie. Recommandé par le professeur Hélène Carrère d'Encausse, aujourd'hui membre de l'Académie Française, son transfert avait été voté à la quasi-unanimité par la commission de sociologie du CNRS. J'ai réagi immédiatement en alertant le directeur général. Dans ma lettre j'attirais son attention sur le fait que Gabor Rittersporn était connu comme l'un des co-responsables de la publication du livre de Serge Thion "Vérité historique ou vérité politique?". Je ne pouvais pas accepter l'idée que l'équipe de sociologues du CNRS puisse se faire complice des thèses néo-nazies de Faurisson en intégrant dans notre unité de recherche un de ceux qui avaient soutenu ce négationniste. A l'époque, je ne réclamais même pas de sanctions à son égard. Je croyais simplement que notre communauté scientifique se serait honorée à ne pas accueillir les falsificateurs de l'histoire à bras grands ouverts. Je ne pouvais pas accepter l'idée que l'on puisse refuser la réalité de leur mort à mes parents, déportés de France et tués dans le camp d'extermination d'Auschwitz en 1942, après qu'on leur ait refusé le droit de vivre. J'ai envoyé ma lettre le 24 mai 1982. A ce jour, je n'ai toujours pas eu de réponse. Je pensais néanmoins être soutenu par mon syndicat, le Sgen-Cfdt. Mais j'ai vite compris que je ne pouvais compter sur aucune institution: mon syndicat était plus préoccupé de sauver la place d'un collègue, malgré son soutien au négationniste Faurisson, plutôt que d'avoir le courage de s'opposer à des thèses inadmissibles."

Quelques jours plus tôt, Dominique Schnapper, directeur d'Etudes à l'E.H.E.S.S. (Ecole des hautes études en sciences sociales) avait adressé sa lettre de démission au directeur général du CNRS. Voici ses raisons: "Monsieur Rittersporn a écrit qu'il était "collaborateur" et "responsable" d'un livre publié sous la signature de Serge Thion ("Vérité historique ou vérité politique?" p.7) qui, après une préface de Serge Thion, rassemble des textes et des interviews de M. Faurisson, démontrant la non-existence des chambres à gaz pendant la deuxième guerre mondiale".

En juin 1983, la présidente de la section de sociologie, Madame Sabine Erbes Seguin, demandait un rapport à un groupe de chercheurs sur les activités négationnistes au sein de l'institution scientifique. Voici ce qu'on peut y lire: "Ne faut-il pas renvoyer les trois intéressés (Thion, Karnoouh et Rittersporn) devant la direction du CNRS et laisser celle-ci seule juge de l'attitude à adopter du point de vue de la promotion et de la réévaluation de ces dossiers puisque MM Thion, Karnoouh et Rittersporn se présentent devant les tribunaux en qualité de chercheurs au CNRS. (...) La proposition de blâme aux intéressés est une possibilité. Mais (...) elle donnerait aux intéressés l'occasion de montrer qu'ils sont professionnellement persécutés; or c'est en partie contre ce risque qu'ils se sont portés intervenants aux côtés de M. Faurisson devant le tribunal de grande instance de Paris (jugement du 1 juillet 1981). Par contre, si la commission de sociologie ne souhaite ni punir, ni rester indifférente, et si elle souhaite s'exprimer de façon concrète, elle peut faire pression sur le CNRS pour attribuer 3 postes nouveaux à des jeunes postulants à la recherche désireux de se rendre utiles sans se singulariser juridiquement; MM Thion, Karnoouh et Rittersporn relevant désormais alors directement pour leur carrière de l'administration du CNRS."

Les années passèrent et les directeurs du CNRS se succédèrent. Quant aux faussaires de l'histoire ils ne furent jamais inquiétés. Bien au contraire... La ligne de conduite du CNRS resta immuable dans sa continuité: l'indifférence était de rigueur.

Pourtant, qui pouvait affirmer ne pas avoir été au courant?

En juillet 1997, par exemple, l'association des utilisateurs d'internet (AUI), animée par la chercheuse du CNRS Meryem Marzouki, refusa ainsi la demande d'adhésion présentée par Serge Thion en affirmant "son opposition aux thèses négationnistes et a leurs tenants."

Madame Catherine Bréchignac dirige le CNRS depuis l'automne 1997. A la suite de notre dernier article (voir notre édition du 17.05.2000), où nous la mettons nommément en cause, elle a décidé de se confier (jusqu'a ce jour) à un seul journaliste, Sylvestre Huet du quotidien "Libération"auquel elle déclare: "Je n'accuse pas Serge Thion, je souhaite demander à la justice de déterminer s'il a, en tant que chercheur CNRS, publié des textes négationnistes".

Nous nous permettons de souligner que, depuis la lettre envoyée par Sami Dassa au directeur général de l'époque, et toujours sans réponse, 18 ans se sont écoulés.

Combien de temps faudra-t-il à la direction du CNRS pour définir Serge Thion pour ce qu'il est: un négationniste notoire!


Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

http://www.stvscnrs.greatnow.com

http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad

http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou

et celui qui a survécu aux bourrasques:

http://abbc.com/totus/cnrs/index.html

A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.

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