Ce site s'adresse d'abord à mes 25.000 collègues du CNRS (Centre national de la recherche Scientifique).
Il s'adresse ensuite aux dizaines de milliers de chercheurs des institutions françaises de la recherche et des universités.
Il s'adresse également aux très nombreux chercheurs étrangers avec qui j'ai eu le privilège, au cours de ces trente dernières années, de collaborer, dans de nombreux pays.
Il s'adresse enfin aux innombrables jeunes
chercheurs qui finissent des études longues et difficiles
et qui souhaitent entrer dans le monde de la recherche comme professionnels.
Ils doivent être avertis des dangers qu'il y a à
croire que l'on peut penser librement dans un monde sans cesse
patrouillé par des policiers de la pensée. Je dévoile
l'existence et l'identité de certains de ces penseurs casqués.
Le 4 octobre 2000, la Directrice Générale du CNRS a signé une Décision de me révoquer à la date du 1er novembre.
C'est une décision qui dans sa forme et dans ses considérants est sans précédent.
Pour comprendre cette décision et saisir toutes les implications qu'elle a pour chaque chercheur touchant à sa vie, à son travail, à sa famille, je vais fournir le dossier le plus complet possible.
Ce dossier comprend d'abord les documents officiels du CNRS me concernant.
Chacun de ces documents sera fourni en version intégrale suivie d'une version comportant mes commentaires intercalés de façon visible, en sorte que le lecteur fera facilement la différence entre le document et les réflexions qu'il m'inspire. Ces documents sont maintenant devant le tribunal administratif, qui a été saisi dans les délais légaux.
Je donne aussi un récit chronologique des manoeuvres, cabales et petites vacheries en douce qui ont précédé le paroxysme de l'été 2000. Cette chronologie se poursuit par le récit de ma garde à vue et de la perquisition policière effectuée chez moi, onze mois plus tard, à la suite de la DÉNONCIATION de Mme Bréchignac, alors directrice du CNRS. La police a fait un GROS CHOU BLANC, ce qui n'arrange pas les affaires de Mme Bréchignac. Je ne suis toujours pas inculpé ou, comme on dit dans la novlangue, "mis en examen" (juillet 2001).
Je donnerai aussi une explication directe des causes de cette révocation: c'est une explication totalement POLITIQUE. Je suis exclu du CNRS parce que j'ai écrit des textes qui ont déplu au pouvoir. C'est aussi simple que cela.
Je fournis également un échantillonnage de la campagne de haine menée dans la presse par des éléments principalement communistes, ou trotsko-communistes. Le plus extravaguant est que Didier Daeninckx, le plus actif de mes dénonciateurs, a eu le front de me poursuivre en diffamation. Je fournis les éléments disponibles sur ce véritable détournement de procédure digne des Plaideurs. Nous avons dû plaider en juin 2001.
Je ne demande à personne de manifester sa solidarité avec moi de façon visible. Je connais les risques. Mais surtout, je n'en ai nul besoin. Dans le monde où nous fonctionnons, les autorités ont assez de moyens de se prémunir contre les pétitions.
En revanche, je demande à chacun de mes collègues de faire un petit examen de conscience, de se rendre compte qu'il y a beaucoup de domaines où il pourrait se signaler par des vues inorthodoxes, dire des choses tout haut que les autres préfèrent murmurer tout bas. Je demande à mes collègues de se retourner vers les échelons supérieurs, peuplés aussi de collègues, et de leur demander: "Comment peut-on révoquer des gens pour ce qu'ils pensent, ou pour les pensées qu'on leur attribue sans preuve?" -- "Dans quel organisme travaillons-nous ?" -- "Faisons-nous de la science soviétique des années trente ?" -- "Laisserons-nous une poignée d'idéologues et de paltoquets politiques faire la loi dans nos labos?" -- "Sommes-nous des chercheurs indépendants d'esprit ou des valets des pouvoirs en place?"
