Reçu le 28 AVR. 1999
27 AVR. 1999 / 15758
Patrice Pinell
Directeur de recherche INSERM
37 rue Pascal, 75013 Paris
Mr Bruno Péquignot
Directeur adjoint au département des SHS
CNRS, 3 rue Michel Ange
75016 Paris
Paris le 23/04/99,
Cher collègue,
C'est en tant que directeur de l'ex unité de recherche
INSERM U 158 (Savoirs et pratiques dans le champ médical
: Histoire, Sociologie, Psychanalyse) que je m'adresse à
vous. De cette unité, en effet, Mme Nadine Fresco a été
membre, tout le temps de sa recherche sur Paul Rassinier et jusqu'à
la publication par les éditions du Seuil de son livre,
"Fabrication d'un antisémite". J'ai soutenu avec
enthousiasme son projet et suivi les différentes étapes
de sa réalisation. C'était un travail énorme,
difficile, terriblement exigent. [SIC] Il fût [SIC] mené
à bien avec une probité intellectuelle et morale
exemplaire.
J'aurais du mal à exprimer le dégoût et l'indignation
qui m'ont saisi lorsque j'ai lu le texte qu'a commis, sur le site
internet négationiste AAARGH (Association des Anciens Amateurs
de Récits de Guerre et d'Holocauste), Serge Thion, texte
dont je vous adresse une copie, car il se trouve que cet individu
est chercheur en sciences sociales, au CNRS . L'écrit est
suffisamment parlant pour que je ne ressente pas le besoin d'en
faire un long commentaire. La valeur "scientifique"
des thèses trouve ici sa mesure dans l'ignominie des attaques
publiques portées ad mulierem contre Nadine Fresco.
Il m'apparaît impensable que le CNRS n'intervienne pas vis
à vis de quelqu'un qui déshonore ainsi l'institution
tant par les idées qu'il professe que par ses manquements
inqualifiables à l'éthique professionnelle.
En m'excusant d'avoir à vous faire partager les sentiments
que ne peut manquer d'inspirer un tel écrit, je vous prie
d'agréer mes cordiales salutations.
[signé] Patrice Pinell
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Commentaire:
Cette lettre évidemment sollicitée prend sa place
dans une stratégie de la dénonciation. Son rôle
est d'exprimer la vox populi de l'indignation des attaques
portées contre la blanche brebis du CNRS, qui, de surcroît,
se trouve être une femme (ad mulierem, remplaçant
le machiste ad hominem).
Mais elle nous apporte, fort involontairement, quelques indications
précieuses. Contrairement à ce que disent en choeur
M. Bédarida, président de la commission d'enquête
sur Serge Thion, et Madame Bréchignac, Directeur général
du CNRS, Madame Fresco n'était nullement membre du CNRS
pendant la préparation, la rédaction et l'édition
du livre qui a fait l'objet des commentaires sous les titre "Les
infortunes de la vie parisienne". Madame Fresco a dû
entrer au CNRS postérieurement à la confection de
cet ouvrage et probablement en utilisant cet ouvrage comme "garant"
de ses capacités. Il suffit pourtant d'en lire quelques
pages, animées par la haine, pour voir que cet ouvrage
ne possède aucune qualité "scientifique"
et les commentaires que l'on m'attribue ne revendiquaient aucun
caractère scientifique non plus.
Autre renseignement intéressant: Mme Fresco a passé
près de 20 ans à travailler à l'INSERM (un
organisme spécialisé dans les recherches sur la
santé et la médecine). Après un bref moment
passé comme assistante d'une chaire d'histoire médiévale
au Collège de France, puis en avoir été remerciée,
Mme FRESCO était entrée à l'INSERM et avait
été chargée d'une enquête sur les patientes
qui subissaient, lors de leur grossesse, des amniocentèses
pour le dépistage de la trisomie 21. Ce travail entrait
tout à fait normalement dans le cadre de la mission de
l'INSERM. Ensuite, elle a paru donner dans la psychanalyse. Enfin,
pendant 10 ou 15 ans, toujours dans la même institution,
elle s'est occupée de rassembler des informations pour
tenter de discréditer un écrivain, Paul Rassinier,
mort en 1967, ancien instituteur, militant de la gauche, déporté,
torturé par la Gestapo, revenu des camps, élu brièvement
député socialiste, mis à la retraite pour
invalidité, et auteur de très nombreux articles
dans la presse d'extrême-gauche, anarchisante, et de plusieurs
livres, portant en particulier sur la critique des témoignages
et des compte rendus de la déportation. Il est souvent
considéré comme le père du "révisionnisme".
On voit mal le lien qu'il y a entre cette entreprise et une unité
de recherche intitulée: Savoirs et pratiques dans le
champ médical: Histoire, Sociologie, Psychanalyse.
L'histoire dont il s'agit chez FRESCO n'a rien à voir avec
les savoirs du champ médical. Il s'agit ni plus ni moins
que d'un détournement de fonds publics. Le fait que des
directeurs d'unité ont approuvé ce choix et cette
activité ne fait que les rendre coupables de complicité
de détournement de fonds publics et c'est bien la vaine
gloire dont semble se parer ce M. Pinell.
Ses collègues de l'INSERM étaient évidemment
totalement incapables de juger de la malhonnêteté
intellectuelle qui pervertit chaque page de ce pavé, mais
les critiques parues dans la presse, pour superficiellement élogieuses
qu'elles aient pu paraître, ont bien montré que cette
entreprise leur paraissait douteuse. FRESCO a passé dix
ou quinze ans à tenter de démontrer que cet instituteur,
ancien communiste et ancien socialiste, était un antisémite,
sans parvenir à exhiber l'ombre d'un commencement d'une
seule preuve, car Rassinier n'était tout simplement pas
antisémite, mais violemment anticommuniste. Si cette personne
était douée da la moindre rigueur intellectuelle,
elle aurait dû conclure que ses dix ou quinze ans de recherche
l'avaient mené dans une impasse. Elle a préféré
se faire ouvrir la porte du CNRS.
Libre au CNRS de se ridiculiser en recrutant des chercheurs bidons
et des idéologues acharnés. Mais le discrédit
ne vient pas de moi, il vient de ce que la vie parisienne impose
au CNRS, qui s'y plie.
Je ne reproduis pas ici une nouvelle fois le texte incriminé
par M. Pinell. Il se trouve déjà sur Internet. Il
peut être utile de rappeler ici que le livre de Mme Fresco
est gravement diffamatoire à mon encontre. Partisan
d'une absloule liberté de la presse, je n'ai pas porté
plainte. J'ai répondu.
Pour mieux saisir le contexte, voir la page cabales.
D'autre part, et pour en finir, si Mme FRESCO avait voulu se plaindre
du mauvais traitement que je lui aurais infligé, elle avait
tous les tribunaux de France à sa disposition, elle sait
où j'habite, elle est déjà maintes fois venue
chez moi.
Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
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