Né en 1942.
Etudes au lycée Michelet, à Vanves.
1956: Il grafitte les murs de la ville sur le thème
Budapest : Soviets assassins.
1958: Il participe aux manifestations hostiles au coup
d'Alger, au retour de de Gaulle et, ensuite, rejoint le Parti
Socxaliste Autonome, dissidence de la SFIO. Les mouvement des
jeunes de ce nouveau parti est tenu par le courant Marceau Pivert
qui publie Correspondances socialistes internationales.
Pivert disparaît au cours de l'été.
1960: Quitte le PSA au congrès de fusion et de création
du PSU. En tant que représentant des jeunes, ST prend la
parole contre de sinistres inconnus nommés Claude Estier,
Charles Hernu, Michel Rocard et autres réformistes mous.
Les cadres (jeunesses et étudiants) passent chez le trotzkyste
Lambert, mais pas ST.
Rejoint le mouvement du soutien aux Algériens, secoué
par les arrestations du Réseau Jeanson, "Jeune Résistance",
qui appelle à l'insoumission.
Premier séjour au Moyen Orient.
Création en septembre du réseau Nizan, d'aide directe
au FLN.
1961-62 Clandestin dans l'aide au FLN: transports, passages
des frontières, impression, édition, etc.
Séjour en Egypte, à Gaza et au Liban.
Eté 1962: Séjour dans l'Algérie indépendante.
Après la prise du pouvoir par Ben Bella, retour en France.
Début d'un travail de soutien avec les mouvements de libération
de l'Afrique portugaise et l'ANC d'Afrique du Sud.
Etudes à la Sorbonne.
1963-1967
Etudes (sciences sociales)
Soutien aux mouvements de libération africains.
Soutien à la résistance palestinienne.
Co-rédacteur des "Etudes anticolonialistes",
un groupe actif sur plusieurs fronts.
Thèse de sociologie, plus tard transformée en livre:
" Le Pouvoir pâle, analyse du système
politique sud-africain, paru au Seuil en 1969.
Septembre 1967 Arrivée à Saigon, comme prof,
dans le cadre du "service national". Prise de contact
avec le FNL sud-viêtnamien.
1967-68. Activités au Sud Viêt-Nam.
Mai 68 retour à Paris
Activités multiples,en particulier avec le comité
d'action RATP.
Septembre: dans les camps palestiniens .
Octobre: arrivée au Cambodge (pour la 2e année de
service national)
1969: prof au Cambodge. Voyages en Asie. Participe aux
grandes manifs japonaises contre le traité de sécurité
américano-nippon (Ampo).
1970 :Retour en France. Bouquin sur le Cambodge: Des
Courtisans aux partisans, Gallimard. Par ticipation à
diverses entreprises et publication post-68 mais loin des dérives
trotskystes, maoïstes et autres aberrations gauchistes. Refuse
de participer à la création de Libération.
Passe de temps à autres à la librairie "La
Vieille Taupe".
1971 : Entrée au CNRS, début d'une vie professionelle
stable. Je choisis le CNRS parce qu'il me semble que c'est à
peu près la seule institution qui me garantisse une réelle
liberté de pensée.
1972: Séjour dans les maquis khmers rouges, au Cambodge.
Reportage publié dans Le Monde.
1973: Lecture de Rassinier, sur incitation de la Vieille
Taupe. J'interroge tous les anciens déportés que
je connais pour vérifier auprès d'eux ce qu'écrit
Rassinier. Ils confirment.
Grand tour en Afrique: les débuts de la guerre de libération
en Rhodésie (Zimbabwe) et les derniers soupirs du régime
impérial éthiopien.
Je suis dans les camps palestiniens du Liban quand la guerre du
Kippour éclate. Je suis bombardé par les Mirage
israéliens; ça me change des bombardements de l'US
Air Force.
1975: J'assiste à la chute du régime pro-américain
au Viêt-Nam.
L'évacuation de Phnom Penh par les Khmers rouges me paraît
une mesure barbare.
1975-79: Je travaille à comprendre et à reconstituer
l'histoire inconnue du parti communiste cambodgien. Je mène
une dure bataille à Libération pour obtenir
qu'ils passent, en mars 1977, un article dénonçant
le régime khmer rouge.
Je vais au Mozambique, comme invité du nouveau régime,
je circule partout et je pointe, dans un rapport aux dirigeants
du FRELIMO, les erreurs que le nouveau régime est en train
d'accumuler. On me traite d'agent de l'impérialisme. La
guerre civile n'est pas loin.
En Tanzanie, je parle avec les militants de base de la guerilla
sud-africaine. Je romps discrètement avec l'ANC que je
juge entièrement manipulé par le PC sud-africain.
1979: L'affaire Faurisson fait irruption dans la presse
et le monde politique français. Après avoir étudié
le dossier, je vois la nécessité de le présenter
au public en rendant impossible les dérapages vers la droite.
