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"CNRS CONTRE SERGE THION"

CRÉÉ LE 19 OCTOBRE 2000

DERNIÈRE MISE À JOUR: 04 12 00



Le procès verbal de la réunion du conseil de discipline qui a prononcé mon exclusion, agrémenté de mes commentaires




CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Secrétariat général
Direction des ressources humaines
Bureau du développement professionnel chercheurs
LM/N*

Paris, le 11 juillet 2000



PROCES VERBAL



De la commission administrative paritaire n*2 créée en application de l'article 1er de l'arrêté du 24 février 1986 modifié par l'arrêté du 30 avril 1999 et compétente pour le corps des chargés de recherche, réunie en conseil de discipline le mardi 4 juillet 2000 à 14 heures 30 sous la présidence de Madame Charlotte LEMOINE, Directeur des Ressources Humaines du CNRS.

A l'ordre du jour figurait une demande de sanction formulée à l'encontre de Monsieur Serge THION, chargé de recherche de 1ère classe, section 36.

Membres présents:

Représentants de l'administration:

Mme Charlotte LEMOINE, président
Directeur des Ressources Humaines

M. Daniel BATY
Directeur de recherche de 2ème classe

M. Marc DRILLON
Directeur de recherche de 1ère classe

M. Hubert FLOCARD
Directeur de recherche de 1ère classe

M. Christian PRELIN
Directeur de recherche de 1ère classe

M. René LEVY
Chargé de recherche de 1ère classe

M. Joseph MARIANI
Directeur de recherche de 1ère classe

M. Philippe VIDAL
Directeur de recherche de classe exceptionnelle

[2]

Représentants du personnel:

Mme Véronique ALPHAND
Chargé de recherche de 1ère classe
SNCS-FSU

M. Jean-Jacques BOURGARIT
Chargé de recherche de 1ère classe
SGEN-CFDT

Mme Lise CARON
Chargé de recherche de 1ère classe
SNTRS-CGT

M. Martin DE LA SOUDIERE
Chargé de recherche de 1ère classe
SGEN-CFDT

M. Pierre GOUGAT
Chargé de recherche de 1ère classe
SNCS-FSU

Mme Caroline GYSS
Chargé de recherche de 1ère classe
SNCS-FSU

M. François OLLIVIER
Chargé de recherche de 1ère classe
SNTRS-CGT

M. François PAJOT
Chargé de recherche de 1ère classe
SNCS-FSU

Témoins délégués par le département scientifique:

M. Antoine PROST
Historien, Professeur émérite à Paris I

M. Jean-François LEGUIL-BAYARD
Politologue, Directeur de recherche au CNRS,
Directeur du Centre d'Etudes et de Recherche Internationales

M. Bruno PEQUIGNOT
Professeur des Universités, Directeur scientifique adjoint du département SHS

Commentaire: j'observe que les "témoins" ne me connaissent pas, ne m'ont jamais rencontré, ne m'ont jamais posé la moindre question et ne connaissent pas du tout mes écrits. Il semble probable que ces personnes ont eu en main quelques textes tirés d'Internet et qui me sont attribués -- attribution qui pourrait bien, au moins partiellement, être complètement fantaisiste. Si le mot "témoin" a un sens précis, ces gens-là ne sont "témoins" de rien du tout. On va voir qu'ils vont "témoigner" à sens unique. Je n'étais évidemment pas averti de leur présence au Conseil de discipline et il ne m'a pas été suggéré de faire venir mes propres "témoins". Par conséquent, l'emploi du terme "témoin" est un signe révélateur d'une volonté de faire de cette séance ce qu'on appelle exactement une "parodie de justice".

[3]

Défenseur désigné par Monsieur Serge TMON:

Maître F. M. (absent) Avocat à la Cour Paris

Le quorum est atteint, la séance est ouverte à 14 heures 45 par le président, Madame Charlotte LEMOINE, en présence des membres composant le conseil de discipline.

Le secrétariat est assuré par Madame Laurence MATHY, adjointe au chef du bureau du développement professionnel chercheurs. Madame Lise CARON est désignée comme secrétaire adjoint.

Avant de faire entrer Monsieur THION, Madame LEMOINE rappelle que les membres du conseil sont soumis à l'obligation de discrétion professionnelle en ce qui concerne les faits et documents dont ils ont eu connaissance en cette qualité.

