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"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 02 11 00


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Il ne sera pas répondu point par point à ce tissu de bêtises et de mensonges. S.T.

Exclusif Quand la directrice générale du CNRS se dérobe

Par Enrico Porsia

Paris, jeudi 8 juin 2000

 

Le 13 avril 2000 (voir notre édition), notre publication révélait l'étendue de l'activité de Serge Thion, une taupe antisémite, au Centre National de la Recherche Scientifique. Le 17 mai (voir notre édition) nous posions publiquement la question de savoir qui protégeait ce négationniste notoire. Alerté par nos articles, le Mrap décidait le 26 mai d'intervenir auprès du ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard Schwartzenberg, l'invitant aussi à "retrouver sur notre site Web des renseignements intéressants."

Pendant ce temps la chaîne du service public France 3 nous contactait afin de réaliser un reportage sur ce sujet si sensible. Pour les journalistes de France 3, tout comme pour nous, le témoignage de Madame Catherine Bréchignac, la directrice générale du CNRS, était indispensable afin de pouvoir informer correctement le public. Nous avons donc contacté téléphoniquement la direction du CNRS en proposant une interview à Madame Bréchignac, en lui offrant la parole, d'autant plus que nous mettions sa responsabilité, de par la fonction qu'elle occupe, directement en cause. Malgré nos appels répétés, la directrice du CNRS faisait savoir, à nous comme à nos confrères de la chaîne nationale du service public, qu'elle était dans l'impossibilité de nous répondre, étant toujours "en réunion". Cette esquive silencieuse devait se prolonger... jusqu'à la fin du mois de mai, jusqu'à ce que Madame Bréchignac daigne enfin répondre personnellement à un de nos appels téléphoniques.

Visiblement agacée, la directrice du CNRS nous expliqua alors qu'elle ne souhaitait pas nous rencontrer dans l'immédiat car "elle n'avait pas de temps à perdre avec ce genre de bêtises concernant les négationnistes" et qu'elle réservait une intervention, à la suite de notre article où nous la citions nommément, à la "vraie presse". Après, seulement, elle nous rencontrerait. Une date fut toutefois fixée: jeudi 8 juin, neuf heures trente. Les journalistes de France 3 étaient, eux aussi, condamnés à attendre. Et, pour cause: la directrice du CNRS avait entre-temps choisi "son journaliste", Sylvestre Huet qui travaille actuellement au service "science" du quotidien "Libération". "Vous savez, j'ai fait simplement une incursion dans ce sujet, moi je m'occupe du CNRS et non pas du négationnisme" devait-il nous affirmer au cours d'un entretien téléphonique, le jeudi premier juin. Le lendemain, nous découvrions son article: "Le CNRS finit par dire non au négationniste". Nous apprenions que, si la directrice avait pris la décision de "rompre avec la discrétion (...) c'est qu'elle était outrée qu'on puisse la soupçonner de la moindre indulgence vis à vis de Serge Thion..." Nous lisions également qu'il n'était plus question "de ce genre de bêtises", et nous apprenions, bien au contraire, que Madame Bréchignac avait bel et bien décidé... "d'agir" et cela pour des "raisons d'éthique..." bien que l'affaire de l'antisémite Serge Thion soit "très éloigné de (ses) préoccupations..." Nous apprenions aussi le sens de son action. Elle avait créé une commission d'enquête qui, sous la direction de François Bédarida travaillait depuis... deux ans et dont le rapport serait livré "très bientôt". Mieux vaut tard que jamais (voir notre édition du 06.06.2000). Enfin, nous apprenions, et avec stupeur, que l'enquête interne diligentée à l'encontre de Serge Thion portait essentiellement sur le rendement du travail de ce dernier car, si "il utilise son temps de travail pour d'autres activités que la recherche il doit être sanctionné comme n'importe quel chercheur." Seulement, Serge Thion n'est pas n'importe quel chercheur. En invoquant une "faute professionnelle", Madame la directrice du CNRS, donne l'impression de ne pas vouloir se confronter au fond du problème: la présence d'une taupe antisémite dans ses labos! En s'appuyant sur l'argument de "la faute professionnelle", Madame Bréchignac applique aux négationnistes la même méthode, hypocrite, que certains juges appliquent à certains mafieux. Ils ne sont pas condamnés en tant que criminels, mais simplement pour des banales évasions fiscales. En outre, nous nous permettons de souligner le danger d'une telle méthode: demain, elle pourrait aussi bien servir comme prétexte pour licencier un chercheur dont les travaux dérangeraient le pouvoir en place. Tel n'est pas le cas du négationnisme, qui n'est ni une idée, ni une opinion, mais tout simplement la négation d'une vérité historique établie. Le négationnisme, forme moderne de l'antisémitisme est un délit.

Après la publication de l'article de "Libération", "Le Monde" a répercuté à son tour l'information, tout comme le "Canard Enchaîné". Difficile donc pour Madame Bréchignac de se dérober vis à vis de nos confrères de France 3, qui réussirent à l'interviewer dans l'après-midi du mardi 7 juin. A Amnistia, nous attendions patiemment notre rendez-vous prévu pour ce matin à neuf heures trente.

Hier, à 15 heures 55, le téléphone sonne. Monsieur Jean-François Sabouret, directeur de la Délégation à l'Information Scientifique et Technique du CNRS est au bout du fil. Il me confirme le rendez-vous et ensuite, le plus naturellement du monde, il m'annonce qu'il souhaiterait connaître les questions que j'envisage de poser à Madame Bréchignac. Je crois rêver! Notre conversation me paraît surréaliste et je lui fais remarquer que, déontologiquement, l'idée de lui communiquer mes questions à l'avance est irrecevable.

Une heure plus tard, un nouveau coup de fil. C'est la secrétaire de la directrice du CNRS cette fois. Elle m'annonce, avec une candeur sidérante, que Madame Bréchignac a brusquement eu "un empêchement de la dernière minute, qu'elle est dans l'obligation d'annuler l'entretien" et qu'elle est, bien sûr, "désolée".

Alors, de quoi a peur Madame Bréchignac?

Qu'on lui demande son avis sur l'activisme négationniste de Serge Thion? Qu'on lui demande si ça lui paraît normal que le livre -aux éditions du CNRS- de Georges Pinault, le druide nazi de Lyon III (voir notre édition du 31.01.2000), soit encore bien en évidence dans le site web de son institution? Qu'on insiste pour qu'elle nous dise enfin si elle a eu l'occasion d'avoir entre les mains l'enquête de sécurité "invisible" qui a coûté la condamnation à l'historien, chercheur au CNRS, Philippe Videlier, aux éditeurs Syllepse et Golias, à France Culture? (voir notre édition du 07.06.2000)

Madame Bréchignac invoque l'éthique.

Il faut donc qu'elle ait le courage d'assumer ses responsabilités.
Il faut qu'elle admette publiquement, avant le 14 juin, avant que la Cour de Cassation statue sur cette affaire, que l'enquête-sécurité concernant le passé de François Robert (voir notre édition du 07.06.2000) n'existe pas. Ou alors, qu'elle la montre à la Justice!

Madame la directrice du CNRS, vous avez le choix entre la vérité ou le silence. Un silence qui serait la caution du mensonge.


Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

http://www.stvscnrs.greatnow.com

http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad

http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou

et celui qui a survécu aux bourrasques:

http://abbc.com/totus/cnrs/index.html

A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.

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