La question historique du sort des juifs européens est
d'autant plus importante qu'elle sert de fondement et de justification
aux horreurs de l'occupation de la Palestine toute entière.
Je prépare un livre qui, je voudrais le rappeler, n'a jamais
fait l'objet de la moindre poursuite ( Vérité
historique ou vérité politique ?)
1980: En janvier sort le numéro spécial
des Temps Modernes sur les conflits indochinois. J'en ai
fourni la moitié, en accord avec Claude Lanzmann. A la
sortie de mon livre sur l'affaire Faurisson, Lanzmann publie un
désaveu sous la signature de Sartre.
Je fais un tour dans le Pacifique Sud, en particulier à
Fiji.
1981-85: Le régime khmer rouge étant tombé
sous la poussée viêtnamienne, je retourne au Cambodge
évaluer la situation. Le pays est soumis au blocus occidental
et une coalition américano-chinoise soutient désormais
Pol Pot. Il faudra 10 ans pour en sortir. Je serai de la bataille
pour obtenir le retour du Cambodge dans la communauté internationale
et la liquidation politique des Khmers rouges. Sortie du livre
Khmers rouges! chez Albin Michel.
Grand procès de Faurisson. Je me porte intervenant volontaire
pour répondre du contenu de mon livre, diversement mis
en cause. Me Badinter est obligé de faire mon éloge
pour m'empêcher de siéger au banc des accusés.
C'est sa dernière plaidoirie. Elle m'amuse infiniment.
Les procès se suivent. Les partie adverses déversent
des montagnes de documents futiles, à côté
du problème. On se rend compte, dès lors, que l'affaire
du révisionnisme ne pourra pas se résoudre facilement.
Les jugements condamnent pour la forme seulement.
Je vais plusieurs fois prendre le vent sur la frontière
entre la Thailande et le Cambodge, où s'amassent les réfugiés
et où se reconstituent des bandes armées qui travaillent
plus ou moins avec l'armée khmère rouge. La bataille
de l'interprétation de ces événements fait
rage dans toute les milieux de la gauche internationale engagée
contre la guerre. C'est l'occasion pour une bonne partie des mes
anciens amis et alliés de passer dans le camp social-démocrate.
Nos adieux ne sont pas déchirants.
Je fais mon dernier séjour à Beyrouth, quelques
mois avant l'invasion israélienne. Mes gardes du corps
palestiniens sont dispersés. Je décide de ne plus
y retourner.
1985-86 Crise de la famine en Ethiopie. Je fais plusieurs
longs séjours dans la région de la Corne de l'Afrique.
J'observe de près l'action dite humanitaire qui cache mal
les ambitions des uns et des autres d'intervenir dans les Etats
de la région. J'assiste aussi à des scènes
qui sont les plus effroyables de tout ce que j'ai vu dans ma vie.
Comme je suis bien reçu partout, y compris dans les ambassades
de France, je suis dénoncé à Paris par Bernard-Henri
Lévy qui me décrit comme une sorte de soutien universel
des régimes staliniens. Depuis, il m'a lâché
les baskets.
1987-90: Sortie des Annales d'Histoire révisionnistes.
Je participe de temps àautres à ces activités
éditoriales.
Les cabales s'organisent, l'espace de la lib erté d'expression
se réduit, l'oxygène commence à se faire
rare.
Je suis présent au début des négociations
entre factions khmères, à Fère en Tardenois,
en 1987, et j'ai la chance de pouvoir rendre quelques services
officieux.
Pour écrire et publier sur les affaires indochinoises,
je passe à l'anglais. Je m'ouvre ainsi de nouveaux espaces
éditoriaux.
Je voyage en Asie.
1990-91 L'Irak a envahi et saisi des terres qui lui avaient
été arrachées par les Britanniques sous le
nom de Koweit ("fortin"). Devant les préparatifs
de l'invasion américano-européenne, je m'engage
à fond dans l'opposition à la guerre. Elle ne prend
de l'ampleur qu'après le début de la guerre. Elle
est sapée net par la fin prématurée
de la guerre. Les Américains se souviennent de la leçon
du Viêt-Nam.
Une équipe a publié La Gazette du Golfe et des
banlieues. J'y ai activement participé.
1991-93 Les Accords de Paris mettent un terme à
l'isolement du Cambodge, au soutien occidental aux Khmers rouges
et annoncent une énorme opération des Nations Unies
pour effectuer des élections dans ce pays. Je repars au
Cambodge pour observer la transition d e ce malheureux pays épuisé
vers le monde clinquant où règne en maître
le dollar. Le Viêtnam sort de l'austérité
et de l'impéritie du régime communiste et prend
la même voie vers la dollarisation. Finalement, les Américains
gagnent la troisième guerre d'Indochine, par défaut.
L'Afrique du Sud se débarrasse de l'apartheid. Nelson Mandela
n'a plus besoin de moi comme traducteur de ses discours en français.