Le président présente la demande de report de la séance, formulée par Maître M., défenseur de Monsieur THION et transmise par télécopie le 30 juin. Cette demande est présentée par Maître M., au motif qu'il n'était pas en mesure d'assurer la défense de son client, ne disposant pas d'un délai suffisant et étant indisponible ce jour.

Madame LEMOINE informe les membres du conseil des dates d'envoi de la convocation à l'adresse de Monsieur THION : le courrier en recommandé avec accusé de réception annonçant à M. THION la tenue du conseil de discipline lui a été adressé le 5 juin et présenté le 6 juin. Ce pli non retiré a été renvoyé au CNRS par la Poste le 21 juin. Vérification faite auprès des services compétents, M. THION ne se trouvait pas couvert par un ordre de mission durant cette période et pouvait disposer, en conséquence, du délai de quinze jours lui permettant de préparer sa défense. Un second courrier, informant M. THION qu'un changement de salle de réunion avait été décidé pour la tenue de la séance du conseil de discipline, lui a été envoyé le 14 juin. M. THION, ayant retiré ce pli, faisant référence au premier courrier, le 26 juin, a souhaité recevoir par télécopie le texte de la première convocation. Ce document lui a été adressé selon son souhait et M. THION est venu consulter son dossier dans les locaux de la DRH, le mercredi 28 juin.

Cette présentation de la chronologie de l'envoi de la convocation au chercheur étant faite, le président soumet aux voix la demande de report présentée par Maître M. :


Les membres du conseil, à l'unanimité, se sont prononcés contre le report de la séance.

Commentaire: Je n'étais pas chez moi début juin et je n'avais aucune astreinte m'obligeant à me trouver à mon domicile. Je n'ai plus d'affectation parce que la Direction a refusé d'entériner celle que j'ai demandée. Le CNRS sait donc pertinement que je n'ai eu son courrier que le 26 juin, que je n'ai eu connaissance de mon dossier que le 28 juin, et que la séance du Conseil de discipline se tenant le 4 juillet, il me restait très exactement huit jours pour prendre connaissance du dossier, intéresser à ce dossier un avocat, comme c'était mon droit, et lui en faire prendre connaissance. Tout cela n'était guère faisable dans un délai aussi court. Un report, dans ces conditions, était la moindre des choses si l'on voulait bien respecter mes droits à une défense normale. Ma demande était pour le moin slégitime. La hâte du CNRS à refuser ce report est très suspecte.

Le président, fait entrer Monsieur THION à 15 heures 15 et lui annonce le résultat du vote du conseil sur la demande de report présentée.

Monsieur THION déclare que la défense de ses droits les plus élémentaires ne peut être assurée et fait observer que le rapport final de la commission d'enquête présidée par Monsieur BEDARIDA n'est venu compléter le dossier que le 20 juin, ce qui avait pour conséquence de ne pas permettre à M. THION de disposer d'un mois pour assurer sa défense.


Commentaire: L'arrivée tardive du Rapport Bédarida, quinze jours après la lettre de saisine du Conseil de discipline, montre que cette saisine n'a pas pu se faire sur la base de ce rapport, mais sur des considérations beaucoup plus immatérielles. On a vu ensuite dans des publications syndicales que les syndicats eux-mêmes se sont inquiétés du dépôt tardif du rapport. Dans ces conditions, on voit que beaucoup de membres du Conseil n'ont pas eu le temps de prendre connaissance de ce rapport tardif, et encore moins d'en faire un examen critique.

[4]

Madame LEMOINE, reprend à l'attention de Monsieur THION, les précisions qu'elle a données auparavant sur les conditions matérielles de convocation et de consultation de son dossier.

Monsieur THION menace de saisir les tribunaux dans l'hypothèse où lui serait refusée cette demande de report.

Le président suspend la séance à 15 heures 25.

Reprise de la séance et entrée de M. THION à 15 heures 30.

Commentaire: je n'ai nullement menacé. J'ai indiqué que si mes droits n'étaient pas respectés par le Conseil de discipline, il faudrait qu'ils le soient devant le tribunal que je ne manquerais pas de saisir si, précisémment, ce respect venait à manquer.
Il faut ajouter, pour comprendre la situation, qu'après mon refus annoncé de me faire le complice d'une opération où mes droits étaient bafoués, Mme le Président a demandé une suspension de séance, à 15 h. 25. Elle s'est ensuite enfermée dans un bureau adjacent pour téléphoner. Il était évident qu'elle téléphonait en haut lieu pour faire part de ma résistance inattendue. Il fallait que la décision de piétiner mes droits à la défense vienne de plus haut: Je ne vois que la Directrice Générale qui puisse ainsi prendre ce genre de décision qui met le CNRS en dehors de la norme .