Il sera alors temps de demander la démission de notre nouvelle Directrice Générale, Mme Berger, parachutée en droite ligne du cabinet du ministre de la recherche.
En 2003, Mme Berger a été congédiée par un autre ministre qui avait des copains à placer.
S'ils se posent ces questions, s'ils
les posent aux autres, mes chers collègues auront fait
tout ce que leur conscience et la mienne nous auront dicté.
Et la solidarité aura eu lieu.
Nouveautés du
mois de décembre 2000:
Le procès verbal du Conseil de dicipline qui a voté pour ma révocation, le 4 juillet 2000..Il est très révélateur de l'état de passivité presque totale des cerveaux des chercheurs triés sur le volet pour effectuer la purification rituelle du CNRS.
J'ai donc cru bon d'en
donner
une seconde version, agrémentée de mes commentaires.
Rapport circulant dans les couloirs du CERI (Centre d'Etudes et de Recherches Internationales, liés à Sciences Po et au CNRS) et daté du 28 juin 2000. Il est mentionné par M. Leguil-Bayard, alors directeur du CERI , dans les propos qu'il a tenus devant le Conseil de discipline du CNRS qui s'est réuni le 4 juillet 2000 à Paris et qui a demandé ma révocation.
LES DOSSIERS À CONSULTER SUR CE SITE:
Les documents du CNRS (en ordre chronologique)
L'interprétation que je donne à la succession des événements (cabales)
Les campagnes de haine dans la presse communiste
Lettre ouverte à
tous les chercheurs
par Serge Thion, <cnrs at mail15.com>
ancien chargé de recherches aux CNRS, révoqué
politique
Le 11 novembre 2000
Chers collègues,
Je suis chercheur au CNRS depuis 30 ans,
spécialisé dans les questions indochinoises. Je
suis aussi, depuis 40 ans, essayiste, polémiste, écrivain
politique. J'ai participé activement à tous les
combats anticolonialistes, depuis la guerre d'Algérie,
en passant par l'Afrique, l'Indochine, la Palestine... J'ai aussi
écrit sur le délicat sujet du révisionnisme
historique.
Mes écrits sur ces questions remontent à vingt ans.
Ces écrits sont publics, depuis vingt ans. Au cours de
ces vingt ans, et jusqu'à l'heure où je vous écris,
il n'a jamais existé la moindre poursuite judiciaire. Je
n'ai jamais été mis en accusation, jamais été
même interrogé par un juge d'instruction. Je n'ai
pas de casier. Les organisations spécialisées n'ont
jamais cru bon de me poursuivre. On ne peut donc prétendre
que mes propos ou mes écrits violent la loi.
Le CNRS a mené diverses enquêtes secrètes sur moi. Je dis secrètes parce que je n'ai jamais été informé de l'existence de ces enquêtes et personne n'est jamais venu me poser la moindre question. J'ai appris l'existence de ces enquêtes en juin, par les journaux, quand la Directrice générale du CNRS a révélé tout d'un coup qu'elle avait ordonné des enquêtes, ouvert une procédure de révocation et alerté le procureur général. Cet assaut brutal de la Directrice Générale contre un chercheur du CNRS est sans précédent. Il n'a rien à voir avec la façon dont les querelles se vident dans les milieux intellectuels. C'est un acte de guerre politique.
Seule, la Directrice Générale du CNRS a jugé bon de s'attaquer à ma liberté d'expression, celle qui est la mienne en dehors de mon travail, lequel n'est pas mis en cause. Elle l'a fait dans une procédure où je n'ai jamais eu l'occasion de m'exprimer. Convoqué devant un Conseil de discipline le 4 juillet, j'ai eu moins d'une semaine pour consulter mon dossier. Mon conseil n'a tout simplement pas eu le temps d'en prendre connaissance. J'ai demandé un report pour présenter ma défense. Il m'a été refusé. Je suis révoqué sans avoir jamais pu dire un mot.