Je sors un livre en anglais sur le Cambodge.
Je cherche la chose appelée Internet mais personne ne semble
savoir ce que c'est au juste.
J'ai refusé de m'engager dans ce qu'on appelle le conflit
yougoslave. Tous les côtés me semblent également
fautifs, manipulés, instrumentalisés, d'abord par
les Europées, ensuite par les Américains. J'ai prévu
ces développements depuis longtemps.
Je fais un recueil de textes sur la question révisionniste.
Il paraît en édition privée, avec un bon tirage,
loi Gayssot oblige (Une allumette sur la banquise).
1994-2000: Bien que je continue à me rendre dans
la région, je m'éloigne des questions d'actualité
de la politique indochinoise. L'oppression ordinaire des Etats
et du capital ne sont pas de mon ressort, si je puis dire. J'intervenais
parce que les Etats occidentaux, la France souvent au premier
rang (Jospin toujours étroitement calqué sur les
Américains), exerçait sa domination par la violence
et le meurtre de masse.
Je finit par trouver Internet, en 1994, et je l'explore avec délices.
Je reçois 15 mails par jour de Timor, 20 de Birmanie, 30
des zapatistes et ainsi de suite: il faut apprendre à se
servir de ce monstre et ne pas se faire dévorer.
Je fais un tour du monde des révisionnistes: Europe, Australie,
Etats-Unis. La plupart des gens que je rencontre sont de paisibles
citoyens de centre gauche ou de centre droit. Il y a quelques
sympathisants de l'Allemagne national-socialiste, mais ils sont
peu nombreux.
Il se crée un site révisionniste en français
sur Internet, le site AAARGH. Je donne des conseils, j'agis comme
interface entre le monde extérieur et la petite équipe
qui travaille dans les soutes. La loi Gayssot pousse la nouvelle
génération à l'anonymat. Les idiots m'attribuent
la paternité de tout.
Je me retourne vers une histoire plus ample, plus ancienne, des
pays indochinois. Il y a beaucoup de choses à comprendre
et à expliquer, qui ne relèvent pas de la politique
au jour le jour.
Les cabales s'intensifient. L'intolérance monte à
grande vitesse. J'interviens par des textes ponctuels, le plus
souvent liés à l'opression qui se resserre sur les
infortunés Palestiniens, victimes d'un des régimes
les plus inhumains de cette planète, après la chute
du soviétisme et de l'apartheid, le dernier grand totalitarisme,
Israël.
Je retourne au Moyen-Orient, je découvre les splendeurs
de la Mésopotamie, je vais en Amérique et en Russie:
partout le révisionnisme s'installe, se solidifie, entraîne
toutes sortes de gens.
Internet devient un lieu de rencontre de plus en plus universel.
Des amis ouvrent une archive pour mes textes.
Les luttes continuent. La liberté n'est assurée
nulle part. La gauche en Europe est dans l'ornière social-démocrate;
ils ont fusillé Rosa Luxembourg en 1918 et ils la refusillent
tous les jours. Il faut toujours ferrailler avec ces gens-là.
Si on faisait le bilan des exactions, des saloperies des crimes
de toutes sortes, on verrait que cette gauche socialiste et communiste
est bien pire que la droite, qui a pourtant quelques gigantesques
massacres à son actif.
J'appartiens à la tradition libertaire, en lutte constante
avec tout le monde. Je ne m'étonne pas que tout le monde
me tombe dessus.
1998-2000 : Violente campagne de presse contre moi dans
les feuilles communistes. Jospin s'en mêle. Je suis finalement
viré du CNRS pour la raison même pour laquelle j'y
étais entré: ma liberté d'expression qui,
comme on sait, ne s'use que si l'on s'en sert.
Je suis un vieux guerrier des batailles passées. Je refourbis
les armes et remonte sur mon destrier. Je n'abandonne pas une
bataille juste. Je n'ai fait de la "science" que pour
m'en servir à gagner plus de liberté sur tels ou
tels terrains. Il semble qu'elle me quitte: c'est que je n'en
ai plus besoin. A l'âge que j'ai, je comprends tout et rien
ne m'étonne.
Contacter Serge Thion: cnrs at mail15.com
Pour décourager les censeurs et les suppresseurs, ce site a été placé, en 2000, sur le Net en trois endroits différents. En 2003, un seul site a survécu. Electric Apsara rouvre trois autres sites miroirs:
http://www.stvscnrs.greatnow.com
http://www.cogentinternet.com/cnrsisbad
http://aa.1asphost.com/cnrsisbadforyou
et celui qui a survécu aux bourrasques:
http://abbc.com/totus/cnrs/index.html
A compter d'avril 2003, la gestion et la maintenance des sites sont assurées par Electric Apsara Co., boulevard Monivong, Phnom Penh, Royaume du Cambodge.
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