Monsieur THION signale qu'il ne souhaite pas entériner une procédure qui méconnaît ses droits et renouvelle sa demande de report et le respect de ses droits.


Madame LEMOINE lui répond que la procédure a été respectée.

Monsieur THION annonce qu'il quitte la salle.

Sortie de Monsieur THION à 15 heures 33.

Madame LEMOINE donne lecture du rapport de saisine et propose aux membres du conseil de discipline de faire entrer le premier témoin:


Entrée de Monsieur PEQUIGNOT à 15 heures 40.

Monsieur PEQUIGNOT, sociologue et Professeur des Universités, témoigne des faits qu'il a eu à connaître en sa qualité de Directeur scientifique au département des Sciences de l'Homme et de la Société s'agissant du dossier de M. THION:

Commentaire: on va voir par la suite que M. Péquignot est un menteur particulièrement audacieux. Le premier mensonge est là: la section 36 n'a pas constaté que je n'avais pas fait "un rapport complet". Elle ne m'a jamais demandé de "compléter" un rapport. Mes rapports n'ont jamais suscité de réaction particulière. En revanche, une motion, dont les origines sont étrangères à la section 36, a été peut-être votée, en tout cas elle figure dans un procès-verbal, bien que mon rapporteur, en 1999, l'ait ignorée. Le fait que le président de la section 36, M. Durand, ait été chargé de faire le rapport pour 2000 témoigne de l'existence de cette motion. On apprend en outre que M. Durand, ayant lu son rapport en séance, rapport dont je donne le contenu sur ce site, s'est vu demandé "d'y intégrer certaines remarques". Ces remarques ne semblent pas figurer dans le rapport de M. Durand, tel qu'il se trouve dans mon dossier. Serait-il possible qu'il existe deux versions du rapport de M. Durand, l'une écrite par lui, l'autre amendée par des inconnus anonymes de la section 36 ?


Madame GYSS souhaite savoir quelle était la teneur de la discussion.

Monsieur PEQUIGNOT précise que les débats ont été relatifs à l'examen des travaux scientifiques de M. THION, mais que la discussion a également porté sur son activité de diffusion de thèses négationnistes.

Commentaire: on ne voit pas très bien sur quel fondement réglementaire une discussion pourrait légitimement se concentrer sur des "activités" qui se situeraient en dehors de la sphère de mon activité professionnelle de chercheur se consacrant aux études de l'Asie du Sud-est.

Monsieur MARIANI demande des précisions sur l'activité de publication de M. THION qui aurait publié en 1997 et aurait rédigé une dizaine de notices.

Commentaire: le résumé donné ainsi des propos de M. Mariani ne permet pas de deviner ce qu'il a voulu dire par les propos qu'on lui prête.

Monsieur PEQUIGNOT fait observer que le dernier texte figurant au dossier date de 1993 et ajoute que la section a demandé à M. THION il y a deux ans de fournir ses dernières publications.

Commentaire: c'est là un mensonge de M. Péquignot. La date de 1993 est la date de publication de mon dernier livre. Comme tout chercheur, j'écris aussi des textes qui ne sont pas des livres.

Monsieur LEVY souhaite savoir si une vérification a été faite sur la réalité des publications que mentionne M. THION dans son dossier.

[5]

Monsieur PEQUIGNOT souligne que le président de la section lui a demandé ces textes mais qu'il ne les a pas obtenus.

Commentaire: c'est là le plus énorme mensonge de M. Péquignot, qui est une véritable forfaiture. Le 5 décembre 1999, à la demande de M. Durand, j'ai envoyé au SHS une liste de 13 textes accompagnée des 13 textes eux-mêmes. Il y a là une volonté délibérée d'induire le Conseil de discipline en erreur. La manipulation est clairement établie.

Monsieur FRELIN fait remarquer que le rapport de saisine précise que M. THION aurait distrait de son temps de travail de recherche et demande ce qu'il en est de sa présence au laboratoire.

Monsieur PEQUIGNOT répond que le laboratoire où se trouvait affecté Serge THION a été fermé.

Monsieur FRELIN souhaite savoir si ce chercheur est à présent rattaché à une unité de recherche.