Trente ans de boulot, trois enfants,
les vivres coupées brusquement, pas de chômage, pas
d'indemnité. Dans 3 mois, le RMI. Qu'est-ce que c'est
que ces méthodes ? On reconnaît là les
vieilles pratiques du mensonge, de l'amalgame, de la terreur qui
ont fait les beaux jours des régimes staliniens.
J'écris des choses qui ne plaisent pas à tout le
monde. C'est vrai. C'est même pour cela que je les écris.
C'est ma liberté de citoyen. Je ne demande à personne
d'y souscrire. Je comprends qu'on me critique, je comprendrais
qu'on me traîne devant les tribunaux, mais je ne reconnais
pas le droit du CNRS de se mêler de ma vie publique et civique.
De m'accuser faussement. D'enquêter à charge, secrètement,
non-contradictoirement. C'est la façon KGB. Je dis non
et j'expose le dossier, tout le dossier, en tout cas celui qui
m'a été fourni à la fin juin; épuré
par le CNRS, c'est facile à démontrer. A ce dossier
j'ajoute mes commentaires. Ce sont les miens et j'en revendique
la responsabilité. Consultez-le, si vous voulez vous faire
une idée plus précise de cette incroyable affaire.
En ce qui me concerne, il me reste deux
choses à faire: organiser ma survie matérielle (songez
à ce que vous devriez faire si votre salaire vous était
supprimé à la fin du mois). Et porter cette affaire
devant le tribunal administratif. Une décision de ce genre
pourrait fort bien être cassée.
Quant à vous, chers collègues, chercheurs du CNRS
et des universités, doctorants et futus chercheurs, vous
devez vous interroger sur la permanence de l'arbitraire, de l'injustice
et de l'illégalité dans les instances dirigeantes
de la recherche. Vous devez poser des questions, comparer mon
dossier sur Internet avec les réponses que vous feront
les instances supérieures.
Avec moi, vous demanderez la démission de Madame Geneviève
Berger, nouvelle Directrice Générale, directement
issue du cabinet du ministre, pour forfaiture, abus d'autorité
et atteinte à la vie et à la carrière de
chercheurs du CNRS. On ne peut pas tolérer que les droits
de se défendre soient ainsi bafoués par des manoeuvres
grossières.
C'est vous, directement, votre travail, votre vie de famille,
qui sont menacés par des gens qui sont assoiffés
de pouvoir, qui se transforment en tyrans de couloirs. Demandez
plus de transparence, c'est elle qui vous protégera des
mafieux. Je vous souhaite bonne chance.
Je ne vous demande pas de l'aide. Je me débrouillerai.
Je vous demande de vous aider vous-mêmes à vous débarrasser
des méthodes anti-démocratiques et des fanatiques
politiques qui gouvernent encore le monde de la recherche et dont
nous n'avons que faire.
Serge Thion
REPRODUISEZ cette lettre ouverte. IMPRIMEZ-LA,
PHOTOCOPIEZ-LA, COLLEZ-LA sur le panneau de votre labo.
Votre adresse e-mail m'a été communiquée
par un ou plusieurs collègues. Si vous la recevez plusieurs
fois, c'est que vous avez beaucoup d'amis, ne m'en veuillez pas,
je n'ai pas les moyens d'éliminer les doublons.
FAITES-LA circuler ou envoyez-moi les e-mails des collègues
à qui vous souhaitez que je l'envoie. Merci.
Contacter Serge Thion: prdgmpts@wanadoo.fr
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
http://www.stvscnrs.greatnow.com [Disparu]
http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad [Disparu]
http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou [Il n'en reste que la première page. Le reste a coulé dans le "memory hole".]
et celui qui a survécu aux bourrasques:
http://abbc.com/totus/cnrs/index.html [Site volé, effacé, et rempli d'âneries]
A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.
En 2009, le site est recopié tel quel sur http://morula.net
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