Monsieur PEQUIGNOT précise que la direction du département a préféré surseoir à l'affectation, à titre conservatoire, dans l'attente de la réunion du conseil de discipline.

Commentaire: j'enregistre cet aveu. Si je n'ai pas d'affectation, c'est le résultat d'une décision unilatérale de la Direction.

Monsieur BOURGARIT demande si le laboratoire dans lequel se trouvait affecté Serge THION accueillait de jeunes chercheurs.

Monsieur PEQUIGNOT explique que s'agissant du département SHS et de la question de l'accueil de jeunes chercheurs, le rapport est d'en moyenne 1,5 doctorants par chercheur et ajoute qu'il n'y avait pas de doctorant dans ce laboratoire.

Commentaire: autre étonnant mensonge de M. Péquignot. Il y avait au CACSPI un bon nombre de doctorants, français et étrangers. La dissolution prématurée du CACSPI s'est faite au détriment de ces doctorants.

Existe-t-il une instance devant laquelle il serait possible de traduire ce M. Péquignot pour faux-témoignage?

Madame CARON interroge Monsieur PEQUIGNOT pour savoir depuis quand il a eu connaissance des activités de diffusion de thèses négationnistes de Monsieur THION.

Monsieur PEQUIGNOT répond que c'est dès le début de sa prise de fonctions en sa qualité de Directeur scientifique adjoint du département, c'est à dire depuis un peu plus de deux ans.

Commentaire: M. Péquignot, sociologue, spécialiste de la sociologie de la littérature, a été nommé à la direction du départment des sciences de l'homme du CNRS en 1998, en même temps que M. Lenclud, qui donnait les coups bas prémédités par M. Kaspi en 1996 (voir "Les cabales qui n'en finisseant pas".). Il vient de France Comté. Il semble qu'en France Comté on ait pu ignorer l'existence d'une querelle du révisionnisme et de la part que j'y ai prise vers 1980 et ensuite. Cette fausse candeur masque le fait que cette question dite du "révisionnisme" sert de paravent, en fait, à une décision politique prise à mon encontre en haut lieu, pour d'autres raisons.

Madame CARON souhaite savoir si Monsieur PEQUIGNOT a eu des contacts avec Monsieur THION.

Monsieur PEQUIGNOT précise que son seul contact s'est matérialisé par l'envoi d'un courrier lui adressant une liste de laboratoires du département SHS.


Commentaire
: voici l'aveu pitoyable du fait que cette inquisition s'est faite à sens unique et de manière tout-à-fait indigne. Tous ces gens avaient peur d'avoir un entretien avec moi car ils redoutaient que je mette au jour leurs intentions cachées..

Le président remercie Monsieur PEQUIGNOT.

Sortie de Monsieur PEQUIGNOT et entrée de Monsieur PROST à 15 heures 50.

Monsieur Antoine PROST se présente : Professeur émérite à Paris I, historien dont le domaine scientifique est l'histoire contemporaine.

Monsieur GOUGAT, faisant référence au rapport détaillé de la commission d'enquête dont Monsieur François BEDARIDA est le président, demande à Monsieur PROST quels éléments de ce rapport pourraient apparaître contradictoires.


Monsieur PROST répond que ce rapport est tout à fait correct.

Commentaire: on voit tout de suite que M. Prost ne fait pas dans la finesse. Il trouve que ce rapport, incohérent, invérifié et sans doute invérifiable, est "tout à fait correct". S'il traite ses sources avec aussi peu d'esprit critique, on se méfiera de ses conclusions d'historien. On se reportera aux commentaires que j'ai fait de ce rapport.

[6]

Madame LEMOINE demande à Monsieur PROST de présenter son avis en qualité d'historien.

Monsieur PROST explique que les activités de Monsieur THION, dont il fait mention dans le rapport de la commission d'enquête, ne se situent pas dans le registre de l'histoire selon une démarche scientifique; à la lecture des textes, force est de constater que le niveau de langue et de discours ne sont pas de nature scientifique, Monsieur THION établissant des affirmations sans preuve alors même qu'il adresse ce type de reproche à ses adversaires ( cf lettre au premier ministre britannique et « les infortunes de la vie parisienne » ).


Commentaire: M. Prost, historien, émérite, ne semble pas être amené à se prononcer sur les travaux que je fais en tant que chercheur, travaux dont on attend généralement qu'ils aient un caractère "scientifique", qui ne semble être dénié par quiconque. Il examine des textes que j'aurais écrit -- j'emploie le conditionnel parce que je ne sais pas de quels textes il s'agit -- dans le cadre de polémiques politiques et, osons le mot, "idéologiques". On ne voit pas du tout ni pourquoi le CNRS s'intéresserait corporativement à des textes de cette nature, produit par un citoyen dans l'exercice de ses droits de citoyen, ni encore moins pourquoi un professeur de la Sorbonne viendrait émettre des jugements sur une production politique qu'il n'a tout simplement pas le droit de "juger" ex cathedra. Il y a des tribunaux pour ça, et ils ne m'ont jamais rien reproché, jusqu'à ce jour. Si j'écris une lettre humoristique au premier ministre du Royaume uni, comme Montesquieu faisait des Lettres persanes, avec un talent que je n'ai pas, je trouve grotesque et extravagant que M. Prost vienne dire que cette lettre n'est pas sorbonniquement correcte. Il y a confusion des genres.

Monsieur FRELIN fait observer qu'on ne se préoccupe de cette affaire qu'aujourd ' hui alors qu'elle semble connue depuis un certain temps.

Monsieur PROST précise que le texte « les infortunes de la vie parisienne » avait pour cible un milieu intellectuel précis et s'adressait à cette communauté, mais l'ensemble des autres écrits fait l'objet d'une large diffusion sur Internet.

Commentaire: on ne voit pas bien le rapport entre la question et la réponse.

Madame CARON souhaite savoir si Serge THION fait état de son appartenance au CNRS à l'occasion de la diffusion de ses écrits par Internet.

Monsieur PROST souligne que l'appartenance de Serge THION au CNRS est connue, quand bien même il ne signe ses textes diffusés sur le site « AAARGH » que de ses prénom et nom.

Commentaire: M. Prost répond donc à Mme Caron que Serge Thion "n'utilise pas" son appartenance au CNRS. Il ajoute, ou tente de substituer à cette réponse,0 l'affirmation que cette appartenance est du domaine public. Ce qui est pour le moins une banalité.

Le président propose aux membres du conseil de libérer Monsieur PROST dans l'hypothèse où ils n'ont plus de question à lui poser.


Sortie de Monsieur PROST et entrée de Monsieur LEGUIL-BAYARD à 16 heures 15.

Madame LEMOINE invite Monsieur LEGUIL-BAYARD en sa qualité de directeur d'un centre de recherche, à faire part aux membres du conseil de sa réaction à la lecture des textes diffusés par le chercheur sur Internet.

Commentaire: La présence de M. Leguil-Bayard se justifie plus ou moins si l'on veut bien accepter que M. Thion travaille dans un domaine de recherche qui n'est pas étranger au CERI que dirige, ou que dirigeait jusqu'à une date très récente, M. Leguil-Bayard. M. Thion est d'ailleur régulièrement invité aux conférences organisées par le CERI sur l'Asie du Sud-Est. On pourrait croire que l'on va poser au "témoin", spécialistes des affaires internationales, des questions sur les activités de Serge Thion en Asie du Sud-Est. Et d'ailleurs, il s'était précautionné. Il avait demandé en juin un rapport à d'autres membres du CERI, rapport qui est en ma possession. Mais le scénario ne se passe pas comme prévu: on interroge le malheureux politiste sur des textes publiés sur Internet, dont le diable sait s'ils ont été écrits par Serge Thion ou par Tartempion.

Pour Monsieur LEGUIL-BAYARD, il apparaît que des écrits de ce type, en contradiction avec le respect de la loi Gayssot et attribués à un chercheur du CNRS, entachent la réputation de l'institution et portent atteinte à la crédibilité scientifique de l'établissement. En qualité de directeur d'un centre de recherche international, Monsieur LEGUIL-BAYARD rapporte qu'il a été destinataire de remarques émanant de scientifiques étrangers exprimant leur étonnement sur le fait que le CNRS compte parmi ses chercheurs quelqu'un comme Serge THION, très actif dans la diffusion de textes de ce genre.


Commentaire: M. Leguil-Bayard a tort: si j'avais écrit des textes qui tombaient sous le coup de la loi Gayssot (loi que je réprouve), ils auraient été condamnés en justice. Il parle d'ailleurs d'écrits "attribués à un chercheur". Or ce n'est pas la cas. M. Leguil-Bayard a sans doute d'éminentes qualités mais non pas celles qui lui permettraient de se substituer au juge pénal. Il faudrait savoir si, dans ce pays, ce qui n'est pas interdit est autorisé.

Par ailleurs, Monsieur LEGUIL-BAYARD signale qu'il existe une contradiction absolue entre la déontologie à laquelle est soumise tout chercheur et le genre de propos tenus par Serge THION, des propos « orduriers » et « inacceptables » sous la plume d'un chercheur qui emploie un ton « inadmissible pour s'en prendre à ses collègues ».

Commentaire: on laissera à M. Leguil-Bayard le soin de définir quels sont les propos "acceptables" quand on parle des travaux exécrables d'un collègue et quel est le ton "admissible" quand on répond à quelqu'un qui vous insulte grossièrement dans un livre récemment publié. Quand M. Leguil-Bayard aura rédigé un code régissant les emplois langagiers autorisés par sa haute science, les chercheurs ne manqueront pas de se conformer à cette autorité nouvelle.

Monsieur LEVY souhaite connaître quelle appréciation peut être portée sur les qualités scientifiques de Monsieur THION dans son domaine de recherche, le Cambodge et l ' Asie du sud est.


[7]

Monsieur LEGUIL-BAYARD précise qu'il n'est pas spécialiste de l'Asie du sud est mais que cette réserve étant faite, il témoigne que Serge THION a écrit sur le Cambodge et que selon les chercheurs du Centre d'Etudes et de Recherche Internationales (CERI), Serge THION a été le premier à parler de ces questions. Monsieur LEGUIL-BAYARD ajoute qu'il semble que l'activité de recherche de Serge THION se soit interrompue vers les années 1993-1994.


Commentaire: Quand il dit "Serge THION a été le premier à parler de ces questions", il fait allusion, sans doute, à l'analyse de ce qui s'est passé au Cambodge sous les Khmers rouges. Mais il est absolument fantaisiste de prétendre que mon "activité de recherche" se serait arrêtée en 1993-94. Le rapport auquel il fait allusion ici (les chercheurs du CERI) ne dit pas du tout cela. On voit par cette petite goutte de venin que M. Leguil-Bayard fait partie d'un groupe organisé de gens qui ont choisi de travestir la réalité pour parvenir à leurs fins, qui est de me faire révoquer. C'est ce que j'ai appelé ailleur du terme de "cabale".

Monsieur FRELIN relève que Monsieur LEGUIL-BAYARD a fait état des remarques de chercheurs étrangers ayant eu vent de l'activité de Monsieur THION et souhaite qu'il précise dans quelles conditions, est-ce par l'intermédiaire d'Internet ?.

Monsieur LEGUIL-BAYARD explique que ces étrangers séjournent régulièrement en France et que la presse française a fait écho à ces informations, qui ont dès lors circulé dans cette petite communauté scientifique.

Commentaire: il s'est développé une campagne de calomnies dans la presse, et donc des étrangers ont lu la presse. Il faut aussi reconnaître que cette campagne de presse a été alimentée en partie par Mme Bréchignac, en tant que Directrice Générale (voir Libération du 2 juin 2000). C'est sans précédent : le Directeur qui dénonce un chercheur à la presse et à la justice de son pays! Il est assez compréhensible que les étrangers s'étonnent de moeurs qu'ils ne connaisssient pas chez eux. Comme beaucoup de gens, il se posent des questions et ils posent des questions. Voila tout. Ce qui entache l'image du CNRS, ce sont les manoeuvres indignes de ceux qui le dirigent.

Monsieur MARIANI souhaite vérifier si les textes rédigés par Serge THION dans le cadre de son domaine de recherche sont de la même facture, car il est fait mention dans un document de ce que Monsieur THION nie également l'existence des Kmers rouges.


Commentaire:
il faut vraiment tomber très bas pour en arriver à des âneries de ce genre. Ou alors le résumé est mal fait, on ne sait.

Madame GYSS fait observer que cela est contredit ensuite dans le rapport de la commission d'enquête.

Le président s'adresse aux membres du conseil pour savoir s'ils ont d'autres questions à poser à Monsieur LEGUIL-BAYARD.


Le conseil de discipline souhaite entendre à nouveau Monsieur PROST.

Sortie de Monsieur LEGUIL-BAYARD et entrée de Monsieur PROST à 16 heures 40.

Monsieur MARIANI demande à Monsieur PROST d'évaluer, au regard de la quantité de documents produits, s'il est possible à Monsieur THION de rédiger ses textes durant ses heures perdues ou s'il détourne son temps de travail pour se livrer à ces activités.

Selon Monsieur PROST, la question n'est pas d'ordre matériel mais il lui paraît impossible d'un point de vue psychologique que Monsieur THION, qui fait preuve d'un investissement personnel important, puisse séparer ces activités de son travail de recherche, ce qui nécessite de maintenir une étanchéité entre les deux types d'activités.

Commentaire: Il faut bien voir que .M. Prost ignore totalement ma "production scientifque" et n'a évidemment aucun moyen de juger de "l'investissement personnel" que cela représente. Il n'a pas non plus de renseignements fiables sur ce que j'écris en dehors de mon temps de travail et en est réduit à des rumeurs et des suppositions sur ce que serait mon "investissement personnel" dans les domaines incriminés. il ignore encore bien davantage quels seraient mes "investissements personnels" dans d'autres domaines de la connaissance, qui ne lui ont pas été signalés. Il en est réduit aux plus indigentes supputations. Il lui paraît impossible, "d'un point de vue psychologique" (on le croyait historien) de maintenir une "étanchéité" entre travail scientifique et production politique. Or justement, le rapport Bedarida, dans sa première livraison intérimaire, trouvait extraordinaire cette étanchéité qui lui paraissait un fait établi, vérifiable et vérifié par la consultation des mes rapports depuis plus de 20 ans. Je ne vois pas pourquoi on m'infligerait les mêmes incapacités et les mêmes incompétences que celles de M. Prost. Je trouve sa "psychologie" particulièrement débile et elle ne devrait pas trouve r place dans une réunion sérieuse.

Madame GYSS relève que tous les témoins ont affirmé avoir eu connaissance de l'activité de Serge THION il y a un certain temps et souhaite savoir, en conséquence, pourquoi cette affaire n'est instruite qu'à présent.


Commentaire
: c'est la troisième fois qu'on pose cette question à la direction, qui est bien incapable de fournir les vrais motifs de cette vindicte soudaine.

Monsieur PROST explique que ceci provient du fait de l'impunité réservée aux sites Web américains et ajoute que même si le chercheur ne fait pas mention de son appartenance au CNRS lorsqu'il signe ses écrits, celle-ci est de notoriété publique et c'est là que réside le problème.

Commentaire: Quelle serait la solution de M. Prost à ce problème? Comment détruire la "notoriété publique?" En supprimant le chercheur ou en supprimant le CNRS?


Madame LEMOINE remercie Monsieur PROST pour ces d'informations complémentaires.

Sortie de Monsieur PROST à 16 heures 50.

Commentaire: Monsieur Prost a négligé d'informer le conseil qu'il était au cabinet du premier ministre socialiste Michel Rocard quand celui-ci a adopté et instauré en 1990 la loi Gayssot, qui a eu pour conséquence de paralyser la recherche historique en créant une "vérité officielle" imposée à l'historien. M. Prost doit donc porter une partie de la responsabilité de l'aspect liberticide de cette loi. Les politiques, au moment de sa discussion, avaient juré leurs grands dieux que cette loi ne serait jamais utilisée pour contraindre la recherche. Ils n'avaient pas dit qu'on pourrait en agiter le spectre pour saquer un chercheur et intimider tous les autres en faisant un exemple. On voit par là que M. Prost sait mettre ses convictions politiques au dessus des exigences du savoir scientifique, qui se satisfait de rien moins que de la liberté de penser.

[8]

Le président invite les membres du conseil à délibérer sur les suites qu'il convient de réserver à la procédure disciplinaire engagée à l'encontre de Monsieur THION.

Délibérations.

Interruption de séance à 17 heures 25.

Reprise de la séance à 17 heures 30.

Le président, conformément à l'article 8 du décret n* 84-961 du 25 octobre 1984 propose au conseil de discipline, au vu des observations écrites produites et compte tenu des déclarations orales des témoins ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a été procédé, d'émettre son avis sur la révocation de Monsieur Serge THION:

Le conseil se prononce à bulletin secret, à l'unanimité (seize voix) pour cette sanction du quatrième groupe.

La séance est levée à 17 heures 45.

Le président, [signé] Charlotte LEMOINE

Le secrétaire, [signé] Laurence MATHY

Le secrétaire adjoint, [signé] Lise CARON


Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com

Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:

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